Cornit. Anal. pnlh. des mal. du poumon. Paris, 1S7-J
2. La formation d 'abcès est une des terminaisons les plus rares de
la pneumonie. Sur 56 cas réunis par Grisolle ( Traité de la pneu-
monie), l’abcès siégeait 12 fois au lobe supérieur, 9 fois au lobe inférieur, 2 fois au lobe moyen, 1 fois sur plusieurs lobes en même
temps.
MALADIES DU POUMON
fiance des cellules migratrices, qui ont pour fonction la résorption de l’exsudât.
La pneumonie en I raine toujours une lymphangite ; les vaisseaux lymphatiques de la région enflammée contiennent, comme l’alvéole pulmonaire, de la fibrine, quelques cellules endolhéliales, des globules rouges et blancs1, les ganglions lymphatiques correspondants participent également au travail inflammatoire.
La pneumonie lobaire siège plus souvent à droite qu’à gauche, dans la proportion de 3 pour 2 (Lebert); elle est unilatérale ou double dans le rapport de 8 à 1 (Grisolle); elle atteint les lobes inférieurs beaucoup plus fréquemment que les autres lobes. Le sang est très riche en fibrine2, il en contient deux ou trois fois plus qu’à l’état normal.
Bactériologie. — L’infection pneumonique est due au pneumocoque. Le pneumocoque a été cultivé pour la première fois par Talamon et bien étudié par Frænkel et par Netter3; on peut le trouver chez l’homme sain, dans la cavité bucco-pharyngée, dans la salive, où il a été découvert par Pasteur, et dans les bronches (Nesser).
Le pneumocoque a la forme de petits grains lancéolés, comparables à l’extrémité d'une lancette, à une flamme de bougie, se regardant par leur extrémité effilée, lorsque les pneumocoques sont par séries de 2, 3, 4 éléments. Une capsule, sorte de gangue albumineuse, entoure les pneumocoques.
La coloration du pneumocoque est facile avec toutes les couleurs d’aniline, et il reste coloré par la méthode de Gram, la coloration de la capsule restant plus claire que celle des grains. Ce microbe se développe à une tempé-
1. « U est même impossible d’atfirraer que telle vacuole remplie d’exsudat pneumonique est une section transversale d’un canal lymphatique ou une alvéole. » (Cornil et Ranvier, loc. cit., p. 6116.)
2. Cette hypérinose du sang s’explique par ce fait que le sang se charge des matériaux fibrinogènes de l'organe phlegmasié.