Brissaud et Sicard. Soc. méd. des hôp., mai
2. Achard, Loeper, Laubry. Soc. méd. des hôp., juillet 1901. S. Barié. Zona chez les tuberculeux. Gaz. hebd., 1887, n° 20.
forent les muscles de la gouttière vertébrale pour s épanouir dans la peau, et des branches antérieures qui forment le plexus lombaire. Le plexus lombaire fournit des branches collatérales, siège de la névralgie lombo-a b domina le , et des branches terminales dont la plus importante, le nerf crural, est le siège de la névralgie crurale.
1° La névralgie lombo-abdominale est la névralgie des branches collatérales du plexus lombaire : élancements douloureux, douleur à la pression, hyperesthésie, se rencontrent ici comme dans toute névralgie. La névralgie de la branche iléoscrotale a ses points douloureux vers le milieu de la crête iliaque (point iliaque), à la sortie du canal inguinal (poini inguinal), à la terminaison du nerf dans le scrotum ou dans la grande lèvre. La névralgie de ce nerf comprend l'affection qui avait été décrite sous le nom de irritabile testis (Cooper), névralgie testiculaire, souvent accompagnée d'une sensation syncopale, qui pourrait faire admettre que le nerf grand sympathique participe à la névralgie.
La névralgie de la branche fémoro-cutanée a un point douloureux vers l'épine iliaque antéro-supérieure.
2° La névralgie crurale ou fémoro-prétibiale (Chaussier) siège à la partie antéro-interne de la cuisse et du genou, et à la partie interne de la jambe et du pied. Les points douloureux principaux sont le point inguinal, à l'endroit où le nerf sort sous le ligament de Fallope, en dehors de l'anneau crural, les points où les branches du nerf musculocutané perforent le couturier, un point au niveau du condyle interne. Dans la névralgie crurale, la marche est souvent pénible et douloureuse.
§ 8. NÉVRALGIE SCIATIQUE. - SCOLIOSES.
La névralgie sciatique, plus commune que la névralgie faciale, et aussi commune que la névralgie intercostale, est une des plus importantes. Le nerf sciatique naît du plexus lombaire et du Dlexus sacré par des racines dont l'atteinte
détermine une variété spéciale, la sciatique radiculaire, qui sera étudiée au chapitre des Radiculites. La sciatique sort du bassin par la grande échancrure sciatique et le point fessier qui correspond à ce niveau est principalement dû à la névralgie du petit nerf sciatique, si souvent associée à la névralgie sciatique proprement dite. Le grand nerf sciatique passe entre l'ischion et le grand trochanter [point trochantérien), et, arrivé au creux poplité, il se divise (point poplité) en poplité interne et poplité externe, qui contourne la tête du péroné (point péronier). Les branches terminales cutanées du sciatique se rendent à la peau de la jambe et du pied, moins leur partie interne (points malléolaire externe et plantaire).
Description. — La douleur de la névralgie sciatique est continue et paroxystique. Elle éclate sous formes à'accès, qui sont réveillés par la marche, par la chaleur du lit; les élancements douloureux partent de divers points et sillonnent le membre (pied, jambe, genou, fesse). Au moment des accès, les irradiations douloureuses suivent les branches collatérales du plexus sacré, les branches du plexus lombaire et les nerfs intercostaux. En dehors des accès, le malade éprouve une sensation d'endolorissement, 'l'engourdissement, de fourmillement, de brûlure. 11 y a de Thyperesthésie cutanée, ou de l'aneslhésie, si la névralgie est invétérée. On peut provoquer la douleur à la pression sur les points déjà indiqués, ou sur le trajet du nerf, à la partie postérieure de la cuisse; quand on redresse la jambe atteinte de sciatique en la pliant en même temps, le malade n'éprouve qu'une très légère douleur; mais si on relève la jambe étendue, il pousse un cri de souffrance (Lasègue). Quelques malades se plaignent de crampes, de secousses douloureuses dans les muscles de la jambe et de la cuisse : quelques-uns ont du zona, certains ont un affaiblissement musculaire.
Le système musculaire est quelquefois atteint de lésions atrophiques dans le membre afl'eclé de sciatique; il ne s'agit pas d'un simple amaigrissement dû à l'inertie des masses musculaires, mais d'une atrophie musculaire qui
peut être masquée par une hypertrophie de la peau et par le développement du tissu cellulaire sous-cutané. Ces troubles trophiques seraient sous la dépendance de l'état anatomique du nerf; nuis ou peu accusés dans les cas de névralgie simple et très marqués dans les cas de névrite1. L'intensité graduellement croissante delà douleur, l'engourdissement et les fourmillements précédant les douleurs aiguës, la douleur propagée au tronc même du nerf, seraient autant de symptômes en faveur de la névrite.
Scolioses. — Au cas de sciatique intense ou invétérée, l'attitude du malade examiné nu et debout est caractéristique. On observe souvent une scoliose croisée et parfois une scoliose homologue. Dans la scoliose croisée , qui est la plus fréquente, l'incurvation latérale du rachis et du tronc, l'abaissement de l'épaule se font du côté opposé à la sciatique. Prenons pour exemple une sciatique gauche : le tronc est incliné à droite, la colonne lombaire décrit une courbe à concavité droite, la main droite descend plus bas que la gauche, le membre inférieur gauche est demi-fléchi, le pli fessier gauche est remonté.
C'est « la position que prend d'instinct le malade atteint de sciatique pour soulager le membre douloureux; il l'allège en déplaçant le centre de gravité, et la hanche du côté malade devient saillante2 ». Quand la scoliose est très accentuée, le rebord costal vient au contact du bassin. Du reste, le degré de la scoliose est généralement en rapport avec l'intensité de la douleur. A la longue, cette scoliose croisée, qui au début est une attitude instinctive destinée à soulager la douleur, devient une attitude permanente et peut persister des semaines et des mois après la disparition de la sciatique, comme si les muscles avaient pris l'habitude de rester contractures.
Parfois la scoliose est homologue; homologue veut dire que la scoliose est du même côté que la sciatique. La
1. Lasègue. Arch. de méd., 1861. — Landouzy Arch. d*> wrd., 187*5. v2. Phulpin. La sciatique ; scoliose homologue et alternante. Th. de Paris
planche suivante montre l'attitude d'un de mes malades atteint d'une vieille sciatique droite syphilitique avec scoliose homologue. Il en sera question au chapitre suivant. On y voit la flexion de la jambe droite malade, l'abaissement du pli fessier, l'incurvation du rachis et du tronc à droite, ainsi que la saillie de la hanche gauche.
Au premier abord ce fait semble paradoxal, car en pareil
cas le poids du corps porle sur le membre douloureux. Il esl vrai que le sujet y remédie en partie, en faisant saillir follement la hanche saine, grâce à une courbure de compensation. En pareil cas, le malade, dit Brissaud1, a a l'attitude d'un individu qui porle un seau d'eau à bout de bras en évitant de se mouiller ».
Pour qu'un malade atteint de sciatique ne se laisse pas aller à l'attitude instinctive de la scoliose croisée, pour qu'il se laisse entraîner malgré lui à l'attitude paradoxale de la scoliose homologue, il faut une raison, car la. scoliose homologue, malgré la courbure de compensation, rend la marche plus difficile et plus douloureuse. Quelle est donc la cause de la scoliose homologue? La voici d'après Brissaud: