MÉNINGITE TUBERCULEUSE
La désignation de méningite englobe Tinflammation de rarachnoïde, du tissu cellulaire sous-arachnoîdien et de la pie-mère, mais elle ne s'adresse pas à Tinflammation de la dure-mère, qui sera décrite plus loin dans un chapitre spécial.
Pour la facilité de la description, on peut diviser en deux grandes classes Tétude des méningites aiguës : a. Les méningites non tuberculeuses; b, La méningite tuberculeuse. Nous allons les décrire successivement, en commençant par la méningite tuberculeuse.
Ëtiologie. — La dési.c,niation de méningite tuberculeuse ne comprend pas indistinctement tous les cas de tuberculose méningée; il y a des tubercules qui s'agglomèrent sous forme de tumeur volumineuse, et qui provoquent les symptômes des tumeurs cérébrales sans susciter de phénomènes méningitiques. La méningite tuberculeuse, de son côté, se présente sous des aspects variés : tantôt elle fait partie, à titre d'épiphénomène, de l'envahissement général de l'économie par la tuberculose (tuberculisation aiguë), et dans ce cas elle n'a qu'une importance secondaire; tantôt elle domine la situation el parait être la maladie tout entière ; c'est celte dernière qu'on a l'habitude de décrire sous le nom de méningite tuberculeuse.
La méningite tuberculeuse est presque toujours accompagnée de tuberculose pulmonaire ou abdominale. On l'observe à tous les âges, mais ellp est surtout fréquente chez l'enfant de deux à sept ans. Elle est héréditaire comme toutes les manifestations de la tuberculose, et il n'est pas rare que dans une famille, plusieurs enfants soient emportés à peu près au même âge par la méningite. Le traumatisme céphalique, les chocs reçus sur la tête, ont une influence incontestable sur le dévelop-
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pcment de la tuberculose méningée, de même que le traumatisme a une influence incontestable sur le développement de la tuberculose pulmonaire.
Anatomie pathologique. — La méningite tuberculeuse aiguë est généralement plus accusée à la base qu*à la convexité du cerveau : elle afleclionne la scissure de Sylvius. L'exsudat est plus ou moins abondant, grisâtre, purulent, et parfois comme lardacé. La méningite est habituellement diffuse et, dans quelques cas, localisée ^
Les granulations tuberculeuses, grises, demi-transparentes, siègent de préférence sur la gaine lymphatique des vaisseaux de la pie-mère; on en trouve un peu partout ; elles sont plus confluentes à la base de l'encéphale et, si l'on enlève avec précaution Tarière syl vienne munie de ses artérioles qu'on a soin de faire flotter dans l'eau, il est facile, même à l'œil nu, de saisir la disposition des granulations tuberculeuses. Sous l'influence des granulations et de l'artérite oblitérante qui les accompagne, le sang se coagule à l'intérieur des vaisseaux, et il se fait des thromboses artérielles qui produisent à leur tour des foyers de ramoUusement cérébral superflciel ou profond (Rendu).
On trouve des bacilles dans les granulations tuberculeuses, autour des vaisseaux, dans leurs parois et dans leur contenu. Aux bacilles de la tuberculose s'associent parfois d'autres agents pathogènes, streptocoques, pneumocoques, etc.
Les méninges sont souvent adhérentes à la substance corticale, qui présente en ce point une véritable encéphalite superficielle (Hayem). La pie-mère est épaissie, et ses petits vaisseaux, veinules et artérioles, sont souvent oblitérés par des coagulations flbrineuses. Les parties centrales du cerveau, commissures et parois des ventricules, sont ramoUies, et les cavités ventriculaires contiennent un épanchement souvent si abondant, que la
1. Dreyfous. Sympi. prolub. delà mén. tnb. Thèse de Paris, 1S79.— Da Castel. Uéning.tuh.du lobule paracentral {Gaz. ^6(f., 4 juillet 1884>
maladie avait autrefois reçu le nom d* hydrocéphalie aiguë,
La c^orotcle est presque toujours le siège de tubercules; on retrouve aussi, suivant le cas, des lésions tuberculeuses plus ou moins généralisées, surtout dans les organes thoraciques et abdominaux. Des altérations analogues à celles de lencéphale peuvent exister à la moelle épinière.
Description. — La méningite tuberculeuse étant beaucoup plus fréquente chez le jeune enfant que chez l'adulte, c*est surtout la méningite de Tenfant que j'aurai en vue dans cette description. La maladie débute généralement par une période prodromique dont la durée varie de quelques jours à trois mois. Cette période prodromique est caractérisée par des phénomènes divers ; il y a des symptômes généraux, tels que tristesse, changement de caractère, amaigrissement, accès de fièvre, qui doivent être mis en partie sur le compte d'une tuberculisation pulmonaire ou abdominale qui précède ou accompagne la méningite tuberculeuse, et il y a des symptômes locaux, tels que troubles visuels, diplopie, céphalalgie, vomissements, qui sont en rapport avec l'envahissement de l'encéphale par la tuberculose.
Période d* excitation, — Une fois déclarée, la méningite s'annonce par une période d* excitation. Trois grands symptômes ouvrent la scène : la céphalalgie^ dont l'intensité peut être terrible : les vomissements^ qui sont verdâtres, bilieux, porracés, et la constipation. La fièvre a un caractère rémittent avec exaspération vespérale et oscillations diurnes fréquentes : la température dépasse rarement 59 degrés. Le petit malade a quelquefois une hyperesthésie généralisée; il a des secousses convulsives, des contractures dans les muscles de la nuque, du strabisme, du rétrécissement des pupilles. Les malades plus âgés ont parfois du délire. Dès cette période apparaît le cri hydrencéphalique (Coindet)*, cri bref et plain-