Marie et Crouzon. Soc. de neurologie, juillet
2. Brissaud. Contracture permanente des hémiplégies. Th. de Paris, 1SS0.
nence thénar ou par l'épaule et se généralise; en même temps les réflexes tendineux diminuent ou disparaissent. Cette atrophie musculaire est due à l'altération des cornes antérieures de la moelle, altération qui leur est pour ainsi dire transportée par les fibres nerveuses dégénérées du faisceau pyramidal avec lesquelles elles sont en connexion. Le membre atteint d'atrophie est un membre perdu; l'infirmité est incurable. Les gens atteints d'hémiplégie avec contracture présentent le phénomène connu sous le nom de syncinésie (Vulpian), ou mouvements associés : ainsi, quand on dit au sujet de fermer la main du côté sain, il arrive que le même mouvement s'ébauche du côté malade.
Tremblement. Hémichorée. Athétose. — Les anciens hémiplégiques frappés de contracture secondaire sont souvent atteints d'un tremblement qui ne survient qu'à l'occasion d'un mouvement voulu. Dès que le malade essaye de soulever la main contracturée à la hauteur de sa tête, le bras tout entier, et la main principalement, sont pris d'un tremblement à oscillations rapides, verticales et bien cadencées; ce tremblement disparaît complètement quand le bras est au repos, et il recommence aussitôt que les muscles entrent en contraction. Quand on redresse brusquement le pied, dans le cas de paralysie avec contracture du membre inférieur, le même phénomène se produit. Cette trémulation ne doit pas être confondue avec les autres troubles moteurs, tels que les convulsions épilepti formes1, qu'on observe parfois chez les hémiplégiques et qui sont sans doute consécutives à la sclérose descendante et à l'irritation secondaire du bulbe.
D'autres hémiplégiques ont des mouvements choréiformes dans les membres qui ont été paralysés; cetle hémichorée symptomatique a tous les caractères de la véritable chorée,
1. Les attaques épileptiformes précèdent souvent des attaques apoplecti formes ou alternent avec elles. On les observe chez les malades dont les lésions cérébrales, hémorrhagie, tumeur, ramollissement, sclérose en plaques, méningo-encéphalite diffuse, ont déterminé les scléroses desceedantes (Charcot. Maladies du syst. nerv., p. 222).
MALADIES DE L'ENCEPHALE. 553
elle présente la même incohérence, le même désordre dans les mouvements volontaires et involontaires, que les membres soient au repos ou qu'il y ait mouvement voulu1.
Généralement Yhémichorée se déclare chez les malades dont l'hémiplégie est accompagnée d'hémianesthésie; elle apparaît progressivement, après plusieurs semaines ou plusieurs mois, au moment où l'hémiplégie tend à s'amender, et bien qu'il y ait un certain degré de contracture dans les membres hémiplégies. Cette hémichorée, qu'on nomme post-paralytique parce qu'elle ne survient qu'après l'hémiplégie, peut persister indéfiniment. 11 y a des cas où l'hémichorée se déclare non plus après, mais avant l'hémiplégie; elle est dite pré-paralytique (Grasset2), désignation préalable à celle de pré-hémorrhagique. Cette hémichorée préparalytique peut se développer au moment d'une attaque d'apoplexie, avant même la phase d'hémiplégie confirmée, et en dehors de tout autre symptôme d'hémianesthésie et de contracture. Elle est passagère et ne dure que quelques jours, même quand le malade survit à l'apoplexie; les mouvements choréiformes sont alors remplacés par l'hémiplégie.
L'hémichorée, comme les autres troubles moteurs, contracture et tremblement, peut être provoquée par les lésions cérébrales les plus diverses, hémorrhagie, ramollissement, tumeur, atrophie cérébrale congénitale. Ce n'est donc pas la nature, c'est le siège de la lésion qu'il faut interroger, pour remonter à la cause du symptôme. L'hémichorée est le plus souvent associée à l'hémianesthésie; le siège de leurs lésions doit être bien voisin, mais il n'est pas unique, car les deux symptômes peuvent se montrer isolés. Raymond localise ce siège à la partie postérieure de la capsule in-
1. Raymond. De l'hémichorée, de Vhémianesthésie, etc. Th. de Paris,