‹ Manuel de pathologie interneChapitre 390 sur 404 · Grasset. Études clin., Montpellier · texte numérisé non relu

Grasset. Études clin., Montpellier

2. Arnozan. Lésions trophiques consécutives aux maladies du système nerveux. Th. d'agrégat. Paris, 1880. — Leloir. Affections cutanées d'origine nerveuse. Th. de Taris.

quelques types cliniques dont l'origine dytrophiqué ne semble pas faire de doute.

a; Peau. — Les troubles trophiques de la peau sont fréquents. Les érup lions d'herpès affectent parfois la forme particulière du zona, les éruptions eczémateuses, pomphigoïdes, érythémaleuses surviennent à la suite de maladies des nerfs (névrite, névrites périphériques1, névralgie, blessures), à la suite de maladies de la moelle épinière (tabès dorsalis, tumeurs). Les phlyetènes et les eschares à marche rapide (decubitus acutus) s'observent dans les lésions de l'encéphale et de la moelle : aux lésions de l'encéphale (hémorrhagie, ramollissement) appartient l'escharefessière; aux myélites aiguës, infectieuses ou traumatiques appartient l'eschare de la région sacrée. Les eschares à marche lente s'observent dans le mal perforant, plantaire et palmaire2, dans la gangrène symétrique des extrémités5. Le système pileux (décoloration, chute des poils et des cheveux) participe à ces troubles trophiques (névralgie du trijumeau, trophonévrose faciale, hystérie). L'état de la peau qu'on désigne sous le nom de peau lisse et qui aboutit à l'atrophie des glandes sébacées, à l'élat fendillé de la peau, à la sclérose, s'observe dans les lésions des nerfs, dans la sclérodermie. La calcification de la peau a été vue par Rénon et Dufour4 chez un homme atteint de nodosités dures avec pigmentation cutanée et atrophie musculaire; les nodosités étaient conslituées par du phosphate tribasique de chaux et par du tissu fibreux.

Le vitiligo est un trouble trophique de la peau caractérisé par le développement de taches blanches entourées d'une zone d'hyperpigmentation. On le trouve au cours des affections nerveuses les plus variées (Grunspan)5, telles que hys-

1. Giraudeàu. Des névrites périphériques. Arch. de mcd., 1887.

2. Péraire. Mal perforant palmaire. Arch. de méd. Juillet el août 1886. o. De Viville. Gangrène des pieds d'origine nerveuse. Th. de Paris, 1888. A. L. R'énon et Dufour. Dermo-phosphato-fibromatose nodulaire généralisée avec pigmentation de la peau. Soc. méd. des hôp., 6 juillet 1900.

5. Mlle Grunspan. Contribution à Vétiologie du vitiligo. Thèse do Paris, 1907.

térie, aliénation mentale, tabès, syphilis du système nerveux, où il peut coexister avec le signe d'Argyll Robertsoti (Marie et Crouzon).

b. Tissu cellulaire. — Tantôt le tissu cellulaire souscutané disparaît, comme dans la trophonévrose faciale; tantôt il devient exubérant, il y a une véritable adipose, comme dans les atrophies musculaires deutéropathique ; il est tuméfié, œdématié, induré dans le myxœdème.

Cette adipose peut se présenter sous divers aspects. Elle atteint les régions sus-claviculaires, sous forme d'une saillie élastique, indolore; c'est le pseudo-lipome sus-claviculaire (Potain)1. Elle peut envahir les jambes et les cuisses (pseudo-élephantiasis névropathique de Mathieu)2; chaque segment du membre peut être affecté isolément (œdème segmentaire de Debove3. Une forme très curieuse, c'est la lipomatose symétrique souvent à prédominance cervicale (Lannois et Bensaude)4. On en trouvera la description au quatrième volume.

H. Meige5 a décrit une autre dystrophie du tissu cellulaire sous le nom de trophœdème chronique héréditaire.

c. Muqueuses. — L'herpès de la pituitaire, de la langue, des lèvres, de la conjonctive, et l'ulcération de ces muqueuses accompagnent les lésions du nerf trijumeau et le zona.

d. Muscles. — Les atrophies musculaires consécutives aux maladies de la moelle peuvent être divisées en deux catégories : dans l'une, l'évolution anatomique et clinique de l'atrophie est aiguë (myélites aiguës, hématomyélie, paralysie infantile); le type de la seconde classe est l'atrophie musculaire progressive. La forme de l'altération musculaire est variable : tantôt c'est l'atrophie musculaire pure; ailleurs l'atrophie est accompagnée de dégénérescence

1. Potain. Bulletin de l'Académie de médecine, 17 octobre 1882.

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