Trousceau. Clinique médicale, t. II, p
arrêter plus longtemps. Ces relations avaient été nettement établies par Botrel en 1850. Pour Sée la diathèse rhumatismale crée la chorée, au même titre qu'elle engendre les douleurs articulaires ou l'endocardite. La chorée peut même atteindre directement le cœur sans que le sujet ait nécessairement à subir la phase des douleurs articulaires. En d'autres termes, chorée, endocardite et rhumatisme articulaire sont des manifestations de la diathèse rhumatismale : elles s'appellent, se suivent ou se remplacent, et la manifestation articulaire « est l'associée qui porte la plus grosse part » (Roger1). Dans sa leçon sur la danse de Saint-Guy, Trousseau rapporte une série d'observations concernant l'association du rhumatisme, de la chorée et de l'endocardite : « En bien des circonstances, dit-il, j'ai pu prédire que la danse de Saint-Guy affecterait des enfants que je voyais atteints de rhumatisme. De plus, j'ai pu prédire réciproquement que des enfants que l'on m'amenait affectés de la danse de Saint-Guy auraient tôt ou tard du rhumatisme. Toutefois vous verrez rarement la chorée précéder le rhumatisme, tandis que souvent elle lui succède, et cela dans la proportion du tiers des cas. »
Aux conclusions précédentes Broadbent a opposé une autre théorie; il admet que les relations delà chorée et des affections du cœur suivent une filière toute différente; l'endocardite rhumatismale est la première en date; cette endocardite donne naissance à des embolies capillaires, et ces embolies capillaires, par leurs localisations cérébrales, déterminent la chorée2. Cette théorie n'est pas acceptable, ne serait-ce que par la seule raison que la chorée éclate le plus souvent sans endocardite préalable.
D'après quelques auteurs, le rhumatisme ne jouarait pas dans la chorée le rôle prépondérant qu'on lui avait attribué. Chez bien des choréiques, disent-ils, la diathèse rhumatismale fait défaut et du reste, quelles que soient les causes qui con-