Ghaslin. Areh, de méd, expérimêntaU, 1891, p.3Mk
pour le grand mal (attaque d*épilepsie), mais encore pour le petit mal (absence, vertige), qu'il ne faut pas confondre avec le vertige ab aure Isesa ou avec le vertige laryngé ' . De plus, il ne faut pas oublier que chez certains individus l'épilepsie revêt en quelque sorte une forme fruste, limitée à l'aura, et que bien des cas de prétendue congestion cérébrale apoplectiforme, d*angine de poitrine, ne sont qu'une épilepsie déguisée (Trousseau).
Le pronostic de Tépilepsie est extrêmement grave, car répilepsie amène souvent la déchéance de Tindividu. l'afiTaiblissement des facultés et différentes formes d*a/i^naUon mentale.
Traitement. — Le traitement de Taccès d*épilepsie est presque nul; certains malades, dont Vaura part de la main ou du pied, peuvent arrêter Tacccs par la compression des parties sus-jacentes à Vaura, Le traitement le plus efficace de Tépilepsie me parait être l'association du bromure de potassium et de la belladone, longtemps continués ; le bromure de potassium doit être pris à la dose de 3 à 8 grammes, tous les jours, la première et la troisième semaine de chaque mois, et la belladone est administrée à la dose de 2 à 6 centigrammes, tous les jours, la deuxième et la quatrième semaine de chaque mois. Le bromure de potassium peut être remplacé par les bromures de camphre, de sodium, par le polybromure d'Yvon.
Ce traitement, je le répète, doit être continué pendant longtemps, pendant des années, avec des intermittences.
La chirurgie s'occupe activement du traitement de l'épilepsie. M. Ghampionnière a obtenu par la trépanation des résultats encourageants, non seulement chez des gens atteints d'épilepsie symptomatique (exostoses, tumeurs, mais encore chez des gens atteints d'épilepsie franche.
t. Gharcot, Soc. de biologie, 1876.
épILEPSIBS SECONDAIRES. — ]£tATS jÊFILEPTIFORMES. ^ILEPSIB PARTIELLE.
Après avoir étudié l*épilepsie vraie, passons en revue les épilepsies secondaires :
Dans une première classe on peut ranger les épilep* sies secondaires avec lésions plus ou moins grossières de l'encéphale. En première ligne je citerai Tépilepsie associée à ïhémiplégie cérébrale infantile consécutive à la parencéphalie, aux lacunes cérébrales, à la sclérose lobaire. Voici, en pareil cas, comment les choses se passent : Peu de mois après sa naissance, un enfant est pris de fièvre, de convulsions et d'hémiplégie. Puis l'orage disparait, l'hémiplégie s'améliore graduellement, l'intelligence reste à peu près normale, lorsque quelques années plus tard, ou à un âge plus avancé, au moment de l'adolescence, apparaissent les attaques d'épilepsie*. Peut-être l'épilepsie se développe-t-elle alors sous l'influence d'une infection secondaire*. L'épilepsie consécutive aux tumeurs cérébrales (gliome, sarcome, kystes, tuberculose, syphilis), à la paralysie générale, aux scléroses descendantes du mésocéphale, rentre dans la même catégorie.
A une seconde classe appartient l'épilepsie secondaire d'origine toxique (encéphalopathie saturnine, urémie). Nous verrons, en décrivant l'urémie convulsive, que les accès d'épilepsie brightique simulent, à peu de chose près, l'épilepsie vraie.
Dans une troisième classe prend place l'épilepsie secondaire d'origine réflexe (corps étrangers de l'intestin, lombrics, taenia). Nous avons publié avec Krishaber l'observation d'un jeune garçon qui avait avalé des noyaux de prune. Il fut pris de convulsions épileptif ormes et
1. Marie. Hémiratrophie cérébrale par ncléroae-lobaire, 188S. i. Marie. Semaine médicale, juillet 1892.
NÉCROSES. 555
mounit. A l'autopsie nous a^ons trouvé les noyaux accumulés dans la dernière partie de Tiléon.
