Krishaber. Névropathie cérébro-cardiaque
(Huchard1); c'est ce qui explique sa fréquence chez les hys* toriques et les diabétiques, sa coexistence avec la gravelle, la lithiase biliaire, le rhumatisme, la goutte; ses associations avec le tabès, le goitre exophthalmique, la paralysie générale, elc.
Un des neurologistes qui se sont le plus spécialement occupés de cette question, de Fleury 2, a publié récemment un travail intéressant à ce point de vue. Voici quelle est sa conception de la neurasthénie. La théorie gastro-intestinale ne lui paraît pas admissible. Les troubles digestifs si fréquents chez les névropathes ont une action secondaire incontestable sur le cerveau; mais ils proviennent euxmêmes d'un défaut d'innervation. La neurasthénie n'est pas non plus une simple maladie de l'imagination; ses symptômes ne sont pas comparables à ceux de l'hystérie, qui naissent sous l'empire d'une idée fixe, et qui s'évanouissent sous l'influence de la suggestion. Pour de Fleury, la neurasthénie serait, primitivement, une fatigue des centres nerveux, déterminant, dans tous les organes, une diminution de la tonicité musculaire et de la sécrétion glandulaire. Chaque partie de l'économie fonctionnant avec langueur, les nerfs de sensibilité apportent au cerveau la notion continue de faiblesse, de pauvreté vitale, et c'est la conscience de cet état physique très réel qui constitue Tétât mental neurasthénique, fait de tristesse, de crainte et d'apathie intellectuelle.
Symptômes. — La neurasthénie présente un certain nombre de symptômes fixes, véritables stigmates, par analogie avec les symptômes équivalents de l'hystérie (Bouveret3).
Dans ce groupe doit être rangée la céphalée, le plus constant de tous les stigmates. Elle siège habituellement sur le front et l'occiput; comparable à la pression d'un casque lourd