‹ Manuel de pathologie interneChapitre 22 sur 404 · Alibert. Des néphrites. Th. de doct., Paris · texte numérisé non relu

Alibert. Des néphrites. Th. de doct., Paris

2. Debove. Soc. méd. des hôpit., 27 février 1880. — Roques. Soc. méd. deshôpiU.,\m.

3. Dieulafoy. France méd., 1877, n° 16. — Gaz. hebd., 1873, n* 4. — Domergue. Troubles nutritifs dans la maladie de Bright. Th. de Paris, 1881, il* 13.

coup plus fréquents que les troubles oculaires. Ces troubles auditifs sont variables; souvent ce sont des tintements, des bourdonnements dans une ou dans les deux oreilles; en général, ces bourdonnements sont accompagnés ou suivis de dureté de l'ouïe; habituellement la demi-surdité est passagère et sujette à répétitions; elle se localise à Tune des deux oreilles, rarement elle est durable, rarement aussi la surdité est complète. Ces différents troubles auditifs sont tantôt indolores, tantôt associés à des douleurs d'oreilles ou de la face. Les troubles auditifs sont dus à des causes diverses. Parfois on retrouve, à l'inspection de l'oreille, de la sclérose du tympan, du catarrhe de la caisse, une vascularisation anormale au niveau du marteau, des hémorrhagies de la muqueuse du tympan ; dans d'autres cas, les lésions ne sont pas appréciables et les troubles auditifs pourraient être attribués à un œdème du nerf acoustique.

Un de mes élèves, Bonnier, frappé de la fréquence des troubles auditifs dans le mal de Bright, a constaté que le syndrome mal défini, nommé vertige de Ménière, n'est dans bien des circonstances qu'un symptôme brighlique1. Il y a donc un vertige brightique qui mérite de prendre rang au nombre des petits accidents du brightisme. Dans quelques cas, ce vertige brightique qui avait résisté à tous les traitements habituels mis en usage contre le vertige de Ménière, ce vertige brightique a cédé au régime lacté comme la plupart des autres petits accidents du brightisme.

d. — Démangeaisons. — Ce symptôme, à peine signalé par quelques auteurs, est fréquent, surtout chez les femmes. Parfois les démangeaisons9 ne diffèrent pas du prurit ordinaire; elles apparaissent plus ou moins violentes sur différentes parties du corps et durent quelques jours ou quelques semaines. Ce prurit acquiert parfois une telle intensité qu'il prive le patient de tout repos; les malades racontent « qu'ils se grattent jusqu'au sang, jusqu'à s?en-

1. Bonnier. Brightisme auriculaire. Bull, de la Soc. de laryngologie juin 1892.

2. Dieulafoy. Gaz. hebd., 1882, n* 20. — Mathieu. Th. de Paris, 1882.

n maladies de l 'appareil urinaire.

lever la peau1 ». La cause de ce prurit est mal élucidée, car je ne fais pas allusion ici au cas où la peau présente une éruption. Rosenstein, qui signale le symptôme, le met sur le compte de l'urémie. Cette explication est bien insuffisante et ne fait qu'éloigner le problème sans le résoudre. On a supposé que l'excrétion de l'urée par la peau était la cause du prurit brightique; c'est possible, mais j'ai assisté à de véritables sueurs d'urée sans démangeaisons. Dans une autre variété, il ne s'agit plus de prurit vulgaire, la démangeaison revêt une forme particulière que les malades comparent au chatouillement que provoqueraient des cheveux tombés sur le cou, sur la poitrine ou dans le dos. Une troisième variété de démangeaisons est celle que les malades comparent au chatouillement provoqué par un insecte, par une fourmi. Ces démangeaisons apparaissent à toutes les périodes de la maladie, parfois môme elles se présentent comme symptôme de début et acquièrent une réelle importance comme élément de diagnostic.

e. — Des crampes au mollet , souvent fort douloureuses, se montrent à plusieurs reprises dans le cours du mal de Dright. Des spasmes musculaires peuvent affecter les muscles de l'épaule, du cou, et l'on a cité des cas où ils s'étaient généralisés sous forme d'opisthotonos avec ou sans douleurs articulaires (Jaccoud2). Mais ces dernières formes sont des raretés, tandis que les crampes des mollets font partie des accidents précoces et presque constants du brightisme. Les malades racontent qu'ils sont réveillés la nuit par des crampes si douloureuses qu'elles leur arrachent des plaintes et qu'ils sont obligés de quitter leur lit, espérant les faire plus vite disparaître. Ces crampes peuvent se reproduire plusieurs fois la nuit, ou plusieurs nuits de suite ; elles sont une cause d'insomnie.

Depuis quelques années mon attention a été appelée sur une forme de crampe qui se localise au muscle sterno-

1. Labadie-Lagrave, dans l'article Rein du Dictionn. de méd. et dechir.% parle de faits analogues observés par M. Peter.

Page 1