Teissier. l)u goitre exophthnlmique, 1S
5. Raynaud. Thèse de Paris, 1885. — Rolland. Altérât, de In peau dans le goitre exophtluilni. Thèse de Paris, 1879.
4. Millard. (JE démet dans la mal. de Basedow. Th. de Paris, 18S8.
NÉVROSES DU CŒUR
symptôme fréquent; elle est continue, intermittente ou paroxystique; parfois angoissante, elle est même dans quelques cas le symptôme dominant. La dyspnée est probablement due à l’altération nucléaire du nerf pneumogastrique pulmonaire.
Les fonctions digestives sont atteintes dans le cours de la maladie de Basedow; j’ai constaté l’hypertrophie du foie et l’ictère; à l’anorexie succède la boulimie, il y a des battements violents au creux épigastrique; des vomissements, de la diarrhée-, la diarrhée notamment survient parfois sous forme de crises, qui durent un ou plusieurs jours. Malgré leur appétit exagéré, les malades maigrissent, dépérissent, et quelques-uns arrivent à la cachexie exophthalmique. L’amaigrissement général du sujet contraste singulièrement avec le développement exagéré des yeux et du cou. Chez quelques malades l’amaigrissement est le premier symptôme apparent de la maladie; j’ai vu une malade, dont j’ai rapporté l’observation à mon cours à la Faculté, qui avait maigri rapidement de 9 kilos; l'amaigrissement et la tachycardie ont été chez elle les seuls symptômes appréciables pendant quelques mois. Au premier abord, pareil amaigrissement fait aussitôt penser à la tuberculose ou au diabète, et comme les malades atteints de maladie de Basedow sont assez souvent glycosuriques, il faut serrer de près le diagnostic, afin d’éviter une erreur.
La menstruation est presque toujours atteinte; elle est irrégulière ou supprimée, et l’aménorrhée est souvent accompagnée de la leucorrhée. Le rétablissement normal des fonctions menstruelles est un des meilleurs signes de pronostic. La grossesse a quelquefois un effet favorable. Chez l’homme, l’impuissance est habituellement associée à la maladie de Basedow.
On constate parfois des hémorrhagies; j’ai observé chez le même malade du purpura, des hémoptysies et des hémorrhagies rétiniennes. L’hémorrhagie cérébrale et la mort par apoplexie ont été signalées; j’en ai con-
MALADIES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
staté un cas chez un malade que je voyais avec M. Jaccoud.
Yigouroux et Kôhler ont signalé la diminution de résistance aux courants électriques.
Marche. Terminaison. — La maladie de Basedow présente rarement au complet tousses symptômes; l’un des symptômes principaux (exophthalmie, goitre, tremblements) l'ail quelquefois défaut, ou est à peine indiqué, tandis que d’autres troubles nerveux ou d’autres symptômes dominent la scène; parfois même la maladie, plus ou moins défigurée, peut être fruste.
La marche de la maladie est habituellement lente et progressive, et sa durée, fort variable, peut aller jusqu'à dix ou douze ans et plus encore. Dans quelques circonstances, le goitre exophthalmique suit une marche aiguë ; les symptômes se précipitent, et en quelques semaines la maladie est constituée.
Parfois, dans le cours de la maladie, surviennent des accès, des paroxysmes terribles, si bien décrits par Trousseau. Après quelques prodromes, ou même brusquement, le malade éprouve un violent accès d’oppression, le corps thyroïde prend un volume excessif, les palpitations redoublent d’intensité, les yeux sortent de l’orbite, le visage ruisselle de sueur, les vaisseaux du cou sont animés de battements rapides, l’angoisse est extrême, la dyspnée est accompagnée de cornage, de tirage, il semble parfois que la mort soit prochaine. Puis le calme réparait peu à peu et le paroxysme est terminé. Les paroxysmes de la forme aiguë sont encore plus redoutables que ceux de la forme chronique. Dans une observation citée par Trousseau, le malade fut pris d'accès de suffocation si terribles qu’on dut se préparer à pratiquer la trachéotomie. Les paroxysmes peuvent ne revenir qu’à intervalles de plusieurs mois ou de plusieurs années, ils varient à l'infini dans leur durée et dans leur gravité, ils peuvent même reparaître tous les mois ou plusieurs fois par mois.
Le goitre exophthalmique est une maladie redoutable, car le malade meurt dans un cinquième des cas. La mort
NÉVROSES DU CŒUR
est amenée par les progrès de la maladie (cachexie) ou par un accident intercurrent, paroxysmes, hémorrhagie pulmonaire, hémorrhagie intestinale et cérébrale (Hirsch), gangrènes multiples', aliénation mentale, angine de poitrine, tuberculose pulmonaire.
Étiologie. — Le goitre exophthalmiquc est une maladie de l’âge moyen de la vie, beaucoup plus fréquente chez la femme, et souvent associée à un tempérament nerveux, aux grandes névroses, hystérie, épilepsie, chorée1 2 3, à l'aliénation mentale®, au diabète, à la chlorose, aux états pathologiques de l’appareil génital4. 11 apparaît quelquefois à la suite d’un choc moral ou physique, à la suite d’un accident, d’une émotion, d’une frayeur, d’une violente colère, d’un traumatisme (de Graefe). La grossesse a parfois une heureuse influence sur la marche de la maladie et, d’autre part, c’est pendant une grossesse que le goitre peut apparaître.
L 'hérédité a une part prépondérante dans l’étiologie du goitre exophthalmique, les parents qui le transmettent pouvant être eux-mêmes atteints de goitre ou de l’une des maladies de la grande famille nerveuse que je viens de citer plus haut. Au point de vue de l’hérédité directe, je ne connais pas d’observation plus intéressante et plus concluante que celle de la famille Les..., originaire d’une localité des environs de Soissons, où le goitre est endémique; j’ai vu plusieurs membres de cette famille, qui a fourni pendant trois générations six cas de maladie de Bascdow.
Je pourrais citer quelques observations, où les enfants, nés de parents atteints de maladie de Basedow, sont venus au monde avec un goitre; pendant bien des années, le goitre, subissant des alternatives diverses, est resté le seul témoin de la maladie, et c’est dix ans, quinze ans