Voy. Grasset. Mal. du syst. nerv
des stigmates indéniables, tels que : points douloureux hystérogènes, possibilité du transfert, rétrécissement du champ visuel, hémianesthésie (Marie). Dans ces différents cas l'association morbide se fait entre l'hystérie et la chorée vulgaire, et le malade est atteint de chorée arhythmique, à mouvements contradictoires et illogiques; mouvements qui ne présentent aucune cadence et qui ne répondent « à aucun mouvement expressif ou professionnel1 ». Mais en opposition à cette variété de chorée, doublée d'hystérie, il faut placer une autre variété de chorée hystérique dans laquelle l'hystérie a la plus large part, car c'est elje qui donne aux mouvements choréiques leur signification; cette variété, encore nommée grande chorée, chorée rhythmique hystérique, est caractérisée, non plus, comme la précédente, par des mouvements désordonnés, mais par des mouvements systématiques, rhythmés, cadencés, mouvements de danse, ou mouvements professionnels (mouvements du forgeron). Telle malade a des mouvements d'épaule, des mouvements de flexion et d'extension du tronc. « On dirait l'image d'une salutation profonde et répétée, rendue ridicule par sa répétition même et par son exagération2. » Cette chorée rhythmique hystérique peut se prolonger des mois et des années; dans quelques cas, au contraire, elle cesse brusquement.
Sous le nom de chorée électrique, Dubini a décrit une affection caractérisée par des crises de secousses rapides, accompagnées d'accélération du pouls, d'élévation de température et se terminant habituellement par une attaque d'apoplexie. « On peut discuter si c'est une forme particulière de typhus cérébro-spinal ou une méningite anormale, mais ce qui est certain, c'est que ce n'est point une chorée » (Jaccoud).
La dénomination de chorée électrique a été donnée également à une névrose convulsive rhythmique, différente de la chorée, et surtout fréquente chez les enfants. Plusieurs fois
t. Lannois. Monographie des chorées. Th. d'à gré g. Paris, 1886. 2. Charcot. Chorée rhythmique. Progrès méd., 1878, n' 6.
par minute, le petit malade est pris de spasmes musculaires subits et rapides comme une décharge électrique; la tête est brusquement projetée en arrière ou en avant ; chez un autre, le spasme consiste en une brusque élévation des épaules ou une projection des bras en avant. Un vomitif au tartre stibié fait parfois disparaître du premier coup ces mouvements choréiformes1.
Sous le nom de chorée variable (Brissaud2), on a décrit une chorée qui, dans sa période initiale, affecte les allures d'une chorée franche, et qui plus tard se modifie, et s'accompagne de mouvements complexes, polymorphes et variables. Après rémissions et reprises soudaines, les mouvements deviennent plus rares, plus brusques, plus limités, se répétant presque toujours sous la même forme et ressemblant à la maladie des tics, La chorée variable est de nature essentiellement dégénéralive; elle se montre surtout à l'époque de la puberté.
La danse de Saint-Guy doit être distinguée des fausses chorées, telles que les crampes, les tics et les « impulsions locomotrices systématiques » (Jaccoud), qui n'ont rien de commun avec la vraie chorée. La plupart de ces états morbides, chorea sallatoria' et festinans, la chorée rotatoire ou oscillatoire, diffèrent de la chorée en ce que les mouvements anormalement produits ne sont pas continus et peuvent même être suspendus ou retardés par un effort énergique de la volonté. Or la volonté ne suspend jamais les mouvements choréiques; au contraire, elle les exagère.
L'état convulsif décrit parFriedreich sous le nom deparamyoclonus multiplex, et chez nous sous le nom de myoclonies rhythmiques, doit être distingué de la chorée de Sydenham. Cette maladie est caractérisée par des convulsions cloniques, brusques, involontaires, habituellement sans déplacement du membre convulsé ; les convulsions se répètent à intervalles inégaux et occupent généralement