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Clinique médicale de i'Hôtel-Dieu, 1903. Septième leçon

ces paralysies, surtout quand elles sont dissociées, parcellaires, peuvent être dues à une lésion de l'écorce. mais, à mesure qu'on étudie mieux la question, on voit que bon nombre de ces paralysies sont dues à des névrites périphériques et n'ont rien à voir avec les lésions centrales.

Ces paralysies syphilitiques, d'origine périphérique, probablement de nature toxique, doivent être bien connues; elles surviennent rapidement, elles sont habituellement assez fugaces et parfois dissociées, elles peuvenl être très précoces et survenir dès la deuxième ou dès la première année de l'infection. Donc, en face d'un syphilitique atteint de déviation de la bouche, d'hémiplégie faciale, de ptosis, de strabisme, de diplopie, il ne faut pas se hâter de porter le diagnostic assez grave d'une localisation syphilitique cérébro-méningée de la base de l'encéphale, les paralysies pouvant être dues à des névrites périphériques ; mais si le nerf moteur oculaire commun est paralysé dans sa totalité, à plus forte raison si d'aulres nerfs moteurs de l'œil sont également compromis, si ces symptômes se sont accentués graduellement, progressivement, au milieu de symptômes cérébraux tels que vertige et céphalalgie, avec ou sans symptômes hémiplégiques directs ou croisés, alors en pareil cas, on peut incriminer une lésion scléro-gommeuse de la base de l'encéphale.

Les néoplasies syphilitiques occupent volontiers l'espace interpédonculaire d'où émerge la troisième paire; aussi n'est-il pas rare d'observer une paralysie double des nerfs moteurs oculaires communs. On peut encore affirmer une lésion scléro-gommeuse de la base de l'encéphale, si le syphilitique présente des troubles de la vision, diminution ou perte de la vue, névrite optique avec céphalée nocturne, avec ou sans vomissements et accès épileptiformes.

Ici, comme dans toutes les tumeurs cérébrales, on peut observer les différentes variétés de Vhémianopsie, décrite au chapitre des polioencéphalites. Souvent enfin, l'examen ophthalmoscopique révèle une chorio-rétinite, qui sans être en rapport direct avec la lésion syphilitique, n'en a pas

moins une grande valeur sémiologique au point de vue du diagnostic de la syphilis. J'en dirai autant de l'examen du fond de l'œil, l'état de l'artère ophlhalmique pouvant donner une idée de l'état des artères cérébrales dont elle émane.

Nous avons dit que les lésions scléro-gommeuses ont pour siège de prédilection la zone corticale motrice; les paralysies hémiplégiques et l'épilepsie partielle sont les deux grands symptômes qui accompagnent ces localisations cérébro-méningées. Les paralysies se présentent sous forme d'hémiplégie ou sous forme de monoplégie du côté opposé à la lésion. La face, le bras et la jambe peuvent être paralysés comme dans l'hémiplégie vulgaire; plus souvent le bras seul est atteint, ou le bras et la face, ou la jambe seule. Ces paralysies sont rarement complètes; !e mouvement n'est pas absolument perdu ; dans bien des cas il y a parésie plutôt que paralysie. L'hémiplégie ne se fait presque jamais d'emblée ; la paralysie s'installe lentement, progressivement; elle a été précédée, pendant une période plus ou moins longue, de faiblesse, d'engourdissement de la main, de fourmillements, de pesanteur du pied, de la jambe ; depuis quelque temps le malade se plaignait de ne pouvoir plus serrer les objets, d'être maladroit, il avait remarqué que sa jambe fléchissait, il buttait contre les marches en montant un escalier, ou bien encore il s'était aperçu de quelque hésitation dans la parole, sa langue (< fourchait » par moments. Tels sont les avertissements y les prodromes qui annoncent la paralysie. Qu'on ajoute à ces prodromes une céphalée souvent violente et nocturne, et l'on conviendra que les troubles hémiplégiques résultant d'une lésion syphilitique de la zone corticale motrice ne ressemblent guère à l'hémiplégie qui accompagne rhémorrhagie cérébrale*; elle est même plus lente, plus dissociée, plus incomplète, que l'hémiplégie consécutive à l'oblitération de l'artère sylvienne par endartérite syphilitique; enfin, comme nous allons le voir, cette hémiplégie, en raison de la lésion corticale, est souvent associée à de l'épilepsie partielle.

Vépilepsie syphilitique partielle , jacksonienne , constitue un des symptômes les plus fréquents des localisations sclérogommeuses de la zone corticale motrice. Cette épilepsie partielle siège du côté opposé à la lésion et elle revêt plusieurs types :

1°' Dans le type facial les convulsions se limitent au visage et au cou, elles atteignent la commissure des lèvres, l'orbiculaire des paupières, les muscles moteurs de l'œil, de la langue, le sterno-mastoïdien ; aux convulsions du visage et du cou s'ajoutent parfois quelques 'secousses du bras; 2° dans le type brachial, qui est plus fréquent, l'aura débute par un des doigts, les convulsions atteignent la main, le bras, l'épaule, et atteignent parfois la face et le cou, 5° dans le type crural, qui est le plus rare, Vaura part du pied et les convulsions s'arrêtent à la hanche.

La topographie de la lésion cérébro-méningée peut être diagnostiquée par le type de l'épilepsie partielle : type facial; lésion de l'extrémité inférieure de l'écorce des deux circonvolutions ascendantes. — Type brachial; lésion de la région moyenne, de la frontale ascendante. — Type crural; lésion de la région supérieure des circonvolutions ascendantes et du lobule paracentral. — Type lingual; lésion de la région inférieure de la frontale ascendante au voisinage du pied de la troisième frontale.

Dans l'épilepsie jacksonienne, la perte de connaissance peut manquer, elle peut être incomplète, elle peut ne survenir que lorsque l'attaque convulsive est commencée. Après l'attaque convulsive le malade est parfois atteint de diplopie, de dysphasie, d'amnésie, de vertiges. Dans quelques circonstances on peut arrêter l'attaque d'épilepsie partielle au moyen d'une ligature placée au-dessus du siège de

l'aura.

L'épilepsie partielle est souvent précédée ou suivie ûe paralysie passagère1 (hémiplégie, monoplégie); dans quelques cas l'accès convulsif atteint des membres qui sont presque

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