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Dictionnaire de médecine et de chirurgie, t. IX

MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

avaient été regardées à tort comme scrofuleuses, doivent être mises sur le compte de la tuberculose ou de la syphilis héréditaire, précoce ou tardive, qui nous occupera plus loin.

Diagnostic. — Nous verrons aux chapitres suivants le diagnostic du coryza chronique avec la syphilis nasale et la tuberculose nasale. Pour le moment, qu’il me suffise de rappeler que le coryza chronique a bien des symptômes communs avec les végétations adénoïdes du pharyn nasal et avec les polypes muqueux des fosses nasale; L’examen rhinoscopique lèvera tous les doutes.

Traitement. — Le traitement local du coryza chronique consisle à déterger, à nettoyer la muqueuse, au moyen de douches appropriées, et le lavage une fois fait, on modifie la muqueuse nasale au moyen de cautérisations, de pulvérisations ou de poudres à priser. Les lavages peuvent être faits avec un irrigateur ordinaire, avec un vase faisant siphon, muni d'un embout qui obture bien la narine; le liquide lancé sans violence dans une narine ressort par la narine opposée sans avoir aucune tendance à pénétrer dans le pharynx. On fait usage, pour ces lavages, d’eau tiède salée (15 grammes de sel marin par litre), d’eau légèrement boriquée ou chloratée. Les eaux de Challes, les eaux du Mont-Dore, rendent de véritables services. Comme poudre à priser, on conseille l’une des préparations suivantes :

1" Sous-nitrate de bismuth. . .

Talc de Venise

Précipité blanc

âa 10 grammes.

25 centigrammes.

2” Sucre porphyrisé 15 grammes.

Chlorate de potasse 5 —

Les préparations arsenicales prises à l’intérieur sont utiles lorsque la rhinite est associée à la diathèse herpétique.

MALADIES DES FOSSES NASALES

§ 2. DIPHTHÉRIE NASALE

Description. — La diphthérie nasale est presque toujours associée à l’angine diphthérique ; elle la précède, ou elle la suit. Elle débute à peu près comme un simple coryza, avec rougeur des narines et sécrétion nasale; il y a peu d’éternuement. L’écoulement nasal est sanieux, muco-purulent, sanguinolent, avec rejet de membranes.

L’épistaxis est fréquente; habituellement elle devance la formation des membranes diphthériques nasales. Les épistaxis répétées et abondantes constituent un grave danger, elles sont en tout cas de mauvais augure.

Le malade atteint de diphthérie nasale a la voix nasonnée, il ne peut respirer que la bouche ouverte, la respiration nasale étant supprimée par les lésions du coryza. Les ganglions sous-maxillaires sont tuméfiés, k l’examen rhinoscopique, la pituitaire est tuméfiée, tapissée de membranes diphthériques. Ces membranes, variables comme étendue, sont assez adhérentes, et se localisent volontiers à la moitié postérieure des fosses nasales.

Dans quelques cas, surtout chez les enfants atteints de rougeole, la diphthérie nasale peut gagner le canal nasal, et s’étendre de là aux paupières et aux yeux. Cette diphthérie oculo-palpébvale s’annonce par du larmoiement, avec rougeur, tuméfaction de la conjonctive et des paupières. Un écoulement séro-purulent se déclare, les paupières et la conjonctive oculaire se tapissent de fausses membranes, et, dans quelques cas, la perforation de la cornée et la fonte de l’œil sont le résultat de ce processus diphthérique auquel le streptocoque s’est associé.

Le diagnostic du coryza diphthérique est facile, quand le malade est déjà atteint de diphthérie pharyngée ou laryngée. Mais si le coryza se montre comme manifestation initiale de la diphthérie, l’hésitation est permise,

MALADIES DE ï, ‘APPAREIL RESPIRATOIRE.

Ic diaprnosf ic est fort difficile, surtout au début, et je ne connais qu’un seul moyen de trancher la question, c’est la culture et l’examen bactériologique des membranes on du mucus nasal. Celte étude bactériologique est faite avec tous les détails qu’elle comporte, à l'article Angine diphthérique.

Le pronostic du coryza diphlhérique n’est pas trop grave si la diphthérie reste limitée aux fosses nasales, ce qui est rare, et si le bacille diphthérique est seul en cause, sans adjonction de streptocoques. Mais si au bacille diphthérique s’associe le streptocoque, les membranes prennent habituellement un aspect diffiuent, pulrilagineux, le jetage est abondant, purulent, accompagné d’epistaxis. Pareil coryza révèle ordinairement une diphthérie d’une terrible gravité ; il est une des manifestations de la diphthérie maligne de Trousseau. Le bacille de Lceffler trouve dans les fosses nasales un terrain de culture si favorable, que la localisation nasale a une grande importance sur la détermination des paralysies diphthériques. Après la guérison des angines diphthériques, il est fréquent de trouver le bacille, encore virulent, pendant plusieurs semaines, dans les cavités nasales.

Le traitement du coryza diphthérique consiste à pratiquer des injections de sérum.

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