Jaccoud. Traité de pathologie, t. I, p
D EUl.AFOY. PATHOL. T. III. 24
laire). Cette théorie, séduisante au premier abord, paraît renversée par ces deux faits, qu'il y a des hystériques privés de sensibilité et qui ne sont pas ataxiques, et que certains ataxiques ont déjà une incoordination motrice fort avancée alors que leur sensibilité est à peine émoussée (Duchenne). Toutefois, les lésions périphériques des nerfs sensitifs et l'anesthésie qui en est la conséquence pourraient bien n'être pas étrangères aux troubles d'incoordination.
Pour Jaccoud1, la sclérose des cordons postérieurs produit l'ataxie, en provoquant la perturbation des actes réflexes et des irradiations spinales, c'est-à-dire en détruisant les fibres nerveuses qui, émanées de racines postérieures, vont se jeter dans les cornes antérieures de la substance grise (fibres réflexes motrices) ou dans le réseau nerveux de Gerlach, fibres qui paraissent avoir une action régulatrice sur la contraction synergique préétablie des groupes musculaires.
Pour Pierret, « la cause première de l'ataxie locomotrice serait une irritation des libres sensitives des centres nerveux2 » L'irritation de ces fibres sensitives a pour effet de paralyser par action réflexe certains muscles ou certains groupes musculaires; et « dès qu'il est fait une tentative de mouvement dans lequel le muscle parétique est l'antagoniste d'un muscle sain, celui-ci l'emporte sur l'autre et le mouvement dépasse le but ». Ainsi s'expliquerait l'ataxie. « Je n'ai pas besoin, dit M. Grasset3, d'insister sur les objections dont est passible cette théorie, qui a besoin de nouvelles preuves. »
Onimus4 a présenté une autre théorie. Pour lui, l'incoordination des mouvements est due à des phénomènes de contracture. Il ne faut pas prendre ici le mot de conlrac-
î. Des parapl. et de l'ataxie du mouv. Paris, 1864. Voyez aussi jaccoud, Palhol. int., t. I, p. MO.