Henriquez et Hall ion. Bull, méd
2. Claude. Lésions du foie et des reins déterminées par certaines toxines. Th. de Paris. 1897.
pronostic, ces différentes infections n'attaquent les reins ni avec la même violence, ni avec la même ténacité. Sous ce rapport, la néphrite de la scarlatine et certaines néphrites syphilitiques précoces sont plus redoutables que les néphrites de la diphthérie, de la fièvre typhoïde, de la pneumonie, de Térysipèle, etc., néanmoins il faut toujours compter avec une néphrite, même légère, car lorsque le rein a été effleuré, il peut devenir à un moment donné, sous Tinfluence d'une nouvelle maladie infectieuse, ou sous Tinfluence d'un refroidissement, il peut devenir, dis-je, le point d'appel de nouvelles lésions.
b. Néphrites médicamenteuses. — Il ne faut pas confondre les substances stéatogènes1 (phosphore, arsenic), qui déterminent la dégénérescence graisseuse de l'organe, avec les substances irritantes (cantharides, vésicatoires), qui provoquent de véritables néphrites*.
Sérothérapie. — On avait dit que les injections de sérum anti-diphthcrique sont capables d'engendrer des lésions rénales et de l'albuminurie. Cliniquement, voici comment j'envisage la question : si les injections de sérum, au cas de diphthérie, sont pratiquées dès le début de l'infection diphthérique, elles peuvent agir préventivement et prévenir l'albuminurie; si elles sont pratiquées alors que l'albuminurie est déjà déclarée, elles n'ont aucun effet rétroactif, mais quant à dire qu'elles peuvent avoir sur le rein un effet nuisible, voilà qui ne m'est pas prouvé; je suis même dispose, jusqu'à nouvelle preuve, à croire le contraire; il est en effet bien difficile, quand on constate de l'albuminurie chez un diphthérique, de faire la part du sérum et la part de l'infection diphthérique et des infections secondaires.
r. Auto-intoxication. — L'élimination par les reins d'un excès de tyrosine et d'autres matières extractives qui, pour des causes diverses (maladies du foie, insuffisance de combustion, ralentissement de la nutrition, cachexie), agissent
1. Cornil et Brault. Journ. de Vanat. et de la physiol., 1880. ï. Cornil. Journ. de Vanat. et de lajyfysiot., 1880.
sur les reins à la façon des matières toxiques, peut provoquer des lésions épithéliales du rein et l'albuminurie1.
d. Grossesse. — État puerpéral. — On sait combien l'albuminurie est fréquente chez les femmes enceintes2; la pathogénie en est variable, l'albuminurie peut être due à une congestion rénale par compression des veines du rein, à la présence dans le sang de produits excrémentitiels spéciaux, ou à une véritable néphrite. Il y a également une néphrite puerpérale que l'on peut considérer comme l'un des nombreux accidents de la puerpéralité3. Ainsi, suivant le cas, la femme grosse peut avoir, ou une albuminurie simple, ou de l'albuminurie associée à des symptômes de néphrite, œdèmes, dyspnée, céphalée, troubles visuels. En présence de ces derniers symptômes, révélateurs de la néphrite, il faut se méfier, parce que des accès d'éclampsie pourront éclater au moment du travail. D'autres femmes, qui n'avaient pas eu d'albumine pendant leur grossesse, en ont pendant l'accouchement. Cette distinction est fort importante, car cette dernière* forme d'albuminurie, celle qui naît pendant le travail, est bénigne, transitoire, et n'est pas un signe précurseur d'éclampsie (Tarnier4).
e. Néphrite a frigore. — Le froid, et par ce mot il faut entendre le refroidissement sous toutes ses formes, paraît être une cause de néphrite aiguë : on peut même dire que la néphrite dite a frigore est une des plus redoutables par l'intensité et par la durée possible de ses lésions. Toutefois, le refroidissement, à lui seul, crée bien rarement la néphrite aiguë; dans bien des cas le froid n'a que le rôle d'un agent provocateur chez des individus dont les reins étaient pathologiquement prédisposés par une scarlatine antérieure, par une maladie infectieuse, par une syphilis, etc. Néanmoins, dans quelques circonstances, l'enquête la plus minutieuse ne per-
1. Gaucher. Néphrites d'auto-intoxication. Revue de méd., nov. 1888.
2. Dumas. De Valb. chez la femme enceinte. Th. d'agr. Paris, 1880.
5. Mayer. Lésions des reins chez les femmes en couches. Th. de Paria, I. Tarnier et Budin. Traité des accouchements, 1886, t. II, p. 124.
met de trouver d'autre cause que le refroidissement; ainsi, un de mes malades a été pris de néphrite aiguë pour avoir été exposé toute la journée à une pluie glaciale; un autre a été pris de sa néphrite, après être descendu dans sa cour, pendant une nuit très froide, alors qu'il était en transpiration.
Symptômes. - Certaines néphrites sont si peu accusées qu'elles échappent à toute description; ainsi, les néphrites de la diphthérie, des oreillons, de la pneumonie, de l'érysipèle, de l'appendicite, ne donnent lieu habituellement à aucun symptôme appréciable autre que l'albuminurie* si bien qu'on a pu croire longtemps que bon nombre de fièvres et de maladies provoquaient l'albuminurie sans lésion appréciable du rein.
La néphrite de la fièvre typhoïde est également insidieuse et latente, elle peut néanmoins être intense et redoutable1. (Voir le chapitre : fièvre typhoïde.)
La néphrite scarlatineuse, qui sera décrite en détail au sujet de la scarlatine et dont l'évolution a bien des traits communs avec la néphrite syphilitique précoce et avec la néphrite a frigore, a une importance de premier ordre.
D'une façon générale, voici comment évoluent les néphrites aiguës. Quand la néphrite est intense, le début est bruyant : le malade peut avoir des frissons, de la fièvre, des douleurs lombaires, les urines sont rares» parfois brunâtres, hémorrhagiques; les œdèmes sont précoces et rapides. L'anasarque débute habituellement par la face, qui est pâle et bouffie, il envahit en quelques jours les membres inférieurs, les différentes parties du corps, toutes les régions riches en tissu cellulaire lâche, les paupières, le scrotum, le prépuce, les grandes lèvres. L'œdème est mou, blanc et garde facilement l'empreinte du doigt.
Plus souvent, les symptômes fébriles du début font défaut, ou du moins les frissons et la fièvre sont insignifiants; le malade n'éprouve pas de douleurs lombaires, les