Rénon. Soc. de thérapeutique , 19 nov
2. Chauvet. Bu danger des médicaments dans les lésions rénales. Th de Paris, 1877.
3. Diaulafoy. Brightisrae et toxhémie alimentaire. La Presse médicale, 1R96, p. Ï05
maladie de Bright elle-même peut-elle débuter par un seul rein ? Telles sont les questions que nous allons discuter, questions d'autant plus importantes que la chrirurgie est en train de réclamer pour elle une assez large part du traitement des néphrites. Elle a commencé par s'approprier un certain nombre de néphrites unilatérales, qui sont sur les confins de la médecine et de la chirurgie : tuberculose du rein, infarctus suppures et abcès du rein, calculose et néphrite calculeuse, rein mobile avec néphrite chronique unilatérale; puis elle a jeté son dévolu sur les néphrites médicales proprement dites, néphrites aiguës, néphrites chroniques et maladie de Bright. De nombreuses publications ont été laites dans ce sens en France et à l'étranger. Il suffit de citer les noms de Pousson (France), Israël et Rose (Allemagne), Rovsing (Danemark), Fergusson et Edebohls (États-Unis), Newman et Harrisson (Angleterre), pour comprendre l'importance des travaux qui ont été entrepris dans cette direction. Ces travaux méritent de fixer notre attention, et nous devons nous demander, nous médecins, quelle est la valeur exacte de l'intervention chirurgicale et jusqu'où pent s'étendre cette intervention dans le traitement des néphrites aiguës et chroniques.
Il est un groupe de lésions rénales qui est surtout favorable à [l'intervention chirurgicale, c'est le groupe des néphrites unilatérales. Toutes les fois qu'un seul rein est malade, la chirurgie a des chances d'intervenir avec succès, j'ajoute même qu'en pareil cas l'intervention chirurgicale est souvent indiquée. Nous devons donc passer en revue les conditions pathogéniques qui favorisent l'unilatéralité1 des lésions rénales, et voir quelles sont les néphrites unilatérales qui se prêtent le mieux à l'opération.
A. — L'infection par voie ascendante (néphrite ascendante) aboutit assez souvent à l'unilatéralité des lésions rénales. Les agents infectieux partis des voies génito-urinaires, surtout de la vessie, gagnent tantôt les deux reins,
1. Castaigne et Rathery. Néphrites primitivement unilatérales et létions consécutives de l'autre rein. La Semaine médicale, 20 août 1902
tantôt un seul rein. Plusieurs statistiques indiquent la proportion de l'unilatéralité des néphrites ascendantes : 19 foie sur 130 cas (Godhardt), 19 fois sur 71 cas (Weir). Ces néphrites ascendantes unilatérales ont été reproduites par l'expérimentation (Àlbarran1). Elles sont favorables à l'intervention chirurgicale. En voici quelques exemples :
Un malade de Pousson atteint depuis longtemps d'une cystite purulente est pris d'une néphrite aiguë du rein droit; la douleur rénale est intense, la fièvre est fort élevée, la région lombaire droite est empâtée et très douloureuse à la pression. Pousson pratique l'opération ; l'atmosphère celluleuse péri-rénale est indemne, maison trouve au pôle supérieur du rein un petit abcès, et l'incision du rein sur son bord convexe met à jour un grand nombre de petits abcès miliaires dont l'agent infectieux était le colibacille. L'opération fut suivie de guérison2.
Pousson cite plusieurs autres faits de néphrites ascendantes, unilatérales, guéries par intervention chirurgicale. Un cas de Jordan concerne un homme qui, à la suite d'une uréthrite blennorrhagique, fut pris de douleurs du rein droit avec fièvre violente, urine albumineuse et purulente. Weir ouvrit le rein et l'ayant trouvé criblé de petits abcès il pratiqua la néphrectomie. Le colibacille était l'agent infectieux. Quelques semaines plus tard, le malade était guéri.
Potherat3 a pratiqué avec succès la néphrotomie pour un cas de néphrite du rein droit consécutive à une cystite gonococcique.
Wilms a opéré et guéri une jeune fille atteinte de pyélonéphrite aiguë ascendante droite survenue à la suite d'une urétro-cystite. A l'incision du rein il trouva des traînées purulentes. Le colibacille était l'agent infectieux.
Le Nouëne4a réuni dans sa thèse onze cas de néphrites
1. Albarran. Étude sur le rein des urinaires. Thèse de Paris, 1899.
2. Pousson. De l'intervention chirurgicale dans les néphrites médicales. Annales des maladies des organes génito-ur inaires, 1902.