Corail et Babès. Les Bactéries, p
MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
La découverte du bacille tuberculeux a une importance de premier ordre, car la présence du bacille est un signe certain de tuberculose1. On le trouve dans les granulations tuberculeuses de toute dimension et de tout âge, même dans la tuberculose en voie de calcification*; dans les infiltrations tuberculo-caséeuses qui intéressent le poumon, les ganglions lymphatiques, les articulations et le tissu osseux; dans les ulcérations tuberculeuses linguales, pharyngées3, nasales, laryngées, vaginales, intestinales, anales, et dans les sécrétions qui résultent de ces ulcérations; dans le liquide de quelques pleurésies tuberculeuses, dans l’urine des gens atteints de tuberculose des voies urinaires, dans le pus des abcès tuberculeux, dans les selles diarrhéiques de quelques phthisiques. Le bacille existe dans l’expectoration qui accompagne ou qui suit l’hémoptysie des tuberculeux ; on le trouve surtout en quantité, dans les crachats de phthisiques, plus ou moins abondant suivant le cas.
La preuve que le bacille est bien l’agent actif de la tuberculose, comme la bactérie est l’agent actif du charbon, c’est que le bacille tuberculeux a pu être isolé, cultivé et inoculé avec succès. En effet, M. Koch, s’inspirant de la méthode des cultures, a procédé de la façon suivante : il prend une parcelle de matière tuberculeuse et la dépose sur le sérum préalablement gélatinisé et stérilisé qu’on met à l’étuve à 57. Après douze ou quinze jours on constate l’apparition de parlicules sèches ou écailleuses composées de colonies de bacilles. Ces colonies sont blanchâtres ou jaunâtres, non brillantes, nettement isolées les unes des autres, et peu adhérentes au milieu de culture.
Les particules tuberculeuses portées sur un autre milieu de culture reproduisent de nouvelles colonies de bacilles, et ainsi de suite pendant plusieurs cultures suc-
t. Nocard et Roux. Culture des bacilles de la tuberculose. Ann. rit l’Instit. Pasteur, 1888, p. 19.