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Semante médicale, 23 novembre

comme des troubles du « langage intérieur», il les oppose aux troubles du langage a articulé » et il pense que la zone de Wernicke est le centre d'élaboration intellectuelle du langage, comme la zone lenticulaire est le centre de l'articulation des mots.

Cette nouvelle doctrine est contestée ou inaccepfée par bon nombre de neurologistes (Dejerine, Ladame, von Monakow, Mahaim, Mingazzini, Mills et Spiller, Lloyd, etc.). Dans la discussion d'une question si complexe, il faut, comme l'a montré Dejerine, n'interpréter que des cerveaux coupés en série. Ainsi se trouvent révélées des lésions sous-corticales, interrompant les fibres émanées de la circonvolution de Broca et agissant d'une façon aussi efficace que les altérations de cette circonvolution; ainsi s'expliquent également un certain nombre de cas étiquetés : aphasie motrice sans lésion du centre de Broca. D'autre part, l'aphasie peut guérir et un ancien aphasique peut ne présenter à sa mort aucun trouble du langage. En ce cas, la lésion du centre de Broca, trouvée à l'autopsie, pourra être faussement considérée comme n'ayant entraîné aucune aphasie. Un remarquable exemple de ce genre a été fourni par Letulle.

Du reste, de nouvelles pièces ont montré des lésions limitées à la circonvolution classique du langage (Dejerine, Ladame et von Monakow). Dans certaines observations chirurgicales, la destruction traumatique de cette région s'est révélée également par de l'aphasie (Vincent et Dumollard, Vouters et Chevallier). Ces faits incontestables viennent à rencontre de la théorie de P. Marie. Bien plus, Mahaim, Mills et Spiller, van Gehuchlen ont montré que les lésions du noyau lenticulaire ne déterminaient pas d'aphasie.

La doctrine dite nouvelle de l'aphasie faiblit donc fortement sur bien des points. Du reste, bien des questions relatives à l'aphasie sont encore obscures. Nous verrons dans un autre chapitre, au sujet de quelques erreurs sur les localisations des zones motrices, qu'en fin de compte, les localisations cérébrales sont en train de perdre une partie de la précision que quelques auteurs leur avaient jadis attribuée.

Aphasie transitoire. — Outre l'aphasie dont je viens de m'occuper, et qui est provoquée par des lésions cérébrales apparentes, il existe, chez les rhumatisants, chez les goutteux1, chez quelques syphilitiques, chez les typhiques, chez les hystériques, dans la migraine ophthalmique, etc., une aphasie plus ou moins transitoire qui n'est pas accompagnée de paralysie et qui disparaît sans laisser de trace. Cette aphasie transitoire n'est pas rare chez les diabétiques; c'est une' aphasie isolée, sans trace d'hémiplégie; elle ne survient pas seulement chez les malades qui ont une glycosurie abondante, on la constate chez des gens qui n'ont que quelques grammes de sucre. J'ai plusieurs fois observé cette variété d'aphasie ; elle peut ne durer que quelques jours, mais, quoique passagère,- elle est peut-être totale.

Comment expliquer les aphasies transitoires, et que se passe-t-il en pareil cas du côté du territoire cérébral qui préside au langage? 11 s'y passe probablement une modification de circulation, un trouble passager d'hypérémie ou d'anémie; un trouble dynamique des cellules nerveuses.^ Ce qui est certain, et ceci est important comme pronostic, c'est qu'il y a une variété d'aphasie qui peut exister sans lésion matérielle durable, de même que l'hémianesthésie des hystériques n'est accompagnée d'aucune lésion du faiscean cérébral sensitif, de même que les contractures permanentes de l'hystérie existent sans sclérose des cordons latéraux de la moelle, de même enfin que la chorée vulgaire et l'hémichorée post-hémiplégique, bien qu'ayant^ les plus grandes analogies, reconnaissent pour cause, l'une un trouble fonctionnel passager, l'autre une lésion d'un territoire cérébral déterminé. Des symptômes nerveux identiques peuvent donc être occasionnés, tantôt par des lésions profondes et persistantes, tantôt par des altérations passagères et de nature inconnue.

Traitement. — Le traitement de l'aphasie est un traitement essentiellement causal ; il faut toujours songer à la syphilis, surtout chez un homme jeune. La rééducation peut

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