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Apert. Soc. mèd. des hôp., 22 juillet

sous-épineux paraissaient aussi volumineux que leurs homonymes du côté opposé; ie biceps était encore apparent, mais impuissant à fléchir l'avant-bras, les muscles épicondyliens formaient une masse encore très appréciable, surtout à leur partie supérieure, mais les épitrochléens avaient disparu, ainsi que les extenseurs. Enfin le grand et le petit pectoral étaient atrophiés; le malade ne pouvait approcher le bras du tronc. A la main, Téminence thénar était à peine appréciable. Il n'y avait pas de troubles de sensibilité. On trouvait en plus un des signes caractéristiques d'une lésion des racines brachiales inférieures, à savoir les phénomènes oculo-pupilîaires (myosis, diminution du réflexe pupillaire, rétrécissement de la fente palpébrale). Le diagnostic de paralysie radiculaire inférieure s'imposait donc.

Queique temps plus tard le malade succomba aux lésions de sa phthisie pulmonaire. A l'autopsie, on constate Y arrachement de la 8e paire cervicale et de la lre dorsale; la dissection du bras montre l'intégrité des muscles sus et sousépineux, sous-scapulaire, petit rond, sous-clavier, deltoïde, biceps, long supinateur, radiaux, et court supinateur; tous les autres muscles du bras sont complètement atrophiés et dégénérés; les pectoraux (y compris le chef claviculaire), le grand rond, le grand dorsal, le coraco-brachial, le triceps, les muscles épitrochléens, les fléchisseurs et les extenseurs des doigts, les muscles de la main ont disparu; leurs tendons, encore reconnaissables, se perdent dans un tissu d'apparence fibreuse, grisâtre, filamenteux, dans lequel il est impossible de retrouver une apparence de muscles.

La localisation de ces atrophies musculaires, on le voit, ne répond nullement au territoire d'une branche nerveuse du bras; en effet, parmi les muscles atrophiés, il en est qui reçoivent leur innervation du cubital (hypothénar, fléchisseurs, etc.), d'autres la reçoivent du médian (thénar, épitrochléens), d'autres du radial (triceps, extenseurs); d'autres la reçoivent de nerfs propres (pectoraux, grand rond}; un même nerf, le radial, fournit à la fois à des inusetes

qui sont restés sains (long supinateur, radiaux) et à des muscles qui se sont atrophiés (triceps, extenseurs). Il n'y a donc aucune superposition entre le territoire musculaire atrophié et la distribution d'un tronc nerveux. Il y a, au contraire, relation intime entre les territoires musculaires atrophiés et la distribution d'une ou plusieurs racines du plexus brachial. Nous voyons, en effet, que le territoire atrophié répond exactement à la zone de distribution que les travaux de Féré et de Ferrier ont attribuée aux deux racines inférieures du plexus brachial.

Marche. — D'après Rendu, les paralysies radiculaires débuteraient par une période douloureuse plus ou moins accentuée, et qui dans certains cas passe inaperçue; les troubles moteurs apparaîtraient ensuite et s'accompagneraient d'atrophie au bout de quelques jours. Souvent au début la paralysie est totale, puis elle se localise pour revêtir soit le type supérieur, soit le type inférieur. Elles présentent dans leur évolution les mêmes caractères que les paralysies périphériques : légères, elles durent trois et six semaines; graves, elles sont souvent persistantes.

Diagnostic. — Elles peuvent être confondues avec les paralysies consécutives à un traumatisme de l'épaule (luxation, fracture), mais dans celles-ci les muscles de la ceinture scapulo-humérale sont seuls lésés et l'articulation de l'épaule est atteinte d'ankylose; les paralysies hystéro-traumatiques (Charcot) surviennent en général six, huit, dix jours après l'accident, elles s'accompagnent d'anesthésie totale du membre supérieur ou d'hémianesthésie, sont susceptibles de transfert, ne sont pas toujours flasques, ne se compliquent jamais de troubles oculo-pupillaires. Les myélites enfin sont souvent bilatérales; les troubles sensitifs qui les accompagnent ne présentent pas la même topographie : les réflexes sont souvent exagérés et les réactions électriques différentes.

Les paralysies que nous venons d'étudier sont tributaires des révulsifs, de l'électricité et du massage, au même titre que les névrites périphériques, Duchenne a signalé un caf

de paralysie radiculaire qu on soupçonnait due à une esostose syphilitique; le malade guérit rapidement sous l'influence du traitement spécifique1.

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