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Pitres. Anesthésies hystériques. Bordeaux

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par l'application de plaques d'or ou d'étain : l'une est « sensible à l'or, l'autre au cuivre ». Ces métaux développent un courant et n'agissent qu'à la condition de n'être pas purs; on obtient du reste les mêmes résultats par l'application d'un courant galvanique ou d'un aimant.

Ces différents moyens n'agissent pas seulement sur l'hémianesthésie des hystériques : ils agissent aussi sur l'hémianesthésie qui accompagne les intoxications (alcoolisme et saturnisme) et les lésions cérébrales; il n'y a même à noter que l'amélioration, qui est généralement passagère dans l'hémianesthésie hystérique, peut être permanente dans les autres cas1.

Hyperesthésies , névralgies. — Les hystériques sont sujettes à des douleurs variées qui intéressent la peau, les muscles, les articulations et les viscères. Le clou hijslérique est une douleur térébrante qui siège au niveau de la suture sagittale. La céphalalgie des hystériques serait, suivant des avis différents, une hyperesthésie musculaire (Briquet), une névralgie, une migraine; elle est quelquefois caractérisée par un point douloureux à la tempe; mais, quelle que soit la forme de cette céphalalgie, son apparition comme symptôme tenace chez les jeunes filles voisines de la puberté est un indice fréquent d'hystérie. La rachialgie est une hyperesthésie des muscles du rachis et des vertèbres, elle est étendue à toute la masse des muscles sacro-lombaires et long dorsal, ou limitée à l'une des régions du rachis; la douleur rachialgique est facilement provoquée par la pression sur les apophyses épineuses ou sur les muscles.

On trouve chez les hystériques des zones hystérogènes ou plaques hystérogènes, c'est-à-dire des régions qui sont douées d'une sensibilité spéciale et permanente.- Avant l'attaque, ces points présentent une exacerbation douloureuse qui fait partie de l'aura. On peut même provoquer l'aura par la pression ou par le frottement des pla-

1. Aigre. Métalloscop. métallothérap. externe. Th. de Paris, 1879.

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ques hysférogènes, et si l'on insiste on arrive parfois h provoquer l'attaque d'hystérie aussi sûrement que par ia pression de l'ovaire. Réciproquement, l'attaque d'instérie peut être arrêtée par une énergique pression provoquée sur les plaques hystérogènes. Ces zones hyslérogènes sont très nombreuses, elles existent à la tète au niveau du bregma, à l'appendice xiphoïde du sternum, sous les seins, à l'angle de l'omoplate, à la région lomba're, à la région ovarienne, au testicule chez l'homme, aux bias, aux jambes1, etc.

On a décrit également des zones idéogènes qui ne sont habituellement actives qu'à l'état hypnotique*. L'excitation de la zone d'extase située de chaque côté du vertex met la malade dans l'attitude de l'extase; l'excitation des zones de babillage, siégeant au niveau des apophyses mastoïdes, fait parler la malade avec une vivacité, une volubilité extraordinaires; l'excitation de la zone de rire, au niveau de la protubérance occipitale externe, détermine un rire convulsif et bruyant que rien ne peut interrompre.

Les femmes hystériques sont sujettes à des névralgies intercostales et à des douleurs viscérales, gastralgie, hépatalgie, ovarie, hystéralgie, que nous allons retrouver à l'étude de chaque organe. Elles ont des crises douloureuses comparables à V angine de poitrine*, des douleurs abdominales dues à l'hyperesthésie de l'ovaire, et des névralgies de la paroi de l'abdomen; ces symptômes, joints au météorisme exagéré du ventre, forment un ensemble clinique nommé fausse péritonite. On se gardera bien de confondre cet état avec Y appendicite.

Aphonie. Mutisme.' Aphasie. — Je groupe dans un même paragraphe l'aphonie, le mutisme et l'aphasie hystériques, afin de pouvoir mieux opposer ces différents troubles et montrer en quoi ils diffèrent. Cette étude est tirée des

1. Gaube. Recherches sur les zones hystérogènes. Th. de Bordeaux, ISS2.

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