Lesage, Soc. mcd. des hôpitaux, janvier 1S
MALADIES DE L’APPAREIL RESPIRATOIRE
la confondre avec les états qui peuvent la simuler, il faut surtout remonter à la cause qui lui a donné naissance, car le traitement est absolument variable suivant les cas. Ainsi la bronchite syphilitique exige un traitement mercuriel et ioduré, la bronchite des brightiques ne s’améliore qu'avec le régime lacté ; la bronchite des cardiaques est justiciable du traitement des maladies du cœur. La bronchite des tuberculeux est parfois impossible à diagnostiquer par l’étude seule des symptômes; son origine tuberculeuse est dans quelques cas mise en doute jusqu’à la découverte des bacilles dans les crachats.
D’une façon générale il faut se méfier d’une bronchite qui ne débute pas avec des allures franches ; les bronchites qui débutent sans fièvre sont souvent de fausses bronchites. D’autre part, il faut se méfier également des soi-disant bronchites dans lesquelles la toux est le symptôme prépondérant, à l’exclusion de la fièvre et de l’expectoration. De ce qu’un individu tousse beaucoup il ne faut pas aussitôt le supposer atteint de trachéobronchite ; il y a des hystériques qui sont prises de toux parfois fréquente et incessante sans avoir la moindre bronchite. 11 y a des gens chez lesquels le taenia ou des lombrics provoquent une toux qu’on qualifie bien à tort de bronchite ; après l’expulsion du taenia la toux disparaît; Graves en cite un exemple bien remarquable*.
Bactériologie. — L’étude bactériologique ne peut pas nous servir à établir une classification des bronchiles. Les microbes qui normalement, en état de santé, habitent nos conduits aériens, les staphylococcus albus et aureus, le streptococcus pyogenes, le pneumococcus, le pneumobacille, tous ces microbes peuvent se retrouver en quantité plus ou moins considérable dans les crachats des bronchites; ils n’ont donc aucune spécificité. Outre ces microbes, les crachats de la bronchite contiennent sou-