‹ Manuel de pathologie interne (volume 5)Chapitre 63 sur 293 · Teissier. L’iu/lueiiia de 18S9-1800 en Russie · texte numérisé non relu

Teissier. L’iu/lueiiia de 18S9-1800 en Russie

MALADIES DES BRONCHES

La grippe ne dépasse pas, dans sa diffusion, la vitesse des communications humaines. Elle éclate habituellement dans un grand centre pour rayonner de là dans les localités de moindre importance. 11 y a néanmoins des exceptions qui restent inexplicables. Pourquoi, par exemple, la grippe de Londres de mai 1S90 n’a-t-elle pas été exportée sur le continent ?

La contagiosité de la grippe, qui avait été longtemps mise en doute, doit être définitivement acceptée, car les faits probants de contagion ne manquent pas. La grippe parait être transmissible par contage direct et par les objets.

Le diagnostic de la grippe n’est pas toujours simple : par la prédominance des lésions de tel ou tel appareil, ou par l'ensemble des symptômes généraux, la grippe peut au premier abord simuler une fièvre typhoïde, une rougeole, un rhumatisme, une méningite ou une tuberculose aiguë.

Bactériologie. — Les différents organismes qu’on a rencontrés dans la grippe, le streptocoque pyogène qui est le plus fréquent, le pneumocoque, le pneumo-bacille, le staphylocoque, sont des agents secondaires, mais ce ne sont pas les agents de la grippe.

Le microbe de la grippe a été découvert en 1892 par Pfeiffer. On le trouve en abondance dans les crachats qui viennent du poumon. On en décèle la présence par les procédés habituels de coloration des bactéries, en ayant soin toutefois de colorer longtemps, pendant dix minutes environ, car le bacille de la grippe est long à se colorer.

Le bacille de Pfeiffer se colore assez mal par les couleurs d’aniline. 11 est préférable de le colorer avec le Ziehl dilué. 11 ne prend pas le Gram.

Après coloration, le bacille apparaît au milieu de filaments de mucus et de leucocytes, quelquefois même dans les leucocytes. 11 a la forme d'un bâtonnet extrêmement fin, plus fin que tout autre bacille; il est très court, à peine deux ou trois lois plus long que large, ce qui lui

MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE

donne parfois l’apparence d’un cocco-bacille •. Quand ces bâtonnets sont deux à deux ils simulent un diplocoquc el quand trois ou quatre s’ajoutent bout à bout ils simulent un streptocoque.

Le bacille de Pfeiffer se cultive mal sur les milieux nutritifs ordinaires: son milieu de prédilection est la gélose imprégnée à sa surface de quelques gouttes de sang. Un mélange d'hémoglobine et de gélose donne les mêmes résultats. Sur la gélose imprégnée de sang, et placée à l’étuve à 57 degrés, on voit apparaître au bout de vingt-quatre heures des colonies très petites, surtout visibles à la loupe; les colonies ont l’aspect de petites gouttes transparentes qui n’ont aucune tendance à conlluer (Kitasato).

Sur la gélose au sang le bacille peut vivre 15 à 18 jours. Sur la gélose à l’hémoglobine il peut vivre 50 à 10 jours.

Diagnostic. — Le diagnostic de la grippe n’est pas toujours simple : par la prédominance des lésions de tel ou tel appareil, on par l'ensemble des symptômes généraux, la grippe peut au premier abord simuler une fièvre typhoïde, une rougeole, un rhumatisme, une méningite ou une tuberculose aiguë.

Traitement. — 11 n’est pas possible de formuler un traitement pour une maladie dont les allures sont si différentes et les aspects si divers. Aux accidents inflammatoires on opposera les antiphlogistiques, aux accidents nerveux les antispasmodiques, à la forme bilieuse la médication vomitive. La grippe légère, qui fort heureusement est encore la plus fréquente, sera traitée comme la bronchite aiguë.

MALADIES fdJ POUMON.

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