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Jaccoud. Clin, de la Charité, p

eîéido-mastoïdien. Je l'ai nommée torticolis brightiqûe. J'en ai montré deux remarquables exemples Tan dernier à mes élèves. Le torticolis brightiqûe est constitué par une contracture très douloureuse et permanente de quelques muscles du cou; il dure des semaines sans interruption, il est permanent; la douleur n'est généralement pas spontanée, mais elle est provoquée par le moindre mouvement. Le torticolis brightiqûe diffère donc des crampes douloureuses des mollets, qui, elles, sont spontanées, passagères et ne durent que quelques minutes. Plusieurs fois j'ai pu faire céder le torticolis brightiqûe par le régime lacté. Les muscles intercostaux peuvent être également le siège de crampes fort douloureuses. La crampe des écrivains, dans une de ses modalités, paraît pouvoir être d'origine brightiqûe (Bonnier). C'est une sorte de tétanie brightiqûe.

f. — W épistaxis revêt des formes différentes dans le cours de la maladie de Bright. Il y a une grande épistaxis que j'étudierai un peu plus loin; il y a également des épistaxis qui surviennent aux approches des accidents nerveux urémiques. Mais je ne fais allusion, pour le moment, qu'aux épistaxis très légères, qui surviennent dès la première période de la maladie, épistaxis si minimes, que le malade mouche à peine un peu de sang, surtout le matin au réveil : je lésai nommées épistaxis matutinales du brightisme.

g. — Cryesthésie. — Il y a un autre symptôme qui était passé, je crois, inaperçu, et auquel j'attache une certaine valeur : c'est l'impressionnabilité spéciale des brightiques au froid. Bien des gens atteints de néphrite ont, suivant leur expression, a froid à la peau et sous la peau » ; ils se couvrent outre mesure, ils portent double paire de bas, genouillères, double gilet de laine, ceinture de flanelle, vêtements bien chauds, ils vous racontent qu'ils se frictionnent fortement les cuisses et les genoux pour chasser le froid, ils redoutent le contact des draps en entrant dans leur lit, ils se chauffent continuellement les pieds, qui sont a comme des glaçons », et, malgré toutes ces précautions, ils n'arrivent pas toujours à rappeler la cha-

leur aux régions froides. Ils n'éprouvent pas la sensation de gens qui sont prêts à frissonner, c'est autre chose ; l'hyperesthésie au froid n'est pas seulement provoquée chez eux par le contact d'objets froids, elle est spontanée comme la sensation du doigt mort, elle est indépendante de la température ambiante; elle apparaît aussi bien pendant les saisons chaudes. Pour bien mettre en relief cette impressionnabilité spéciale de certains brightiques au froid, j'ai proposé de la nommer cryesthésie (de y-pûaq, froid).

La cryesthésie brightique occupe de préférence les membres inférieurs, le genou, la cuisse, le pied et la région des reins. J'en ai publié des observations caractéristiques1 ; de nombreux cas ont été consignés dans la thèse d'un de mes élèves 2.

h. — Au nombre des petits signes du brightisme je signalerai encore les secousses électriques, qui surviennent habituellement pendant le sommeil. Depuis que mon attention a été appelée sur ce symptôme qu'on n'avait pas, je crois, encore signalé, je l'ai retrouvé très fréquemment. C'est surtout au moment où le brightique va s'endormir, ou quand il vient de s'endormir, qu'il est brusquement réveillé comme par une décharge électrique. Cette secousse, unique et violente, n'est en somme qu'une convulsion : elle représente à l'état d'ébauche les attaques convulsives de l'urémie. Comme la plupart des autres symptômes que je viens de décrire, la secousse électrique peut se montrer isolée, et, vu sa minime importance, ce symptôme passe inaperçu quand on n'a pas le soin de le rechercher.

i. — Signe de la temporale. — J'ai remarqué que bon nombre de gens atteints de brightisme ont l'artère temporale flexueuse, tendue et dilatée, c'est le signe de la temporale. L'artère se dessine en flexuosités saillantes qui serpentent sur la peau de la tempe et du front, et l'on sent au toucher que l'artère est fortement distendue. Cet état

