Repin. Société anatomtque, 15 janvier 1S
à Filéon à droite, à PS iliaque à gauche. Ii forme un gros cordon dur, qu'on arrive à sentir à travers la paroi abdominale.
A la vessie, la tuberculose évolue sous forme de granulations situées sans prédilection marquée dans les différentes parties de la muqueuse. Dans la tuberculose descendante on peut voir, au niveau et au-dessous de l'uretère correspondant au rein malade, une traînée de granulations tuberculeuses (Albarran, Israël). Peu à peu les ulcérations tuberculeuses apparaissent, mais leur évolution se fait avec beaucoup de lenteur.
L'appareil génital de l'homme, vésicules séminales, prostate, canal déférent, épididyme, est très fréquemment atteint; cette tuberculose génitale est une des origines les plus habituelles de la tuberculose rénale secondaire. Par contre, la tuberculose de l'appareil génital de la femme est excessivement rare.
J'ai dit au début de cet article que la tuberculose rénale est souvent unilatérale. Si l'on fait une statistique d'autopsies, c'est-à-dire à une période où l'infection tuberculeuse a eu tout le temps de se généraliser, on trouve que la tuberculose rénale est unilatérale datfs la moitié des cas, mais quand on fait la statistique à une époque moins avancée, au moment de l'intervention chirurgicale, on peut affirmer que le second rein est indemne dans les trois quarts des cas1, chose essentielle pour l'indication opératoire. Albarran estime à 15 ou 20 pour 100 la proportion des cas dans lesquels les deux reins sont tuberculeux. Toutefois, alors même que ce second rein n'est pas tuberculeux, il présente assez souvent, à une époque assez avancée, des lésions d'un autre genre, pyélonéphrite, pyélite calculeuse, dégénérescence amyloïde. Le bacille de Koch est facile à trouver aux premiers stades de la lésion rénale; plus tard on constate surtout d'autres microbes, coli-bacille, streptocoque, staphylocoque.
Le poumon est souvent atteint de tuberculose qui précède ou qui suit la tuberculose du rein.
t. Statistiques consignées dans la thèse de Vigneron, p. 24.
MALADIES DES REINS, m
Description, — La tuberculose du rein est insidieuse et latente à ses débuts ; parfois môme elle reste presque latente jusqu'à une période avancée, surtout si l'uretère est oblitéré; quand je dis qu'elle reste presque latente il serait plus vrai de dire qu'elle peut rester méconnue, masquée parfois par une tuberculose vésicale. Dans quelques cas, après avoir parcouru silencieusement une partie de son évolution, la tuberculose rénale se révèle par tel ou tel symptôme qui donne l'éveil, le malade pisse du pus ou du sang; il éprouve de violentes douleurs ; un phlegmon périnéphrétique se déclare; quoi qu'il en soit, les symptômes vésicaux, l'hématurie, la pyurie, l'albuminurie, la douleur, la tumeur rénale, sont les symptômes les plus habituels. Nous allons les étudier en détail :
Symptômes vésicaux. — Par de nombreuses observations Albarran a démontré que les premiers symptômes de la tuberculose rénale simulent parfois la cystite : fréquence des mictions, douleur et diminution de la capacité vésicale. Or ces symptômes peuvent être dus à une cystite concomitante, mais le plus souvent ce ne sont que des phénomènes réflexes. Il n'est pas rare de voir des malades qui ont des urines troubles et qui se plaignent de mictions fréquentes et douloureuses, alors que la vessie est absolument saine ainsi que le démontre l'examen cystoscopique. J'ai récemment observé avec Albarran un malade dans ces conditions ; les symptômes vésicaux étaient dominants, alors que le rein seul était touché.
Hématurie. — L'hématurie est un symptôme fréquent. Ici comme dans la tuberculose pulmonaire, l'hémorrhagie peut devancer tous les autres signes. Il y a des hématuries précoces qui précèdent de plusieurs mois et de plusieurs années l'apparition de la tuberculose rénale, comme il y a des hémoptysies précoces, que j'ai nommées hémoptysies de défense, qui précèdent de plusieurs mois ou de plusieurs années l'apparition de la tuberculose pulmonaire. L'hématurie tuberculeuse est habituellement peu abondante et peu tenace, elle est rarement suivie, comme
l'hématurie cancéreuse, de la formation de ces longs caillots fibrineux de l'uretère, qui peuvent occasionner des douleurs néphrétiques, ou qui obstruent le canal de l'urèthre et déterminent une rétention d'urine; cela se voit cependant. L'hématurie tuberculeuse survient sans cause, appréciable; elle n'est pas rappelée comité l'hématurie calculeuse par les exercices violents, par des promenades à cheval ou en voilure. Une fois passée, elle peut ne plus se reproduire, ou bien elle ne reparait qu'à intervalles de plusieurs semaines ou de plusieurs mois.
Habituellement, c'est ainsi que les choses se passent, et l'hématurie tuberculeuse, il faut le dire, est bien loin d'avoir la môme importance que les hématuries cancéreuses. Cependant il ne faudrait pas trop compter sur le peu d'importance de ce symptôme; il est des cas où l'hématurie est abondante et tenace, au point de durer un mois et demi (Routier), trois mois (Czerny), quatre mois (Habershon), sept mois et demi (Pousson), quatre ans et demi (Tuffier). Citons des obervations.
L'observation de Routier1 concerne une jeune femme qui fut prise sans cause, sans douleur, d'une hématurie qui se reproduisait à chaque miction. Les urines étaient très sanguinolentes, noirâtres, la quantité de sang perdu était considérable; aussi la malade, après cinq semaines de ces hématuries, était-elle pâle, exsangue, exténuée, cachectique et ne pouvant même plus se tenir debout. Plusieurs fois cette femme fut prise de douleurs néphrétiques, suivies, non pas de l'expulsion de calculs, mais de l'expulsion de caillots, cause des douleurs simulant la colique néphrétique. Le rein droit est douloureux et augmenté de volume. L'examen cystoscopique permet de constater que le sang s'écoule dans la vessie par l'uretère droit. Cette femme étant menacée de mourir d'hématurie, l'opération est pratiquée six semaines après le début des hématuries, et Routier enlève le rein. Dès l'opération, les hématuries cessent immédiatement,