Roger. Arch. de méd., janvier
2. Voyez pour cette discussion : Jaccoud. Clinique de Lartboiêière. l'aris, 1872, p. 163.
iribuent au développement de la ehoree, elle est surtout une névrose cérébro-spinale de croissance, une névrose d'évolution, ayant ce trait commun avec la chlorose qui, elle aussi, se développe de préférence au moment de la puberté (Joffroy). Marie pense que la chorée a les liens les plus étroits avec Yhyslérie. A cela Marfan répond : « J'ai donné des soins à un grand nombre d'enfants et je n'ai jamais rencontré l'hystérie ni aucun stigmate d'hystérie. » D'après Marfan1 la chorée succède presque toujours à une autre maladie; elle est généralement précédée d'une maladie infectieuse aiguë : lièvre typhoïde, rougeole, grippe, oreillons, ou mieux encore d'un rhumatisme, qui est la maladie infectieuse la plus choréigène.
Voici comment je comprends la question : Il est indéniable que l'association de la chorée et du rhumatisme, avec ou sans endocardite, est une chose des plus fréquentes; mais je ferai remarquer que dans cette association, il s'agit surtout du rhumatisme des enfants ou des adolescents. Cetle clause me paraît importante. Je ne vois pas, en effet, qu'un adulte atteint de rhumatisme soit par cela môme candidat à la chorée; il a l'endocardite, il n'a pas la chorée. J'ai soigné des quantités de gens de 20, 30,40 ans, atteints de rhumatisme articulaire aigu, et je n'ai pour ainsi dire jamais vu leur rhumatisme suivi de chorée. Néanmoins quelques-uns avaient été choréiques dans leur enfance. En résumé, le rhumatisme choréigène, c'est le rhumatisme de l'enfance; quand je vois un enfant pris de rhumatisme articulaire, je pense à la chorée pour plus tard; cette idée ne me vient pas quand il s'agit d'un adulte.
Les complications cardiaques de la chorée consistent surtout en endocardites mitrale et parfois aortique ; l'endocardite est souvent végétante ; nous reviendrons sur cette complication au chapitre suivant à propos des chorées mortelles. L'attaque de rhumatisme articulaire n'est pas l'inter-
1. Jl.irfan. Étiolo-ie et pathogénie de la chorée commune, etc. la Semaine médicale, \" mai 1897.
méàmre indispensable entre la chorée et l'endocardite; on voit des choréiques qui n'ont jamais été rhumatisants et chez lesquels la chorée seule, a déterminé l'endocardite. Il est donc nécessaire d'ausculter les choréiques, afin de ne pas laisser inaperçues les complications cardiaques.
La grossesse1 a une influence marquée sur le développement de la chorée (chorca gravidarum) ; mais il s'y joint fréquemment quelque cause déterminante, telle que frayeur, émotion, imitation, traumatisme. La maladie apparaît dans les quatre premiers mois de la gestation, parfois plus tard, même au moment de l'allaitement, et il n'est pas rare qu'elle se reproduise à chaque nouvelle grossesse. Les primipares y sont particulièrement prédisposées. La danse de Saint-Guy disparaît d'habitude -après l'accouchement; néanmoins, chez une femme grosse atteinte de chorée, il faut réserver le pronostic, vu la possibilité d'un avortement et d'un accouchement prématuré : il faut tenir compte également des troubles fréquents des facultés mentales.
Diagnostic. Traitement. — Le diagnostic de la danse de Saint-Guy doit être fait avec Yhémichorée symptomatique. Celle hémichorée, qui est généralement associée à l'hémianesthésie et à l'hémiplégie, paraît coïncider avec la lésion du pied de la couronne rayonnante, en un point voisin de la région dont la lésion produit l'hémianesthésie2.
Uathctose (Hammond) est caractérisée par un mouvement continu des doigts et des orteils et par l'impossibilité de les tenir en repos; c'est une variété de l'hémichorée posthémiplégique, c'est un mouvement choréiforme3.
La ckôrée hystérique doit nous arrêter un instant, car l'association de la chorée et de l'hystérie peut se faire de différentes manières. Tantôt le sujet atteint de danse de Saint-Guy, de chorée vulgaire, est franchement hystérique; tantôt, l'hystérie est moins manifeste, mais on en retrouve