Ilérard, Corr.il et Hanoi. Jm Phthisie pulmonaire
OIZCLAFOT, PATIIOL. T * ld
Le plus souvent , l’altération tuberculeuse semble débuter par les petits vaisseaux, par les capillaires (endartérite tuberculeuse), toutefois l’origine vasculaire de la tuberculose n’est pas absolue.
2° L’infiltration tuberculeuse représente la forme diffuse de la tuberculose. Ici les follicules tuberculeux n'ont aucune tendance à s’agglomérer sous forme de granulations, ils s’étalent en nappe, ils infiltrent les tissus, qui s’épaississent et prennent parfois un aspect lardacé. On trouvera ces tuberculoses infiltrées décrites en détail dans leurs chapitres respectifs : l’infiltration tuberculeuse du poumon, qui joue un si grand rôle dans la phthisie pulmonaire, l’infiltration tuberculeuse laryngée, confondue, bien à tort, il y a quelques années encore, avec l’œdèine laryngé ; l’infiltration tuberculeuse des ganglions lymphatiques, considérée jusqu’à ces derniers temps comme étant de nature scrofuleuse ; les infiltrations luberculeuses des synoviales, des articulations, des os, qui, sous la dénomination de synovite fongueuse, de tumeur blanche, de carie, étaient trop souvent regardées comme d’origine scrofuleuse.
Les infillrationsluberculeusesbien étudiées parM. Grancher, sont sujettes à la même évolution que les granulations tuberculeuses: elles passent à l’état caséeux, elles se ramollissent, elles ont une coloration grisâtre, jaunâtre, et quand la tranformalion caséeuse est complète, on ne trouve plus aucun élément cellulaire différenciel : les bacilles eux-mêmes n’y sont plus qu’en très petit nombre.
La tuberculose nodulaire et la tuberculose infiltrée sont souvent réunies dans un même tissu ou dans un même organe, et elles sont associées en proportions diverses, suivant le terrain où elles se développent, à des produits d’inflammation vulgaire.
Telles sont, rapidement énumérées, les différentes formes que peut revêtir la tuberculose, et, malgré l’importance et la valeur de travaux nombreux, on peut dire que l'anatomie pathologique, livrée à elle-même, eût été
souvent embarrassée pour affirmer ou pour nier la nat ure d'un produit tuberculeux. C’est ce qui est arrivé pour la délimitation des lésions scrofuleuses et des lésions tuberculeuses. En cherchant la caractéristique delà lésion dans un élément anatomique spécial, ou dans un groupement spécial de ses éléments, on n’élait arrivé à aucun résultat positif. Lebert s’était mépris en décrivant son fameux « corpuscule tuberculeux », et la cellule géante, considérée un moment comme l'élément spécifique de la tuberculose, n’a eu qu’un règne éphémère.
Le groupement des éléments qui constituent le tubercule n’a lui-même rien de spécifique.
Cette question de structure perd singulièrement de son importance depuis que M. H. Martin, en introduisant dans le péritoine de certains animaux des poudres inertes, a obtenu des produits inflammatoires (granulations et infiltrations) qui anatomiquement ne diffèrent nullement du vrai tubercule et qui ont même la tendance aux dégénérescences ou à la cicatrisation fibreuse. La même observation s’applique aux lésions de pseudo-tuberculose anatomiquement identiques à la vraie tuberculose, et qui ont été constatées par M.Laulanié sur le poumon de chiens dont les vaisseaux contenaient des œufs d’un hématoïde, le strongylus vasorum1.
La morve, la lèpre, la syphilis déterminent des lésions anatomiquement analogues à celles de la tuberculose. Donc, « le tubercule ne peut pas être défini par ses caractères microscopiques, pas plus qu’il ne peut l’ètre par la forme ou par la disposition de ses éléments ; ce qui est spécifique, ce n’est ni sa forme ni sa structure, c’est l’agent dont la présence a déterminé la lésion* ».
Ce qui permet d 'affirmer la nature tuberculeuse d’un produit, c’est la constatation de ses bacilles. On pourra faire maintenant la part de la tuberculose et la part des altérations qui la simulent; on ne sera plus exposé à