Dugardin-Beaumetz (Union médic, 1889, n* lU
4. L'anl hyêiérique, Roufflnet {Gai, det Mp,^ 31 oetobre 1891).
traduit par la polyopie monoculaire, par la micropsie et par la mégalopsie. Etudions ces différents symptômes : le rétrécissement du champ visuel débute par la périphérie, il devient régulièrement concentrique, il peut réduire la vue à la seule vision centrale, il peut même aboutir à la perte de la vue, à Tamaurose. Souvent, au rétrécissement du champ visuel s'ajoute le trouble de la vision des couleurs {dyschromatopsie), La vision des couleurs disparaît dans Tordre suivant : violet, vert, bleu, jaune et enfin rouge. Gomme à l'état normal, c'est le champ du bleu qui est le plus étendu (le blanc bien entendu étant mis à part), comme d'autre part, dans l'hystérie, la vision du rouge est la dernière intéressée, il résulte ce fait paradoxal, que le champ du rouge devient dès le début, plus étendu que le champ du bleu (Parinaud). Ce phénomène a reçu le nom de changement d'étendue relative des champs des différentes couleurs. Quand on applique sur la tempe de la malade un aimant ou une plaque de métal, or, cuivre, étain, suivant l'idiosyncrasie métallique de rhystérique, les couleurs reparaissent dans Tordre inverse de leur disparition.
Tous ces symptômes, on le voit, sont des plus importants, t^ appartiennent en propre à Vhystérie et ils permettent de différencier Tamblyopie hystérique des amblyopies tabétique et alcoolique. Dans Tamblyopie alcoolique, c'est le rouge et le vert qui disparaissent d'abord, pendant que se développe un scotome central. Dans Tamblyopie tabétique, le rouge disparait également le premier; le rétrécissement du champ visuel est périphérique, mais il est encoche et non régulièrement concentrique, enfin Texamen ophthalmoscopique fait reconnaître une atrophie du nerf optique, tandis que le fond de Vœil reste toujours normal dans l'hystérie»
La diplopie monoculaire et la polyopie monoculaire sont des symptômes fort curieux ; voici en quoi ils consistent: si ou place devant Tœii hysLérique (l'autre œil étant
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fermé), un objet, une allumette par exemple, qu*on tient irerticalement, cet objet» cette allumette, n*est vue nettement qu'à une distance donnée. En deçà ou en delà de celte distance donnée, l'objet perd sa netteté, et en même temps il parait double, ou triple, quoique vu par un seul œil (diplopie monoculaire). Cette variété de diplopie est due à la défectuosité de contracture de raccommodation» laquelle, étant chez Thystériquc, d'intensité différente dans les trois segments du cristallin, reproduit une image séparée pour chacun de ces trois segments (Parinaud). C'est encore la défectuosité de la contracture de l'accommodation qui produit la micropsie et la mégalopsie, symptômes qui accompagnent souvent la diplopie monoculaire.
Cette diplopie monoculaire hystérique, dans laquelle deux images sont perçues par un seul œil, (l'autre ceil étant fermé), doit être distinguée de la diplopie Inhérente aux paralysies des muscles moteurs des globes oculaires, auquel cas, chacune des deux images est perçue par l'œil du côté correspondant ou par l'œil du côté opposé (diplopie binoculaire, homonyme ou croisée).
L'amblyopie hystérique telle que nous l'avons décrite, peut se cantonner à un seul œil, cependant elle est presque toujours double et plus marquée du côté de lliémiauesthésie. Vamaurose peut faire suite à l'amblyopie ou se montrer brusquement. Certaines hystériques deviennent subitement aveugles sans aucune lésion apparente du fond de l'œil ; la cécité peut persister quelques jours, quelques semaines et plus encore, puis disparaître sans laisser aucune trace.
