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Pitres. Leçons cliniques sur l'hystérie

3. Marie. Angine de poitrine dans l'hystérie, Revue de mêd., avril 1^82. — Leclerc. Th. de Paris, 1387.

leçons de Chafcot*. L'aphonie hystérique, comme foutes Ie3 aphonies, est caractérisée par la perte de la voix: le laryn's ne peut plus émettre les sons nécessaires à la voix. La parole persiste, la parole à voix basse, le chuchotement qui est le produit de la langue et des lèvres et qui n'a rie;! à voir avec le larynx. L'aphonie est due à la paralysie des muscles vocaux laryngés; le son est absolument perdu ce qui n'empêche pas la toux d'être parfois bruyante. L'aphonie hystérique survient brusquement à l'occasion d'une cause morale quelconque ou après un accès convulsif • elle dure quelques jours, quelque» semaines, et disparaît comme jlle est venue, parfois à l'occasion d'une émotion morale Les hystériques aphones ont souvent une plaque d'anosthesie cutanée aux régions sus et sous -hyoïdiennes*. L aphonie hystérique guérit par toutes les médications (electnsation, aimantation, métallothérapie) ou résiste à tous les moyens.

Le mutisme hystérique débute soudainement, à la suite d une frayeur, d'une émolion, d'une attaque convulsive ou sans cause apparente; il peut durer des semaines, 'dos mois, des années, il guérit toujours, et soudainement, mais il est sUjet aUx récidives. Comme toutes les manifestations de 1 hystérie, il est plus fréquent chez la femme, mais on 1 observe également chez l'homme. La muette hystérique est a la bis aphone et muette; aphone, c'est-à-dire que son larynx ne peut proférer aucun son; muette, c'est-à-dire quelle est absolument privée de la parole, elle ne peut articuler aucun mot, même à voix basse, elle ne peut pas chuchoter, et cependant elle a conservé tous les mouvements de la langue et des lèvres; elle peut siffler et souffler, mais elle ne peut ni coordonner ni imiter les mouvements qui servent à l'articulation des mots. Sous ce rapport le sujet atteint de mutisme hystérique rappelle le tableau de I aphasie motrice organique, mais le mutisme hysté-

i. Charcol. Progrès mnî., 15 novembre 1886

2. Thaon. Hystérie et larynx. Annales des mal du larynx, 1881, n* t.

rique diffère de l'aphasie organique par bien des côtés, et sans parler des autres troubles, tels que l'agraphie, la cécité et la surdité verbales, qui rentrent plus ou moins dans le domaine de l'aphasie, le sujet atteint d'aphasie organique, même la plus complète, peut pousser des cris, émettre des sons; il n'est pas aphone; il peut même prononcer quelques syllabes, quelques mots : il n'est pas muet.

Le muet hystérique a son intelligence et sa lucidité, il écrit avec facilité, il se fait comprendre par gestes, deux choses rares chez l'individu atteint d'aphasie organique. Donc la conservation intacte de l'écriture, de la mimique, de l'intelligence, chez un individu, homme ou femme, devenu subitement aphone et muet, sont autant de signes qui permettent d'affirmer la nature hystérique du mutisme. Il faut ajouter que ce diagnostic est presque toujours confirmé par d'autres stigmates de l'hystérie, hémianesthésie, anesthésie pharyngée, troubles sensoriels, troubles oculaires, zones hystérogènes, facilité de provoquer la contracture d'un membre par l'application d'un lien circulaire. D'autre part, la réunion ou l'absence de ces différents signes permet de reconnaître les simulateurs.

Le mutisme peut être facilement provoqué chez les hystériques hypnotisables, et il se reproduit avec tous ses caractères précédemment énumérés; ce syndrome artificiel, provoqué pendant la période de somnambulisme, persiste quand le sujet est réveillé, a C'est dans l'écorce grise des hémisphères cérébraux qu'il faut chercher la lésion dynamique d'où dérivent les symptômes dont il s'agit, et le mécanisme qu'il convient d'invoquer ici n'est autre chose que celui qui, suivant nous, rend compte de la production des paralysies dites psychiques ou mentales. » (Charcot.)

V aphasie avec ses caractères vrais a quelquefois été observée chez les hystériques1; elle est habituellement associée à l'apoplexie hystérique.

Apoplexie hystérique. — Gliniquement, l'apoplexie hysté-

|. David. Aphasie hystérique. Th. de Taris, 1884.

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rique a tous les caractères de l'apoplexie de cause organique (Debove); apoplexie avec ou sans aphasie, avec hémiplégie et presque toujours avec hémianesfhésie. L'hémianeslhésie est même un symptôme saillant, tandis que l'hémiplégie est peu prononcée. Toutes les conséquences de l'attaque, hémianesthésie, hémiplégie, hémkhorée., contracture, sont facilement curables par les esthésiogènes1. • Troubles psychiques9. — - La femme hystérique est exagérée en toute chose, volontiers elle se donne en spectacle; et pour se rendre intéressante elle imagine toute sorte de simulations, elle est capable des actes les plus répugnants. Les hystériques sont souvent malicieuses, perverses, dissimulées, menteuses; certaines mentent avec une ténacité et une effronterie inouïes ; elles sèment partout la brouille et la discorde ; elles ne savent qu'inventer pour qu'on s'occupe (relies; elles simulent un suicide, elles jettent le désespoir dans leur famille en annonçant qu'elles veulent se tuer, alors qu'elles n'en ont aucune envie; elles s'accusent d'actes qu'elles n'ont pas commis, elles portent conlre autrui de fausses accusations de vol et de meurtre, elles se disent victimes d'attentats et de viol, et elles font traîner des innocents devant les tribunaux, quand elles ne les ont pas fait monter sur un bûcher, comme ce malheureux Urbain Grandier que les religieuses ursulines deLoudun accusaient de crimes imaginaires. La plupart des hystériques ont des hallucinations pendant l'attaque convulsive; chez certaines, les hallucinations persistent en dehors des attaques : ainsi, telle femme, calme et tranquille, occupée à lire ou à travailler, se lève brusquement, pousse des cris, croyant voir des bêtes fantastiques sur le mur ou sur le parquet.- Le délire erotique et religieux leur est familier et les conduit parfois à la démence.

L'hystérie rend les sujets particulièrement aptes à la neurasthénie, aux suggestions et à l'hypnotisme, questions qui seront étudiées dans les chapitres suivants.

1. Achard. Apoplexie hystérique. Arch. de méd., janvier et février 1887.

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