‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 191 sur 246 · Huchard. Traité des névrosée · texte numérisé non relu

Huchard. Traité des névrosée

%. Bottverat. Neurasthénie, 1890.

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de pression ou de chaleur, qu'on réveille par la percussion de la colonne vertébrale.

La dépression mentale ne manque presque jamais; le malade n'a plus les mêmes facultés d'attention ni la même volonté. Le moindre travail devient pénible, la mémoire est diminuée, surtout la mémoire des noms propres; le neurasthénique est morne, découragé, il recherche l'isolement; souvent il passe son temps à lire des ouvrages de médecine ou à écrire de longs mémoires destinés à son médecin. Le matin an réveil' il se sent fatigué, et cette fatigue est souvent réelle, car elle se traduit par une diminution de la force musculaire appréciable au dynamomètre.

Les troubles gastriques sont également constants ; dyspepsie flatulente, gonflement après les repas, bouffées de chaleur, somnolence, constipation, colite pseudomembraneuse, pouvant faire penser au cancer du rectum, dilatation de Testomac, telles sont les manifestations gastriques habituellement accompagnées d'amaigrissement et de la décoloration des téguments.

A côté de ces stigmates se placent une foule de manifestations morbides variables suivant les sujets, et pouvant atteindre tous les appareils. Telles sont TinsomnieS les vertiges, l'agoraphobie, la claustrophobie, les troubles de la sensibilité cutanée, les douleurs névralgiques, les sensations de chaud et de froid; la pesanteur des paupières, l'asthénopie accommoda trice, l'hyperacousie, les bourdonnements et les sifflements d'oreilles ; les secousses musculaires et le phénomène du dérobement des jambes.

Dans la sphère circulatoire, l'angine de poitrine survient parfois périodiquement, avec agitation et gêne de la respiration; la fréquence du pouls, les accès de palpitations, le refroidissement et la pâleur des extrémités sont également des symptômes fréquents.

Les sueurs profuses, ou au contraire la sécheresse de la peau et des muqueuses, les pertes séminales, l'impuissance, l'augmentation des urates et de l'acide

1. Maurice de Fleury. L'insomnie et ion traitement^ Paris, 1894.

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urique dans les urines, doivent également être signalés.

Pitres admet six formes de neurasthénie, suivant la prédominance des symptômes sur tel ou tel appareil : i* forme cérébrale; 2* forme spinale ou rachialgique; 3* forme névralgique; 4* forme cardialgique; 5* forme gastro-intestinale; 6* forme générale, filocq^ admet en outre une neurasthénie locale^ souvent caractérisée par des zones douloureuses sans lésions organiques. Inutile de dire que ces formes sont souvent combinées. La neurasthénie évolue rarement d'une façon aiguë, elle a ordinairement a une allure circulaire' », même quand elle est consécutive à un traumatisme. Elle dure des mois et des années, mais elle est susceptible de guérison complète, sauf les cas où elle est héréditaire ; elle conduit alors à un état hypochondriaque souvent irrémédiable.

Diagnostic. — La diversité des formes et des symptômes de la neurasthénie lui donne les apparences d'un grand nombre de maladies : elle peut simuler la paralysie générale, mais elle ne présente pas, comme elle, les troubles pupillaires, l'embarras de la parole et le tremblement; souvent l'évolution ultérieure seule peut fixer le diagnostic. Les tumeurs cérébrales et en particulier la syphilis cérébrale prêtent aussi à confusion. Le pseudotabes neurasthénique se distingue du tabès vrai par la conservation des réflexes, par l'absence de troubles pupillaires et par la moindre intensité des douleurs.

La forme gastro-intestinale est parfois l'une des plus difficiles à diagnostiquer; non seulement le cancer de l'estomac ou de VintesHn, lorsqu'il ne s'accompagne pas de tumeur, peut être confondu avec la neurasthénie, mais les gastrites chroniques, les dyspepsies, ont une foule de symptômes communs avec la neurasthénie, c'est ce qui explique comment tel cas est envisagé par un médecin

1. Blocq. Gaz. deê Mp., 18 avril 1891. % D^erine. Th, tPaçrég,, 1886.

comme appartenant à la pathologie stomacale, tandis qu un autre médecin range ce même cas dans la pathogénie nerveuse. L'examen du suc gastrique ne tranche pas toujours la difficulté.

Traitement. — Le repos absolu, l'isolement, le massage, l'électrisation, l'hydrothérapie jointe à l'emploi du fer et du bromure de potassium, sont des moyens généralement employés pour combattre la neurasthénie. On devra aussi régulariser les selles par l'emploi d'un laxatif quotidien, régler les heures des repas, approprier le régime alimentaire à chaque cas, puis, lorsque l'embonpoint et les forces reparaîtront, prescrire les exercices physiques quotidiens et modérés. Enfin, dans ces dernières années, les injections sous-cutanées d'extraits organiques (Brown-Séquard) et de sérums artificiels ont été très recommandées par un certain nombre de médecins; il n'est pas encore possible déjuger définitivement cette méthode.

§ 5. ASTASIE. — ABASIB.

Description. — Ces dénominations ont été employées par Blocq* pour désigner un syndrome caractérisé par l'impossibilité ou la difficulté de la station debout (aaxatnç)f et de la marche normale (aêaae;), avec intégrité de la force cnusculaire, de la sensibilité et de la coordination des autres mouvements des membres inférieurs. En i864 Jaccoud* avait qualifié cet état, du nom d' « ataxie par défaut de coordination automatique ».

n résulte de la définition que nous venons de donner, et c'est là un caractère essentiel, qu'à part les troubles con-

1. Blocq. Areh, de Seur., 1888, n** i3 et U. 1. iaooottd. Lu Parapléaieê, 1864.

cernant la station debout et la marche normale, le malade, une fois couché, peut exécuter tous les mouvements qu'on lui prescrit sans hésitation, sans faiblesse, sans incoordination, il a la notion exacte de la situation occupée par ses membres inférieurs et, lorsqu'il est levé, il arrive parfois à marcher en employant un subterfuge; c'est ainsi que certains abasiques peuvent marcher à quatre pattes, ou les jambes entre-croisées, ou à tout petits pas, ou bien au contraire à grands pas (démarche d'acteur) ; quelques-uns peuvent même courir.

Chez certains malades, le trouble apparaît dés qu'ils cherchent à se dresser. Us ne peuvent parvenir à rester debout; soutenus par les aisselles, ils s'affaissent aussitôt que le point d'appui qu'on leur donnait devient insuffisant. D'autres ont recours à des béquilles et traînent après eux deux membres inférieurs qui semblent inertes.

Chez le plus grand nombre des malades Vabasie prédomine : elle peut présenter trois variétés :

1" Abasie parétique, caractérisée surtout par la diminution de la force musculaire; la marche est pénible, elle ne s'accompHt qu'au prix des plus grands efforts et devient très rapidement impossible

2* Abasie choréi forme (Grasset)*. Le malade étant debout, les jambes sont aussitôt prises de mouvements brusques de flexion et d'extension ; en même temps le tronc se fléchit ou s'étend sur le bassin et il en résulte des mouvements propagés aux membres supérieurs et aux bras. Il semble à chaque instant que sous l'influence de ces contorsions une chute va survenir, mais il n'en est rien; en revanche, la progression normale en avant est rendue impossible.

3* Abasie trépidante. Dans cette forme, ce sont les mouvements contradictoires qui prédominent, les jambes s'embarrassent l'une dans l'autre comme on l'observe dans certaines paraplégies spasmodiques incompièles.

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