Pitres, hev. de méd.^ août
mômes membres qui hors des accès étaient frappés d'hémiplégie flasque presque complète. Ceci prouve que, sous l'influence d'une même lésion nerveuse, un muscle peut être alternativement paralysé et convulsé; il est paralysé tant qu'il est privé de sa dose d'incitation normale, mais il peut néanmoins entrer en convulsions ou en contracture dans les moments où cette dose d'incitation vient à s'accroître outre mesure. Ce fait est à rapprocher de ce qui arrive à la glotte sous l'influence des lésions du nerf récurrent. J'ai longuement étudié cette intéressante question à l'article Anévrysme de V aorte : Une lésion du nerf récurrent gauche entraîne la paralysie de la corde vocale gauche, ce qui n'empêche pas, qu'à certains moments peuvent survenir des accès terribles de spasmes glottiques, c'est-à-dire la contracture des deux cordes vocales.
Dans quelques circonstances, les lésions scléro-gommeuses ne déterminent pas l'épilepsie partielle mais elles déterminent des contractures passagères ou permanentes parfois fort douloureuses.
Les lésions corticales de la syphilis qui produisent les troubles que nous venons d'étudier peuvent être rorigine de dégénérescence secondaire, avec contracture tardive, hémichorée et athétose.
Dans quelques cas, les lésions scléro-gommeuses corticales, par leur localisation à la circonvolution de Broca, ont provoqué la paraphasie ou V aphasie. L'aphasie est isolée ou associée à des troubles monoplégiques ou hémiplégiques droits.
H y a enfln quelques observations, où les lésions sclérogommeuses, par leur localisation, ont réalisé le syndrome décrit sous le nom de pseudo-paralysie glosso-labiolaryngée. Écoulement incessant de la salive par les lèvres entr'ou vertes, difficulté de la mastication, difficulté de la déglutition, paralysie de la langue, embarras croissant de la parole concernant l'articulation des mots, tels sont les symptômes présentés par les malades. Pour plus de détails
MâUDIËS de L'ENCÉPHALE. 407
sur la topographie des lésions, je renvoie au chapitre concernant la paralysie glosso-labio-laryngée.
En résuméy les lésions scléro-gommeuses cérébro-méningées, peuvent provoquer la paralysie des nerfs crâ- Qiens y compris les troubles de Touïe et de la vue (amblyopie, amaurose); elles ont pour symptômes les plus tiabituels des paralysies à allures spéciales, hémiplégie, monoplégie, accès de contr.ictures, accès épileptiformcs. C'est même l'accès épileptiforme qui aide le mieux au diagnostic topographique cortical de la lésion, et qui permet d'éloigner l'hypothèse d'une hémiplégie ou d'uuc monoplégie consécutive à une endartérite oblitérante do la syl vienne ou de ses branches.
A ces symptômes, qui ne dépendent uniquement que du siège de la lésiorif se joignent d'autres symptômes, qui sont communs à toutes les formes de syphilis cérébrale, tels que céphalalgie à prédominance nocturne, vertiges, torpeur intellectuelle, obnubilation, etc.
Le pronostic des lésions scléro-gommeuses cérébroméningées est moins grave que le pronostic des autres formes de syphilis cérébrale ; les lésions en sont super ficielleSf corticales, elles ne déterminent pas comme les endartérites de vastes foyers de ramollissement, et elles sont plus accessibles au traitement que les lésions interstitielles et dilTuses qui conduisent aux formes mentales de la syphilis cérébrale. La forme épileptique ou épileptoparalytique n'est donc pas d'un trop grave pronostic ; c'est, dit Fournier, a une des formes qui obéissent le miiMix au traitement, qui guérissent le plus facilement, du moins alors qu'elle est attaquée à temps par la médication spécifique^ ».
Traitement. — Le traitement de la syphilis cérébrale scléro-gonmieuse est identique au traitement de la syphilis cérébrale que j'étudiais en détail un pim plus haut, au sujet de l'artérite cérébrale syphilitique.
.1. SffphiUs du cerveau^ p. 581.
BIEULAFOT, PATHOL. T. II ^'^