Charcot. Soc. de biologie
tion, on rend le malade plus sensible à l'action des bromures (Richet et Toulouse1).
Ce traitement, je le répète, doit être continué pendant longtemps, pendant des années, avec des intermittences. Les bromures peuvent être administrés à forte dose en lavements. La dépression physique et mentale, la dilatation des pupilles, la paresse de l'accommodation, indiquent que îa dose de bromure ne doit pas être poussée plus loin8.
Dans un ouvrage récent M. de Fleury a montré3 avec toute la précision que permet l'usage des procédés modernes d'expérimentation clinique, que la plupart des épileptiques sont atteints de misère physiologique; il est donc indiqué de les soumettre, en même temps qu'à la médication bromurée, à un traitement tonique. Aucun des excitants du système nerveux (alcool, café) ne leur convient. En revanche ils se trouvent très bien de la douche, du massage, de l'électricité statique et surtout des injections salines, qui combattent l'obnubilation intellectuelle, tout en augmentant l'absorption et l'élimination du bromure ; c'est ainsi que la plupart des malades peuvent être maintenus sans crise, sur les limites de la saturation bromurée, avec des doses beaucoup moindres qu'on n'a coutume d'en donner. Le même auteur a bien montré de quelle importance est le régime alimentaire dans le traitement du haut mal. Il suffit, en effet, de mettre bon nombre de comitiaux à un régime d'aliments de digestion facile, et de leur faire boire de l'eau ou du lait pour raréfier leurs accès et en atténuer l'intensité, les doses de bromure demeurant les mêmes.
La chirurgie s'occupe du traitement de l'épilepsie. Championnière a obtenu par la trépanation des résultats encourageants, non seulement chez des gens atteints d'épilepsie symptomatique (exostoses, tumeurs), mais encore chez des gens atteints d'épilepsie franche.
1. Richet et Toulouse. Académie des sciences, 20 novembre 1899.
2. Gilles de la Tourelle, La Semaine médicale, % octobre 1900.
3. Maurice de Fleury Recherches cliniques sur l'épilepsie et sur son traitement, 1900.
EPILEPSIES SECONDAIRES ETATS EPILEPTIFORMES
Après avoir étudié l'épilepsie essentielle, passons en revue les épilepsies secondaires :
Dans une première classe on peut ranger les épilepsies secondaires avec lésions plus ou moins grossières de l'encéphale. En première ligne je citerai l'épilepsie associée à Y hémiplégie cérébrale infantile consécutive à la parencéphalie, aux lacunes cérébrales, à la sclérose lobaire. Voici, en pareil cas, comment les choses se passent : peu de mois après sa naissance, un enfant est pris de fièvre, de convulsions et d'hémiplégie. Puis l'orage disparait, l'hémiplégie s'améliore graduellement, l'intelligence reste à peu près normale, lorsque quelques années plus tard, ou à un âge plus avancé, au moment de l'adolescence, apparaissent les attaques d'épilepsie *. Peut-être l'épilepsie se développet-elle alors sous l'influence d'une infection secondaire2. L'épilepsie consécutive aux tumeurs cérébrales (gliome, sarcome, kystes, tuberculose, syphilis), à la paralysie générale, aux scléroses descendantes du mésocéphale, rentre dans la même catégorie.
A une seconde classe appartient l'épilepsie secondaire d'origine toxique (encéphalopathie saturnfne, urémie). Nous avons vu, en décrivant l'urémie convulsive, que les accès d'épilepsie brightique simulent, à peu de chose près, l'épilepsie vraie.
Dans une troisième classe prend place l'épilepsie secondaire d'origine réflexe (corps étrangers de l'intestin, lombrics, taenia). Nous avons publié avec Krishaber l'observation d'un jeune garçon qui avait avalé des noyaux de prune. Il fut pris de convulsions épileptiformes et mourut. A l'autopsie nous avons trouvé les noyaux accumulés dans la dernière partie de l'iléon.