A. RAMOLLISSEMENT A DÉBUT BRUSQUE
L'apparition brusque et soudaine des symptômes (apoplexie, hémiplégie, aphasie) est surtout le fait de l'embolie, parce que l'embolie oblitère en un instant le vaisseau qui était
perméable, tandis que l'apparition lente et graduelle des symptômes est plutôt réservée à la thrombose qui oblitère peu à peu le vaisseau. Toutefois il nen est pas toujours ainsu et quoique le thrombus ne détermine que lentement et progressivement l'oblitération complète de l'artère, il est des cas, et ils sont assez nombreux, notamment dans les lésions syphilitiques (artérite, lésions scléro-gommeuses, tumeur), où les accidents éclatent presque aussi brusquement que dans l'oblitération vasculaire par embolie.
Le ramollissement à début brusque et l'hémorrhagie cérébrale ont bien des symptômes communs ; toutefois le ramollissement, plus souvent que l'hémorrhagie, est précédé de prodromes (céphalalgie), surtout quand il est sous la dépendance de lésions syphilitiques. Dans les deux cas, ['apoplexie peut ouvrir la scène, et elle se présente ici avec tous ses caractères, avec ses congestions viscérales (congestion pulmonaire) et ses troubles trophiques (eschare fessière).
L'apoplexie fait souvent défaut, et le ramollissement débute par l'hémiplégie. Cette hémiplégie a tous les caractères que je lui ai décrits au sujet de l'hémorrhagie cérébrale; néanmoins, elle présente cette particularité qu'elle frappe souvent le côté droit, et que dans ce cas elle est fréquemment associée à ïapliasie. Cette association de l'hémiplégie droite et de l'aphasie est due à la prédilection des lésions pour l'artère sylvienne gauche: prédilection marquée surtout par l'embolie.
L'apoplexie et l'hémiplégie ayant été longuement décrites au sujet de l'hémorrhagie cérébrale, je n'y reviens pas. Au nombre des troubles produits par le ramollissement cérébral, quelle que soit la cause du ramollissement, un des plus importants est Vaphasie (perte de la parole), qui peut exister seule ou être associée à l'hémiplégie droite et à l'hemianesthésie. Je renvoie pour la description de l'aphasie au chapitre suivant.
On peut encare observer l'hémianopsie latérale homonyme (perte de la moitié du champ visuel) dans les ramollissements du cuneus du lobe occipital ou du gyrus supermarginalis.