Soc. méd. des hôpit., 23 mars
tout cas, le syndrome de Ta maladie d'Addisoi? ne répond pas à une lésion unique des capsules surrénales; l'essentiel, c'est que la région surrénale soit lésée; la lésion est, il est vrai, le plus souvent tuberculo-caséeuse, mais elle peut être cancéreuse, scléreuse1, peu importe.
Quant à la pathogénie de la maladie, elle a été parfaitement résumée dans un article de Chauffard2, et voici comment on peut, actuellement, comprendre cette question. Brown-Séquard, Abelous, Langlois, ont démontré qu'un animal, grenouille, cobaye, chien, succombe en quelques jours quand on lui enlève totalement les deux capsules surrénales. Si on laisse à l'animal une partie de ses capsules surrénales, ne serait-ce que la sixième partie, celte partie de la glande suffit pour entretenir la fonction et l'animal peut ne pas mourir. L'animal acapsulé, complètement privé de ses capsules surrénales, succombe, après avoir éprouvé une fatigue musculaire rapide et persistante, épuisement musculaire pseudo-paralytique qui rappelle l'asthénie musculaire de l'homme atteint de maladie d'Addison.
Il s'agit In de symptômes toxiques. L'insuffisance ou la suppression de la fonction surrénale permet l'accumulation dans le sang, d'un poison identique à la toxine retirée des muscles d'un animal forcé, surmené, soumis à un travail excessif. Cetle toxine paraît avoir un pouvoir curavisant; elle atteint les extrémités des fibres nerveuses motrices (fatigue et parésie musculaire, épuisement rapide de l'incitabilité nervo-motrice). Elle peut même atteindre les nerfs cardiaques et provoquer des accidents de tachycardie paralytique (Chauffard). Les capsules surrénales ont donc une action antitoxique vis-à-vis des déchets de la combustion musculaire; elles ont pour effet de neutraliser ou de détruire les poisons à type curarisant qui se produisent au cours du travail musculaire. Elles font partie du groupe des glandes à sécrétion interne étudiées par Brown-Séquard.
Donc, une bonne partie des symptômes de la maladie
1. Le Play et Sézary. -Soc. mcd. des hôpït., 22 juillet 1901.