Élude clin., Montpellier
2 Pierre Marie. Revision de la question de l'aphasie : Semaine médicale, 25 mai 1906, 17 octobre et 28 novembre 1908; Société médicale des hôpitaux, passim, 1906 et 1907.
laie gauche qui n'avaient donné lieu à aucun trouble du langage. En l'ace de ces laits nouveaux, P. Marie1 pense que les lésions qui produisent l'aphasie occupent, non pas la circonvolution de Broca, mais une zone dite lenticulaire, limitée en avant par une ligne transversale partant du sillon antérieur de l'insula jusqu'au point correspondant du ventricule latéral et en arrière par une autre ligne allant du sillon postérieur de l'insula au point correspondant du ventricule latéral. Cette région, en forme de quadrilatère, contient le noyau lenticulaire et le noyau caudé, la capsule externe et la capsule interne. La région dont les lésions contribuent à produire l'aphasie contient également la zone de Wernicke constituée, grosso modo, par le gyrns supramarginalis, le pli courbe et le pied des deux premières circonvolutions temporales. A chacune de ces deux localisations, lésion de la zone lenticulaire et lésion de la zone de Wernicke, correspondent des troubles particuliers. Si la lésion n'intéresse que la zone lenticulaire, on observe les troubles de l'ancienne aphasie motrice, troubles du langage articulé, encore nommé langage extérieur, troubles que P. Marie désigne sous le nom d'anarthrie, ou aphasie motrice pure des auteurs classiques.
Si la lésion cérébrale n'intéresse que la zone de Wernicke, on observe les troubles du langage intérieur; c'est-à-dire l'aphasie de Wernicke. Le malade peut parler, parfois même il parle trop, mais les paroles qu'il profère, tout en étant bien articulées, sont souvent incompréhensibles (jargonaphasie) ou tout au moins déformées (paraphasie) ; la lecture et l'écriture sont abolies ou plus ou moins incomplètes (cécité verbale des classiques); le malade comprend mal ou ne comprend pas le langage parlé (surdité verbale des classiques). L'ensemble de ces symptômes constitue l'aphasie sensorielle, mais Pierre Marie n'admet pas l'existence de centres spéciaux pour les images auditives verbales et pour les images visuelles du langage, il considère ces troubles