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Fournier. Syphilis héréditaire tardive, p

tueîs aux formes plus ou moins complètes de la paralysie générale. Mais dans d'autres circonstances ces différentes manifestations de -la syphilis cérébrale sont associées, elles se suivent, elles se combinent, elles peuvent môme se généraliser à la moelle, elles sont alors cérébro-spinales.

De ces différentes formes, celle qui est le plus facilement curable, le plus accessible au traitement, c'est la forme épileptique ou épilepto-paralytique; celle qui est le plus rebelle au traitement, c'est la forme mentale.

En face d'une syphilis cérébrale, le traitement mixte doit être institué sans retard, et ce traitement (mercure et iodure de potassium) doit être intense. Je conseille avant tout les injections de biiodure d'hydrargyre. Tous les moyen? doivent être employés pour favoriser la tolérance de ces médicaments; c'est par des soins minutieux de la bouche qu'on évitera ou qu'on relardera l'apparition de la gingivite mercurielle; c'est par le traitement intensii qu'on arrivera souvent à enrayer les progrès du mal.

Toutefois, même en cas de succès, il ne faut pas trop se hâter de se réjouir, il faut se méfier, ainsi que le dit Fournier, des recrudescences et des récidives. Les recrudescences surviennent quelquefois en plein traitement, en pleine amélioration, alors que la guénson s'annonçait; les récidives s'observent trop souvent alors que la guérison paraissait définitivement obtenue. Malgré ces déboires, il ne faut pas se décourager, et tant que le processus syphilitique est dans une phase active il faut lutter avec énergie.

§ 10. PARALYSIE GÉNÉRALE MÉNINGO-ENCÉPHALiTE INTERSTITIELLE CHRONIQUE DIFFUSE

La parahjsie générale a longtemps été regardée comme une simple complication survenant dans le cours de la folie; telle était l'opinion d'Esquirol, de Calmeil et de Parchappe; et c'est ce qui explique la dénomination de paralysie gêné-

raie des aliénés donnée à cette maladie. Bayle, dès 1826, <ivait essayé de réagir contre cette idée, mais c'est Baillarger* qui a définitivement donné à la paralysie générale le rang qu'elle occupe aujourd'hui, en montrant qu'elle est une entité morbide nettement définie, dans laquelle les troubles moteurs jouent un rôle an moins aussi considérable que les troubles psychiques.

Anatomie pathologique. — Les lésions de la paralysie générale, qu'on avait crues d'abord localisées aux méninges, puis aux méninges et à l'encéphale, occupent en réalité le p)us souvent toute l'étendue des centres nerveux. En ouvrant le crâne, on trouve les méninges épaissies notamment au niveau des lobes frontaux (méningite chronique); la dure-meré adhère au crâne et la pie-mère adhère au cer veau. La substance cérébrale, mise à nu par l'ablation des méninges, est raboteuse, saignante et ulcérée (Calmeil) ; les circonvolutions sont atrophiées, le cerveau est diminué de volume, et la cavité des ventricules est agrandie. En grattant la couche corticale avec le manche d'un scalpel, on détache des lamelles indurées, des crêtes de substance blanche (Baillarger). La surface du quatrième ventricule (Joire) et des ventricules latéraux est hérissée de granulations (tissu de sclérose), et ces différentes altérations (crêtes, lamelles, granulations) ne sont en somme que le résultat d'une encéphalite chronique diffuse prédominant au niveau des lobes frontaux.

Au microscope on constate que les cellules nerveuses sont atrophiées, ivduites à une masse vitreuse dan^ laquelle on ne distingue plus ni noyau ni nucléole; ou bien elles sont granuleuses, pigmentées, prenant mal la substance colorante; les prolongements cellulaires sont rompus et les tubes nerveux n'existent plus qu'en petit nombre; à leur place on trouve iie nombreux corps granuleux.

Les parois des artères sont épaissies et les éléments névroghques prolifères semblent dans certains cas étouffer les

t. Baillarger. Des div. esp. de parai, génér. Annales méd.-psych., 1854.

cellules nerveuses proprement dites. Le point de départ des lésions est sujet à controverse : la théorie delà sclérose cérébrale à début périvascidaire, soutenue encore récemment par Ballet1, pourrait bien ne pas être vraie dans tous les cas si Ton s'en rapporte aux travaux de Pierret, Friedman, Klippel, Joffroy2. D'après eux, la théorie de Y encéphalite 'primitivement parenchymateuse serait beaucoup plus vraisemblable.

L'encéphalite interstitielle, l'épendymite et la périencéphalite sont représentées par des lésions analogues dans la moelle; la moelle épinière, en effet, présente une myélite diffuse périépendymaire et périphérique, ainsi que les altérations d'une méningite chronique. Dans d'autres cas, on trouve non plus des lésions diffuses de la moelle, mais des scléroses combinées, des scléroses systématisées (Raymond5), principalement sur le trajet des cordons postérieurs, lésions qui sont identiques à celles du tabès. Cette question des rapports du tabès et de la paralysie générale est d'ailleurs développée au chapitre concernant Yataxie locomotrice.

Les nerfs eux-mêmes peuvent être atteints de névrite chronique, alors que, pendant la vie, on avait constaté dans les régions qu'ils innervaient, soit des plaques d'anesthésie, soit des atrophies musculaires localisées à un groupe de muscles, soit enfin une des lésions trophiques tributaires habituelles des néphrites périphériques.

Les autres viscères présentent des lésions variées qui ont été étudiées dans ces dernières années par Klippel4, mais aucune d'elles ne semble en relation indiscutable avec les altérations anatomiques du cerveau et des méninges.

Symptômes. — Pour la facilité de la description, il est d'usage de diviser la paralysie générale en trois périodes, dont la durée est indéterminée : la première est dite prodomique, la seconde est la période d'état, et la troisième est la période terminale, paralytique et cachectique.

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