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H. Meige. Nouvelle Iconographie de la Salpêtriére

graisseuse ou scléreuse. Ces atrophies musculaires doivent être rattachées à une altération des cornes antérieures de la substance grise médullaire.

Sous l'influence des lésions des nerfs moteurs (surtout lésions traumatiques), les muscles subissent une altération plus ou moins rapide et leur contractilité électrique disparaît complètement ou en partie. Les atrophies musculaires alcooliques et saturnines sont des types d'atrophies névritiques. Les névrites périphériques jouent un grand rôle dans ces troubles trophiques.

L'atrophie musculaire fait partie des troubles trophiques de Y hystérie.

Dans quelques cas, le muscle, au lieu d'être atrophié, paraît hypertrophié; mais, en réalité, la fibre musculaire est atrophiée, et l'apparence hypertrophique vient de l'exubérance des éléments conjonctifs et graisseux (paralysie musculaire pseudo-hypertrophique). Chez quelques malades, enfin, il y a myopathie, atrophie progressive; le trouble trophique ne réside ni dans la moelle ni dans les nerfs, mais dans le muscle lui-même (type Landouzy-Dejerine).

e. Nerfs. — Le tissu fibreux des nerls est notablement hypertrophié dans la curieuse affection nommée neurofihromatose généralisée (maladie de Recklinghausen). Elle est caractérisée par une triade symptomatique (Landowski) 2, tumeurs de la peau, tumeurs des nerfs, pigmentation cutanée, avec lenteur dans les mouvements, crampes dans les jambes et dépression intellectuelle. Elle aboutit à la cachexie et à la mort.

f. Cartilages. — La dystrophie du cartilage primordial qui accompagne la première poussée ostéogénétique du troisième au sixième mois de la vie fœtale, Yachondroplasie (Parrot), se traduit par l'augmentation du volume de la tête et par le nanisme; les membres sont d'une brièveté extraordinaire, a Chez Anatole, âgé de 41 ans, le membre inférieur

î. Landowski. La neuro-libromatose généralisée. Gaz. des hôp., 1896. 2. Marie. L'achondroplasie dans l'adolescence et l'âge adulte. Presse méd.y 14 juillet 1900, p. 19.

est plus court de 7 centimètres que celui d'un enfant de 8 ans; chez Glaudius, âgé de 18 ans, le membre inférieur est plus court de 15 centimètres que celui d'un enfant de 8 ans (Marie1). » La main a l'aspect « carré » ; les doigts d'une même main sont de dimensions presque égales, et s'écartent les uns des autres par leurs extrémités : la main a parfois la forme d'un trident ( Marie).

g. Os. — Les os sont altérés (ostéite raréfiante); ils deviennent fragiles et cassants dans le tabès dorsalis, ils s'atrophient dans la trophonévrose faciale, ils subissent un arrêt de développement dans la paralysie infantile, ils s'hypertrophient dans Yacromégalie (Marie), dans l'ostéo-arthropathie hypertrophiante pneumique. Ils se déforment dans la maladie de Paget (ostéite déformante).

b. Articulations. — Les arthropathies diffèrent dans les lésions de l'encéphale et de la moelle. Aux lésions de l'encéphale appartiennent des arthropathies qui se développent à la période des contractures secondaires ; la douleur et la tuméfaction de la jointure rappellent le rhumatisme articulaire; dans les maladies de la moelle, les arthropathies sontaiguës, si la myélite est aiguë, mais dans le tabès dorsalis l'arthropathie se déclare sans douleur et sans fièvre; elle est caractérisée par une énorme tuméfaction de l'articulation avec usure rapide des surfaces osseuses.

La dystrophie articulaire rend compte de la singulière affection décrite par Marie sous le nom de spondylose rhizomélique, caractérisée par une ankylose à peu près complète de la colonne vertébrale et des articulations de la racine des membres, articulations coxo-fémorales et scapulo-humérales. La colonne vertébrale est soudée. Les malades, pour garder la station debout, prennent une attitude en z> le haut du corps porté en avant, les genoux plus ou moins fléchis. Nous avons eu à l'Hôtel-Dieu un cas de nœvus vasculaire ostéohypertrophique qui a été publié par un de mes chefs de clinique Crouzon 2. Dans les quelques observations qui sont

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