Guillain. Thèse de Paris
5. Grasset. Diagnostic des maladies de la moelle, Paris, 1899.
exister ainsi que la limitation de l'anesthésie au poignet, à l'épaule; le rétrécissement du champ visuel, l'atrophie même seront communs aux deux maladies. On conçoit de quelle obscurité peut être le diagnostic en l'absence d'attaque convulsive ou de toute hystérogène. Leur constatation même ne tranche pas définitivement la question, car syringomyélie et hystérie peuvent coexister sur le même sujet.
La maladie de Morvan, ou panaris analgésique, est considérée par la plupart des auteurs, comme une variété de syringomyélie.
La planche ci-dessus en est un exemple ; elle représente un cas typique de maladie de Morvan due à la syringomyélie
que nous avons observée dans mon service à l'Hôtel-Dieu. La main, comme on peut le voir sur la photographie, était complètement déformée. L'index et le médius avaient été mutilés par des panaris à répétition depuis une dizaine d'années; l'annulaire et l'auriculaire n'étaient point mutilés, mais ils avaient pris l'attitude de flexion qui caractérise le début de la main en pince. On constata chez cette malade la dissociation syringomyélique et l'exagération des réflexes des membres inférieurs avec signe de Babinski.Le diagnostic de syringomyélie était donc évident.
Dans cette maladie, les panaris à répétition avec perte de phalange amenant à la longue une véritable mutilation et évoluant sans douleur constituent le syndrome capital. S'il est vrai que Tanesthésie est presque toujours totale, il peut se faire que chez certains malades atteints de panaris analgésique, la dissociation des troubles de la sensibilité soit constatée. Quant à lunilatéralité des lésions, elle ne peut être donnée comme un élément de diagnostic, car dans certains cas de syringomyélie elle peut exister; Joffroy et Achard ont, en outre, constaté deux fois, à l'autopsie de malades atteints de panaris analgésique, des altérations gliomateuses de la moelle. Dans les deux cas également, les nerfs périphériques étaient enflammés.
Se basant sur l'existence des névrites périphériques caractérisées par des nodules situés sur le trajet des nerfs et en particulier sur le nerf cubital au coude, se basant ainsi sur les troubles de la sensibilité et sur les mutilations qui les accompagnent, Zambaco confond, dans une même description, syringomyélie et maladie de Morvan et les rattache toutes deux à la lèpre, dont elles constitueraient une forme atténuée. Dans un cas où l'examen microscopique d'une nodosité située survie trajet du nerf cubital a pu être pratiqué, Pitres a trouvé dans son épaisseur le bacille de la lèpre; mais cette constatation ne permet pas de conclure, ainsi qu'on l'a fait prématurément, que toutes les névrites noueuses étaient d'origine lépreuse.
Minor a observé, chez cinq malades atteints d'hémato-
myélie, d'origine traumatique, la plupart des symptômes de la syringomyélie : la marche seule de la maladie permettait de faire le diagnostic.
La compression de la moelle (Charcot1) pourrait prêter à confusion. Un malade de Charcot présentait comme signe distinctif une thermo-anesthésie localisée au territoire du brachial cutané interne, mais non terminée en manchette.
La thermo-anesthésie a été signalée au cours de l'alcoolisme et du diabète (Yergely2). Dans ces deux maladies, les névrites sont fréquentes, et causent des troubles de sensibilité. Le diagnostic sera facilité par les symptômes propres à ces deux maladies. La coexistence chez le même sujet du goitre exophthalmique et de la syringomyélie a été observée par Joffroy et Achard. La coexistence de la syringomyélie et de l'hémiplégie spasmodique a été constatée par Charcot et Brissaud.
Il y a des lésions aboutissant à des cavités médullaires dont les signes cliniques sont à peu près ceux de la syringomyélie (l)ejerine et Thomas).