Habituellement, les épilepsies secondaires que nous venons d*énumérer diffèrent quelque peu de la véritable ëpilepsie : ainsi, le cri initial fait souvent défaut, la pâleur du visage est moins accusée, les convulsions ont moins volontiers une prédominance unilatérale, l'état comateux qui suit Tattaque est moins prolongé; mais d'autres fois le tableau clinique présente de telles analogies, qu'entre Tépilepsie secondaire et l'épilepsie vraie, la ressemblance est absolue (Trousseau).
La syphilis, acquise ou héréditaire, réclame la plxu large part de l'épilepsie symptomatique ; elle produit, suivant le cas, l'épilepsie partielle ou la véritable attaque d'épilepsie; les crises, d'abord éloignées, se rapprochent, et sont souvent accompagnées de troubles paralytiques. i Si un adulte au-dessus de trente ans vient à être pris pour la première fois d'une crise épileptique, et cela dans le cours d'une bonne santé apparente, il y a huit ou neuf chances sur dix pour que cette épilepsie soit d'origine «yphilitique* »; et la raison, c'est que l'épilepsie essentiàle se déclare toujours dans l'enfance ou à l'adoles^ cence.
D y a cependant une épilepsie syphilitique qui peut se déclarer dans l'enfance ou dans radolescence, c'est l'épilepsie consécutive à une syphilis héréditaire. Cette question est étudiée au chapitre qui concerne la syphilis cérébrale.
Épilepsie partielle. — Les convulsions épileptif ormes limitées à la jambe; au bras, à la face (épilepsie partielle) reconnaissent pour cause, non plus une excitation du bulbe, mais une excitation limitée à la substance corticale du cerveau au niveau des régions motrices. Ces convulsions partielles, à forme hémiplégique ou monoplégique, sont accompagnées de symptômes spéciaux : nous
1« Foumier. La Bj/philù du cerveau, p. 114.
allons les étudier en détail, et je dis à l'avance que la syphilis entre pour la plus large part dans leur étiologie.
L*épilepsie partielle est toujours symptomatique, elle rentre dans le cadre des attaques épileptiformes, bien que dans quelques cas elle puisse simuler Tépilepsie. L'épflepsie partielle, ou épilepsie jacksonienne S bien étudiée d'abord par Bravais, plus tard par Jackson, revêt plusieurs types : 1° dans le type facial les convulsions se limitent au visage et au cou, elles atteignent la commissure des lèvres, Torbiculaire des paupières, les muscles moteurs de l'œil, de la langue, le sterno-mastoîdien ; aux convulsions du visage et du cou s'ajoutent parfois quelques secousses du bras; 2° dans le type brachial, qui est plus fréquent, Vaura débute par un des doigts, les convulsions atteignent la main, le bras, l'épaule, et parfois la face et le cou ; 3' dans le type cruraU qui est le plus rare, Vaura part du pied et les convulsions s'arrêtent à la hanche. Dans quelques cas les convulsions se généralisent à tout un côté du corps, et peuvent même atteindre le côté opposé.
Dans l'épilepsie jaksonienne, la perte de connaissance peut manquer, elle peut être incomplète, elle peut ne survenir que lorsque l'attaque convulsive est commencée. Après l'attaque convulsive le malade est parfois atteint de diplopie, de dysphasie, d'amnésie, de vertiges. Parfois on peut arrêter l'attaque d'épilepsie partielle au moyen d'une ligature placée au-dessus du siège de Vaura. L'épilepsie partielle est souvent suivie de paralysie passagère (hémiplégie, monoplégie) ; dans quelques cas la paralysie passagère ou même permanente précède les accès convulsifs'ou leur est associée. Ce dernier type sera étudié en détail au chapitre concernant la syphilis cérébrale,
L'épilepsie partielle est surtout due aux lésions de récorce cérébrale ou des méninges (tumeurs, syphilome, gliome, tubercule, exostoses, méningites, abcès, hômor-