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Robertson. Rev. sc. méd., t. VI, p

A. bobeli, Hev. sc. méd., t. II, p. 1 iS.

MALADIES I)E L'APPAREIL CIRCULATOIRE

Goa

plus tard, à l’occasion d’une vive émotion, à l’occasion de la menstruation, à l'occasion d’une grossesse, c’est, dis-je, bien des années plus tard, que les autres symptômes, l’exophthalmie, les palpitations, ont apparu.

Ce qui est encore plus singulier, c’est que dans le pays où le goitre est endémique, on voit des goitreux, qui ne sont pas issus de parents atteints de la maladie de Basedow, et chez lesquels néanmoins, à une certaine période de leur existence, les symptômes exophthalmiques et tachycardiques vinrent se joindre au goitre1.

Diagnostic. — Au début de la maladie le diagnostic est fort difficile, surtout quand la maladie est fruste, ou presque fruste, l’attention n’étant appelée que sur un seul symptôme. On se trompe rarement quand ce symptôme dominant est le goitre ou l'exophthalmie, mais quand le malade ne se plaint que de battements du cœur, ou de tremblements, ou d’un amaigrissement rapide, ou d'ac cès de dyspnée, il faut savoir reconstituer la maladie, en groupant quelques-uns des symptômes, ou quelques vestiges de symptômes, plus ou moins importants, que je viens d’énumérer. 11 y a une période où les symptômes généraux, chez la femme surtout, simulent assez bien la chlorose; mais l’accélération du pouls, l’étrangeté du regard, la saillie des yeux, le tremblement des mains et des pieds, les taches pigmentées, les battements des vaisseaux du cou, une légère tuméfaction du corps thyroïde, mettront sur la voie du diagnostic. La double exophthalmie de la maladie de Basedow, égale aux deux yeux, et sans strabisme, ne ressemble nullement à l'exophthalmie unilatérale d'origine orbitaire ou crânienne. La saillie, oculaire des myopes sera facilement distinguée. L’origine, la forme et l'accroissement du goitre exophthalmique ne permettront pas de le confondre avec le goitre proprement dit; cependant, dans bien des cas il faudra faire une enquête

1. Lasvènes. Maladie de Basedow développée sur un goitre ancien. Th. de Paris, 1891.

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minutieuse concernant tous les symptômes que j’ai étudiés dans le cours de ce chapitre.

Nature de la maladie. — Le goitre exophthalmique est une névrose cardio-vasculaire résultant sans doute « d’un trouble profond de l'innervation vaso-motrice » (Trousseau); c’est une névrose d’origine bulbaire (Sée).

11 faut, je crois, s’en tenir aux conclusions formulées par M. Ballet : L’association possible de l’ophthalmoplégie externe, de la paralysie du facial, de l’hypoglosse, de la branche motrice du trijumeau, avec le goitre exophthalmique, constitue un argument en faveur de la théorie qui rattache la maladie de Basedow à un trouble du système nerveux central, particulièrement à un trouble bulbaire. Les troubles habituels de la maladie relèvent eux-mèmes de paralysies bulbaires nucléaires, paralysie nucléaire du pneumogastrique qui engendre la tachycardie, quelquefois la dyspnée, les troubles gastriques ; paralysie des centres vaso-moteurs qui donne naissance aux poussées congestives de la face et du cou. Le goitre et i’exophthalmie résultent de la coïncidence de ces deux ordres de troubles : paralysie vaso-motrice et tachycardie. Ces diverses paralysies ne dépendent pas d’une lésion matérielle; ce sont de simples troubles fonctionnels susceptibles d'amélioration, d’aggravation, de guérison, de récidives.

11 résulte de ce qui précède que la maladie de Basedow est avant tout une névrose bulbaire. Aux désordres d’origine bulbaire peuvent s’ajouter des troubles d’origine médullaire ou corticale. Ainsi que nous l’avons déjà dit, la maladie de Basedow est souvent associée à d’autres névroses, vésanie, épilepsie et surtout hystérie.