1. Soc. méd. des hôpit., 1886. Contribution à l'étude clinique et expérimentale de la maladie de Bright sans albuminurie. -2. Dunac. De la cryesthésie brightique. Th. de Taris, 1889.

n'est pas dû à l'athérome de l'artère, il tient à l'excès de tension artérielle qu'on retrouve, du reste, dans tout le système artériel, à l'artère radiale, comme ailleurs (Potain). Si ce signe est plus facile à constater à l'artère temporale, c'est à cause de la situation superficielle de ce vaisseau; l'artère est plus ou moins tendue, d'un jour à l'autre, d'une semaine à l'autre. La preuve qu'il ne s'agit pas là d'une induration athéromateuse a été vérifiée à l'autopsie chez plusieurs malades de mon service.

j. — J'ai plusieurs fois constaté la diminution de l'odorat et du goût chez les gens atteints de brightisme.

Tels sont les symptômes qui forment le groupe des petits signes du brightisme; ils peuvent exister à toutes les phases de la maladie et ils sont utiles à connaître, parce qu'ils mettent souvent sur la piste de la maladie de Bright, alors que les œdèmes, l'albumine et les grands accidents de l'urémie font défaut. Étudions maintenant les œdèmes et l'albuminurie, ces deux importants symptômes des néphrites chroniques.

Œdèmes et épanchements séreux. — Habituellement l'œdème du mal de Bright commence par la face sans qu'on puisse expliquer la cause de cette localisation. Le malade s'aperçoit, le matin au réveil, que ses paupières sont tuméfiées: à voir la face légèrement bouffie, on dirait que le sujet a engraissé L'œdème se localise également aux malléoles, ou bien il gagne les jambes, les cuisses, le scrotum, les grandes lèvres, et suivant le cas il met des mois à se généraliser. Toutefois il est rare que l'anasarque des néphrites chroniques atteigne l'intensité de l'anasarque des néphrites aiguës. Dans certains cas l'œdème se cantonne à un organe (œdème pulmonaire, œdème laryngé). On Ta vu localisé au prépuce (Rosenstein), au cordon spermatique (Finger), à un seul côté de la face ou du corps (Potain).

Dans les néphrites à prédominance interstitielle, Xozdème est tardif, insignifiant, passager, limité aux paupières, à la face, aux malléoles, tandis qu'il est plus précoce

envahissant et tenace dans les néphrites à prédominance parenchymateuse, où il détermine non seulement l'anasarque, mais encore l'hydropisie des séreuses. Celte distinction est vraie, mais il s'en faut qu'elle soit absolue; ainsi, chez tel sujet atteint de néphrite à prédominance sclérovasculaire et qui avait jusque-là échappé aux œdèmes, survient un œdème suraigu du poumon.

Quand l'œdème est récent, les tissus œdématiés sont blancs, mous, et conservent l'empreinte du doigt; mais à la longue, aux jambes surtout, les tissus s'épaississent. De ce que l'œdème est parfois très peu apparent, il ne faut pas se hâter de conclure qu'il n'existe pas. J'ai la conviction que les œdèmes font rarement défaut dans le cours des néphrites; il faut les chercher; ainsi la trace que laisse le stéthoscope sur le thorax, les plis que forment les draps de lit sur la peau du visage, la dépression que laissent les lunettes à la racine du nez font parfois découvrir des œdèmes qui passeraient inaperçus.

Les œdèmes des viscères et les épanchements des séreuses sont répartis de la façon suivante : sur 406 cas mortels qui résultent des statistiques de Frerichs et de Rosenstein, on trouve1 : hydrothorax et pleurésie, 82 cas; hydropéricarde, 21; hydrocéphalie, 75; œdème pulmonaire, 115; œdème de la glotte, 4. Le liquide des œdèmes et des épanchements diiïère sensiblement du sérum du sang; il est plus riche en eau, mais il contient moins d'albumine, moins de sels minéraux et plus de chlorure de sodium; la fibrine y fait défaut; ce qui prouve qu'il n'y a pas dans ces œdèmes une simple transsudation du sérum, fait important et bien mis en relief par Jaccoud dans sa remarquable thèse d'agrégation?.

Pathogénie de l'œdème. — Préœdème. — Rétention des chlorures. — Quelles sont les causes de l'œdème brightique? On a longtemps supposé qu'il était lié à la déperdition de

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