J'ai déjà dit que le fond de l'œil reste toujours normal dans l'hystérie. Ajoutons encore, symptôme important, qu'à l'inverse de ce qui se passe dans le tabès et dans les autres amblyopies liées à une lésion organique, le réflexe pupillaire reste intact dans Tamaurose hystérique, ce qui tient à ce que l'impression, quoique
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non perçue par le sujet» arrive néanmoins jusqu'au cerveau.
Outre l*amblyopie hystérique, trouble de sensibilité spéciale, on peut constater des troubles moteurs de Toeil qui ont du reste une moindre importance. Le spasme des paupières (blépharospasme) se traduit par une chute de la paupière qui simule le ptosis (ptosis pseudo-paralytique), ou par des mouvements cloniques avec clignotement continuel des paupières à demi fermées. Ce symptôme est associé à une zone d'anesthésie ou d'hyperesthésie qui atteint la paupière et la conjonctive, mais qui respecte la cornée ^ Du côté du blépharospasme , le sourcil est abaissé.
Signalons encore les contractures des muscles droits, surtout du droit interne, déterminant du strabisme et de la diplopie qui simulent au premier abord des paralysies; les paralysies des muscles moteurs de Tœil sont encore à démontrer.
A rhystérie appartient une variété spéciale d*ophthal' moplégie externe (Raymond). Les mouvements volontaires des yeux sont seuls abolis, tandis que les mouvements automatiques et réflexes sont conservés. Cette variété d'ophthalmoplégie serait d'origine corticale (Sauvineau); elle parait propre à Thystérie; on Ta également signalée dans la maladie de Basedow (6. Ballet*), mais elle est due en pareil cas à une association hystérique.
Notons enfin la kopiopie hystérique, forme de névralgie du corps ciliaire (Fœrster) s*accompagnant souvent d^hyperesthésie de la rétine et rendant tout travail impossible (xoic6ç, fatigue). Tels sont les troubles oculaires hystériques; on a pu voir qu'ils sont variés et spéciaux. Mais, quels que soient ces troubles oculaires, ils sont do-
1. Gilles de La Tourette. Nouvelle iconographie de la Salpêtriire,
2. Ballet. Ophthalmoplégie externe, maladie de Baiedow et hyatërie (Rev. de méd., mai et Juillet 188S).
xninés par les conditions suWantes : absence de lésions ophthalmoscopiques» début brusque et guérison cer-
Fonctions génitales, — La dysménorrhée et Taménor- X'bée sont des troubles fréquents de Thystérie. Outre la f€zusse péritonite, dont je pai4ais il y a un instant, les liystériques ont encore, dans la région iliaque, une douleur spontanée (aura hysterica) ou prtvoquée, qui n*est B.utre chose qu'une hyperesthésie de Tovaire (ovarie), C^tte douleur, qu'on peut déterminer en comprimant la région ovarienne, est en relation intime avec les autres symptômes de l'hystérie locale : en effet, la contracture fies membres» l'hémianesthésie, la paralysie, siègent du wnétne côté que l'hyperesthésie ovarienne. La compression fie l'ovaire douloureux est sans influence sur l'apparition ou sur la cessation des symptômes locaux, paralysie, contracture et hémianesthésie; mais la compression ovarienne suffisamment prolongée peut arrêter court une attaque convulsive, grande ou petite hystérie, et peut aussi la faire naître.
Aux troubles génitaux se rapportent le vaginisme et V hyperesthésie de la mamelle (mastodynie).
Troubles circulatoires , fièvre. — Il est certain que les nerfs vaso-moteurs jouent un grand rôle dans les troubles de circulation locale, anémies ou hypérémies, qu'on observe diez les hystériques. Les congestions locales peuvent aller jusqu'à l'hémorrhagie, et Ton a souvent signalé l'hémoptysie *, l'hématémèse', l'hématurie, les larmes de sang, les sueurs de sang'.
Existe-t-il une fièvre hystérique^ Certaines observations tendraient à prouver que les hystériques peuvent être prises non seulement d'un mouvement fébrile passager,