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KYSTES HYDATIQUES DU REIN

Anatomie pathologique. — L'ordre de fréquence des kystes hydatiques du rein les place après ceux du foie et du poumon; en voici la proportion : foie 166, poumon 42, rein 30 (Davaine). Habituellement un seul rein est atteint, le rein gauche plus souvent que le droit, la lésion paraît débuler de préférence dans la substance corticale, le kyste est multiloculaire ou uniloculaire, et, dans ce dernier cas, il atteint des dimensions qui varient du volume d'un œuf à celui d'une tête d'enfant. Pour ce qui est de la composition du kyste et de son évolution, je renvoie à l'étude des kystes hydatiques du foie avec lesquels il a la plus grande analogie; les seules particularités à noter, c'est que les kystes du rein contiennent parfois des cristaux d'acide urique, du phosphate et de l'oxalate de chaux, substances urinaires qui ont pénétré dans le kyste par dialyse.

Le kyste hydatique du rein contracte parfois avec les organes voisins des adhérences qui deviennent vite vasculaires et qui compliquent l'intervention chirurgicale : adhérences avec le foie, avec la rate, avec l'estomac, le mésentère, l'intestin.

Le rein atteint de kyste hydatique est parfois réduit aune coque fibreuse; parfois aussi une partie de la substance glandulaire est conservée; ce qui reste du tissu rénal est

atteint de néphrite interstitielle ou parenchymateuse ; parfois, au contraire, quelques recoins du tissu glandulaire ont échappé au désastre et sont même le siège d'une hyperplasie compensatrice. C'est une question bien intéressante que cette hypertrophie ou hyperplasie compensatrice des organes glandulaires. Nous commençons à la bien connaître pour certains organes; on la trouvera longuement décrite avec les maladies du foie, notamment avec la cirrhose hypertrophique dite alcoolique et avec les kystes hydatiques du foie; je l'ai constatée dans les kystes hydatiques de la rate; eh bien, cette même hyperplasie compensatrice se retrouve dans les kystes du rein *, On dirait que l'organe se régénère pour suppléer aux parties détruites. Tantôt la régénération de la substance glandulaire se fait dans le rein kystique ; tantôt c'est le rein sain qui s'hypertrophie. Braillon 2 cite à ce sujet une observation de Blackburne : il s'agit d'un homme qui n'avait à droite, ni rein, ni uretère; le rein gauche fut atteint de kyste hydatique, et à l'autopsie on trouva que la partie de la substance glandulaire non envahie par le kyste avait triplé de volume.

La pathogénie des kystes hydatiques du rein est encore assez obscure; néanmoins Neisser et Bœckel ont tenté de l'élucider par la théorie que voici : les œufs de taenia sont introduits dans les voies digestives par l'alimentation; parvenus dans l'intestin, ils peuvent suivre différentes directions : ils sont transportés au foie par la veine porte, ce qui explique la présence des kystes hydatiques du foie; ils sont transportés au mésentère par les lymphatiques (kystes du mésentère); ils continuent leur pérégrination à travers les réseaux lymphatiques jusqu'aux réseaux lymphatiques des cavités séreuses (kystes du péritoine et de la plèvre) ; ils suivent la voie des vaisseaux lymphatiques jusqu'au canal thoracique qui les déverse dans le système veineux et le cœur droit; de là ils pénètrent dans le poumon (kyste

1. Àlbarran. L'hypertrophie compensatrice en pathologie rénale. Pressé médicale, 22 janvier 1809.

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