Pitres. Progrès mêd., 1887, n
2. Quand il existe quelque doute sur l'exagération du réflexe rotulien du côté hémiplégique, on peut être fixé par la recherche du réflexe contralatéral des adducteurs (Pierre Marie). Le malade étant assis, les jambes à demi étendues comme pour la recherche du réflexe rotulien, on percute le tendon rotulien du côté sain, on voit se produire en même temps que le réflexe du genou de ce côté une adduction de la cuisse du côté opposé, (côté hémiplégique). Si l'on percute le tendon rotulien du membre hémiplégique, il ne se produit du côté sain qu'une adduction légère ou nulle. Ce procédé permet dans certains cas de mettre en évidence une contracture naissante.
MALADIES DE L'ENCEPHALE. 551
La contracture secondaire des hémiplégiques s'annonce par une sensation de raideur et par une exagération des réflexes tendineux-. Quand un hémiplégique, deux ou trois semaines après son attaque, présente les réflexes tendineux exagérés, du côté paralysé, on peut prédire la contracture. La contracture est» généralement douloureuse et se localise d'abord au membre supérieur, aux muscles fléchisseurs plus souvent qu'aux extenseurs; les doigts, le poignet et l'avant-bras sont dans la flexion forcée, et le bras est fortement appliqué contre le tronc. La contracture n'atteint que le membre supérieur si la sclérose des cordons latéraux ne dépasse pas les régions supérieures de la moelle, mais elle gagne le membre inférieur si la sclérose atteint la région lombaire. Elle est moins accusée au membre intérieur, et c'est le type d'extension qui y domine, la jambe est dans l'extension forcée, mais les orteils sont fléchis, et le chloroforme ne peut vaincre la contracture des hémiplégiques comme la contracture des hystériques. On constate à cette période le signe de Babinski et le phénomène de Strumpell *. Les muscles hémiplégies de la face sont quelquefois contractures; la déviation des traits change alors de côté, et simule une paralysie alterne.
La contracture des hémiplégiques est variable; parfois elle est si peu accusée qu'on dirait au premier abord une hémiplégie flasque; dans d'autres cas elle prend de telles proportions qu'elle constitue une difformité incurable. Chez certains hémiplégiques la contracture finit à la longue par disparaître, mais habituellement ce n'est là qu'une guérison incomplète'2; le malade peut, il est vrai, remuer les membres qui avaient été paralysés et contractures, mais veut-il appliquer son attention et faire usage de sa main pour un but déterminé, la raideur musculaire reparaît aussitôt. Chez d'autres hémiplégiques, une contracture de vieille date disparaît d'une manière assez rapide, mais cette disparition coïncide avec Y atrophie musculaire des muscles primitivement contractures. L'atrophie débute par l'émi-