Potherat. Bulletin de la Soc. de chirurgie, 1900, p
4. Du traitement chirurgical des néphrites. Thèse de Paris, 1903.
avec abcès, consécutives à une infection vésicale et traitées par intervention chirurgicale. Le colibacille était l'agent le plus habituel. Ces onze cas se répartissent de la façon suivante : huit néphrotomies, sept guérisons et un mort; deux néphrectomies, une guérison et un mort ; une décapsulation, guérison. Dans l'un des cas suivis de mort, la néphrite était double ; dans l'autre cas, la néphrite était probablement double et tuberculeuse. Il est certain qu'on a beaucoup plus de chance de guérison quand la néphrite est unilatérale. Les symptômes cliniques (localisation de la douleur, tuméfaction de la région) ne .sont pas suffisants pour affirmer que la néphrite est unilatérale: il est nécessaire, quand c'est possible, de pratiquer, au moyen de l'appareil de Luys, la séparation des urines, qui permet de se renseigner sur l'état de chaque rein.
B. — L'infection par voie sanguine est également une condition assez favorable à Tunilatéralité des lésions rénales. Castaigne et Rathery citent les trois exemples suivants : chez un malade mort au 19e jour d'une fièvre typhoïde ataxoadynamique, ils ont trouvé à l'autopsie deux abcès du volume d'une grosse noisette au rein droit sans aucune lésion suppurative du rein gauche. Chez un jeune homme ayant succombé à une infection staphylococcique, suite d'une ostéomyélite, ils ont constaté sur le seul rein gauche une quantité considérable d'abcès miliaires à staphylocoques. Enfin chez un malade mort d'infection pneumococcique avec pneumonie suppurée, ils ont trouvé trois petits abcès pneumococciques au rein gauche, alors que le rein droit était indemne.
L'intervention chirurgicale a parfois donné de bons résultats, dans ces néphrites unilatérales par infection sanguine. Israël a opéré avec succès un malade atteint de néphrite du rein gauche, consécutive à un anthrax de la nuque. Dans le rein qui fut enlevé était une quantité d'abcès miliaires.
Monod1 a rapporté l'observation d'une jeune fille atteinte
S. Société de chirurgie, séance du G juin 1900.
de symptômes infectieux, « avec pouls très fréquent, température à 59, état général mauvais, vomissements incessants )) et tumeur douloureuse et mobile dans la région du rein droit. Les urines n'étaient ni albumineuses, ni purulentes. Monod pratiqua la néphrectomie, qui fut suivie de guérison. Le rein était énorme et contenait des abcès
miliaires.
Pousson a pratiqué la néphrotomie chez une iemme atteinte de néphrite aiguë du rein droit probablement d'origine grippale. Les urines étaient purulentes et la douleur était vive à la région lombaire droite. Pousson trouve un rein très gros, très tendu, de coloration feuille morte avec un abcès à son pôle supérieur. L'incision du rein montre qu'il n'y avait de pus nulle part ailleurs. Cette femme a été suivie pendant quatre ans et la guérison ne s'est pas démentie. .
Routier a communiqué à la Société de chirurgie1 le cas suivant : une jeune femme lui est envoyée à l'hôpital avec le diagnostic de pvélo-néphrite ; la température était fort élevée, l'urine n'était pas purulente et ne présentait pas trace d'albumine. La région rénale droite était fort douloureuse. L'incision lombaire mit à découvert un rein un peu gros; à l'ouverture de ce rein, on trouva la substance rénale semée d'un piqueté purulent.
Dans ces néphrites par infection sanguine et par infection ascendante, il est nécessaire de pratiquer la séparation des urines afin de se rendre compte de l'état des deux reins. On peut ne pas trouver de pus dans l'urine du rem incriminé, mais il est rare qu'on n'y trouve pas de l'albumine.
Il est des cas où la néphrite infectieuse n'aboutit pas à la purulence, elle ne se traduit que par un état congestif du rein, ce qui n'est peut-être qu'un stade prémonitoire.
Après avoir étudié les infections rénales par voie ascendante et par voie sanguine, passons à d'autres variétés de néphrites qui peuvent être unilatérales.