‹ Manuel de pathologie interneChapitre 213 sur 404 · Legroux, De l'aphasie. Thèse d'agrég., Paris, p · texte numérisé non relu

Legroux, De l'aphasie. Thèse d'agrég., Paris, p

mitrale ou aortique, on peut supposer que le ramollissement a pour origine une embolie; s'il a des artères athéromateuses, le ramollissement par thrombose se présente naturellement à l'esprit, et si le malade est sy phi lit* que, il est probable que le ramollissement a pour origine la compression d'une artère par un syphilome, ou mieux encore, une artérite oblitérante.

Le ramollissement est quelquefois difficile à distinguer du syndrome clinique créé par les lacunes du cerveau. Le lacunaire est un malade qui a été atteint d'un ictus brusque, mais léger, sans perte de connaissance, puis d'hémiplégie partielle et incomplète; il ne subsiste que quelques troubles de la marche désignés sous le nom de « marche à petits pas » ; on constate également des troubles de prononciation, de déglutition, ainsi que le rire ou le pleurer spasmodiques.

Le ramollissement à début lent, et dû à l'athérome cérébral, est d'un diagnostic assez difficile, parce que ses manifestations sont souvent incomplètes et insidieuses. Il faut savoir que les gens âgés sont sujets à des accidents apoplectiformes ou épileptiformes et à des troubles intellectuels liés à l'athérome cérébral : aussi, quand un pareil malade présente en même temps les signes d'une athéromasie généralisée, il est probable que ses troubles cérébraux sont dus à un ramollissement cérébral d'origine athéromateuse1.

On comprend toute la gravité du pronostic : le ramollissement par embolie est grave à cause de l'étendue de la lésion; le ramollissement par thrombose est redoutable parce qu'il est souvent lié à l'artério-sclérose, généralisée.

Le traitement est habituellement impuissant, à moins qu'il ne s'agisse d'accidents syphilitiques. Dans le cas de syphilis avérée ou même soupçonnée, il faut sans retard appliquer dans toute sa vigueur le traitement spécifique, surtout les injections mercurielles eti l'iodure de potassium à la dose de 2 à 15 grammes par jour.

Page 1