Gaiezcrwski. Gaz kebei., 1878, p
Dans ses formes violentes, la migraine ophthalmique est accompagnée d'embarras de la parole, d'aphasie passagère, d'engourdissement, de fourmillements, de secousses, de parésie, dans un côté du corps; on a même signalé des convulsions épilepliforrnes1. Bien que la migraine ophthalmique ne soit pas d'un pronostic grave, il faut savoir néanmoins que, dans quelque cas, elle a été le signe avantcoureur d'ataxie locomotrice et de paralysie générale (Charcot2).
Êtiologie. — Diagnostic. — Qu'on la considère comme névrose ou comme névralgie, îa migraine est rarement une maladie isolée; elle se rattache presque toujours à la diathèse arthritique ou goutteuse, dont elle n'est qu'une manifestation; elle est héréditaire comme les maladies diathésiques. Tel individu migraineux dans son enfance sera plus tard exposé aux autres manifestations de la diathèse, aux dartres, à l'asthme, à la gravelle, à la goutte (Trousseau). Le rhumatisme, la chorée et la migraine ont entre eux d'étroites relations. La migraine fait habituellement son apparition dans le jeune âge; quand on n'a pas eu la migraine, arrivé à l'âge de vingt-cinq ans, on est à peu près certain d'en être quitte. Les accès de migraine reviennent souvent sans cause appréciable; d'autres fois, ils sont rappelés par des causes diverses, veilles prolongées, digestions pénibles, certaines odeurs, lumière vive, période menstruelle, excès de travail, changement de temps.
La cause anatomique de la migraine a été diversement interprétée; on l'a attribuée à une excitation du sympathique (Dubois-Reymond), à la paralysie du sympathique (Mollendorff), à la névralgie des branches méningées du nerf trijumeau3.
Les caractères de la migraine sont si nets qu'il n'est pas possible de confondre la céphalalgie du migraineux avec
t. Rauilet. Migraine ophthalmique. Th. de Paris, 1885, % Foré. Migraine ophtlialmique. Revue cleméd., août 1881. 3. Grasset. Maladie du syst. nerv., 1886. — Sarda. Des migraines. Th. d'agrégation. Paris, 1886.
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aucune autre céphalalgie (céphalalgie des tumeurs cérébrales, céphalée de croissance, céphalée syphilitique et hystérique, douleurs de la méningite). Cependant, faute d'altention suffisante, on commet des erreurs de diagnostic. On qualifie trop facilement du nom de migraine des céphalées qui n'en ont pas les vrais caractères; c'est ainsi qu'on méconnaît trop souvent les céphalées de croissance, les céphalées persistantes, parfois paroxystiques, qui sont chez les enfants, ou chez les adolescents, l'apanage de la syphilis héréditaire tardive; on méconnaît trop souvent les céphalées qui prennent parfois, chez les brighliques, chez les urémiques, une importance prépondérante. Si j'insiste sur ce point, c'est qu'on a l'habitude, dans les familles, de parler « de migraines » à tout propos, et alors que les céphalées ainsi qualifiées n'ont rien de commun avec la migraine.
Les différents traitements qu'on a proposés contre la migraine sont nombreux. Comme traitement de Y accès de migraine, on a conseillé les injections sous-cutanées d^ morphine, l'antipyrine soit en potion (2 à 4 grammes), soit en cachet, le pyramidon (50 centigrammes); l'aspirine (1 gramme) ; les pulvérisations d'éther et de chlorure de méthyle sur la région ciiio-spinale; l'application d'un diapason électrique sur le front; le massage, etc.
Comme traitement général, l'hydrothérapie et les bromures à haute dose constituent les moyens les plus efficaces. On peut leur adjoindre les alcalins, les arsenicaux, les ferrugineux. Il y a des cas (alternance goutteuse) où les préparations salicylées donnent de bons résultats.