Traitement. — Je reproduis ici le traitement de la maladie de Basedow, tel que je l’ai indiqué dans mon cours à la Faculté*. Envisageons ce traitement à deux

1. Leçon recueillie par M. Déléage, Revue de thérapeutique, 5 avril 1892.

points de vue différents : 1° au moment des paroxysmes; 2° dans le cours de la maladie.

En présence d’un malade atteint d’un de ces paroxysmes terribles que je décrivais il y a un instant, paroxysmes pendant lesquels les troubles thyroïdiens et les troubles cardiaques sont développés à l’excès, il importe d’agir sans retard, car le paroxysme durera dans toute son intensité une demi-heure, deux heures même, et pourra entraîner la mort si l’on n’intervient immédiatement. L’angoisse et la dyspnée sont extrêmes, le corps thyroïde par son excessive turgescence comprime la trachée, détermine du cornage et devient un obstacle à l’entrée de l’air. Or, en pareille circonstance, la trachéotomie parait s’imposer, et certes elle serait indiquée et efficace si elle n’était périlleuse et très difficile, en raison de la dilatation des vaisseaux du cou, qui sont gorgés de sang, et en raison de l’hémorrhagie mortelle qui pourrait en être la conséquence, ainsi qu’il advint dans un cas cité par Trousseau.

Alors comment agir contre la violence des troubles thyroïdiens et contre la violence des troubles cardiaques? La première indication est remplie par l'application de sachets de glace au-devant du corps thyroïde, sachets (pie Ton y maintient jusqu’à disparition de la crise. On combat l'excitation cardiaque, qui est le principal facteur du paroxysme, par la digitale administrée à hautes doses, suivant le précepte de Trousseau ; on donnera CO à 90 centigrammes de poudre de feuilles sèches de digitale, 15 centigrammes toutes les demi-heures, pendant deux et trois heures, suivant l’intensité et la durée de l'accès, et Ton appliquera une vessie à glace à la région précordiale. Si, par ces moyens, on n’obtient pas une amélioration notable, on aura recours à la saignée, à l’application de sangsues au cou, aux inhalations d'éther ou de chloroforme faites avec prudence. La crise paroxystique s’atténue, cesse plus ou moins rapidement, el le malade est sauvé pour cette fois. Mais il ne faut pas oublier que la maladie subsiste, que, dans ces cas. elle

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affecte une grande gravite, que d’autres crises sont imminentes, reparaîtront à un intervalle plus ou moins rapproché, et que l’une ou l’autre pourra être mortelle; aussi est-il nécessaire d'être en garde contre leur apparition, de se tenir prêt à agir contre elles de la même façon; il est surtout nécessaire de les prévenir, c’est-à-dire de s’adresser à la maladie elle-même. La même règle de conduite s’impose au médecin alors que le malade n’a pas présenté de crises paroxystiques ; car, avec un traitement rationnel et bien dirigé, on peut amener une grande atténuation des symptômes.

On a préconisé contre le goitre exophthalmique un grand nombre de médicaments, en tête desquels viennent l’iode et les iodures; Cheadle, qui en a été le plus ardent partisan, prescrit la teinture d’iode à l’intérieur. Celle médication est certainement efficace contre le goitre simple, mais elle ne rend aucun service dans le goitre exophtlialmique. Trousseau s’est même prononcé contre ce mode de traitement, et l’on est généralement de son avis.

La médication bromurée est indiquée contre l’excitation et l’éréthisme cardio-vasculaires; si elle ne s’attaque pas directement à la maladie, elle agit, du moins, favorablement sur les symptômes, à la condition de donner le bromure à doses assez élevées (5 à 4 grammes dans une solution tribromurée par vingt-quatre heures). Parfois la valériane, très longtemps continuée sous forme d’extrait, ou sous forme de valérianate d’ammoniaque, produit une sédation et une amélioration manifestes au point de vue des palpitations et de la dyspnée.

Tous les auteurs sont unanimes à conseiller la digitale dans le traitement du goitre exophthalmique. Si elle a l’inconvénient d’élever la tension sanguine, elle a l’avantage de ralentir les battements du cœur; aussi, quand la tachycardie est violente, il faut passer outre ses désavantages, pour ne songer qu’à soulager le malade. Quant aux doses à employer, elles varient suivant la susceptibilité du sujet; ainsi, chez certains, lü centigrammes,

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