‹ Manuel de pathologie interneChapitre 29 sur 404 · Mercklen. Sent. méd.< avril · texte numérisé non relu

Mercklen. Sent. méd.< avril

la source des accidents. Ainsi, que le fait remarquer Jaccoud, ce mot d'urémie ne signifie pas urée dans le sang, il signifie urine dans le sang (ovpov, urine, et aip.a, sang), le sang est devenu urineux (Jaccoud). Cette théorie est vraie, mais la difficulté commence quand il s'agit de spécifier quels sont les matériaux de désassimilation qui sont les agents toxiques.

On a accusé Yurée. Dans quelques observations, en effet (Bouchard1, Brouardel2), les accidents urémiques ont coïncidé avec un abaissement de l'urée dans l'urine, et avec la présence d'une énorme quantité d'urée dans le sang. Mais, par contre, il y a la série des faits négatifs où l'examen du sang pratiqué chez des urémiques n'a permis de trouver aucun excès d'urée (Wurtz et Berlhelot, Potain3). On pourrait également citer les faits de Parker, de Mosler, et tant d'autres, où des malades atteints d'accidents urémiques rendaient dans leurs urines une quantité d'urée normale et même supérieure à la normale. J'ajouterai enfin que les injections d'urée dans le sang des animaux ne provoquent pas les symptômes urémiques.

Feltz et Ritter, Gréhant et Quinquaud ont démontré que, pour arriver à tuer des animaux par des injections d'urée chimiquement pure, il faut des quantités considérables d'urée; ce même fait ressort des recherches de Bouchard, qui a constaté que l'urée n'est capable ni d'abaisser la température, ni de produire le coma, et qu'elle n'entre à peine que pour un neuvième dans la toxicité des urines.

Frerichs suppose que l'urée se transforme dans le sang en carbonate d'ammoniaque, ce que Jaccoud appelle ammoniémie. Les malades ont de l'ammoniaque dans les vomissements et dans leurs déjections, et leur haleine est souvent ammoniacale, ce qu'on peut parfois constater en mettant devant leur bouche une baguette imbibée d'acide

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