Morel-Lavallée. Revue de médecine, 1895, n
2. Académie de médecine. Févrierymars, avril 1905. Communications de MM. Fournier, Raymond, Joffroy, Pinard, Hallopeau, Lancereaux, Cornil, Motel.
MALADIES DE L'ENCÉPHALE. 6i5
générale y est très rare. Lancereaux et Corail opposent à Fournier des arguments anatomo-pathologiques; ils dénient aux lésions de la paralysie générale les caractères de l'évolution des lésions syphilitiques des centres nerveux. Raymond répond à cet argument par un ensemble de faits qui démontrent la coexistence fréquente des deux variétés de lésions chez le même individu.
Je vais essayer de résumer cette question de pathogénie. En principe, il est un fait certain, c'est que la paralysie générale, comme le tabès, n'apparaît pour ainsi dire que chez des gens qui ont eu la syphilis. Inversement, ne pas trouver la syphilis chez des gens atteints de paralysie générale ou de tabès, constitue une exception des plus rares. Peu importe le pourquoi et le comment, peu importent les théories et les hypothèses, l'idée à laquelle je me rattache c'est qu'on n'est exposé ni à la paralysie générale iiiau tabès si l'on n'est pas syphilitique. Je sais bien que la paralysie générale a une évolution pour ainsi dire fatalement progressive, ce qui ne cadre pas avec l'évolution habituelle des lésions syphilitiques. Je sais aussi que le traitement antisyphilitique n'a aucune prise sur le tabès ou sur la paralysie générale confirmés, et malgré tout je propose l'aphorisme suivant : tout individu qui n'est pas syphilitique, acquis ou Héréditaire, ne sera ni paralytique général ni tabétique.
Dans sa communication à l'Académie, Fournier a précisé l'époque d'apparition de la paralysie générale; c'est habituellement entre la 6e et la 12e année de l'infection syphilitique avec un fort maximum pour la 10e année. Aussi conseille-t-il d'instituer chez les syphilitiques des cures à termes tardifs, des cures de renforcement, avec traitement mercuriel intense, à partir de la 5* année de l'infection, et pendant plusieurs années.
A propos du diagnostic de la paralysie générale, les monomanies ambitieuses et mélancoliques se distinguent de la paralysie générale en ce qu'elles n'ont pas comme elles des idées mobiles et contradictoires. On devra faire le diagnostic de la paralysie générale, avec la démence sénile, la sclérose
en plaques, l'alcoolisme, le ramollissement cérébral.
De môme que, chez les tabétiques, la lymphocytose du liquide céphalo-rachidien est la règle chez les paralytiques généraux (Widal, Sicard et Ravaut). Parfois même, au moment de certaines poussées aiguës, la lymphocytose peut l'aire place à la polynucléose (Widal et Lemierre).
Traitement. — Pendant la période prodromique de la paralysie générale, le malade doit éviter les fatigues, les travaux, les préoccupations, les excitations de tout genre : vie calme à la campagne, promenade au grand air ; privation absolue d'alcools et de vin pur ; régime lacté associé à l'alimentation ordinaire : laxatifs fréquents, révulsifs à la nuque, séton. La médication mercurielle ne donne aucun résultat et la médication d'Ehrlich est contre-indiquée. Les périodes d'excitation sont combattues par la douche, par la valériane, par les bromures.
A une période plus avancée, l'internement dans un asile est habituellement nécessaire « soit que Y excitation maniaque arrive à un degré excessif, auquel cas le malade devient dangereux pour les autres, soit que la mélancolie s'accompagne de refus d'alimentation et d'impulsion au suicide )). (G. Ballet et P. Blocq).