Grasset. Leçon de clin. aUd,^ 1891, p
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L'astasîe-abasie étant presque toujours de nature hystérique, on conçoit toutes les bizarreries d'allures qu'elle peut revêtir. C'est en général un syndrome de longue durée, persistant plusieurs mois, plusieurs années, sujet aux rechutes, aux récidives, pouvant disparaître et reparaître brusquement. Les abasiques présentent souvent, mais non toujours, des stigmates hystériques : douleurs ovariennes, testiculaires, zones hystérogènes variées, anesthésie en plaques, en manchettes, attaques con- ▼ulsives, etc. Séglas pense qu'elle peut être liée à la vésanie, et Gharcot à une lésion indéterminée du cerveau.
Ordinairement, cependant, l'astasie-abasie doit être rattachée à un trouble dynamique du cerveau ou de la moelle, soit que les cellules cérébrales chargées de transmettre aux cellules médullaires les excitations nécessaires à l'exécution de la marche normale aient perdu leur fonctionnement, soit que les cellules médullaires recevant du cerveau une excitation normale ne soient plus capables de la transmettre intégralement aux nerfs des membres inférieurs. Quelle que soit l'hypothèse, le résultat est le même.
Diagnostic. — Vastasie-abasie a longtemps été confondue avec la paraplégie et Vataxie. Elle diffère de la première par la conservation de la force musculaire, le malade étant couché, par l'intégrité des sphincters, et par la possibilité de la marche autre que la marche normale. On ne la confondra pas avec l'ataxie, car la coordination des mouvements est intacte lorsque le malade est couché et le sens musculaire est conservé.
La chorée et surtout la chorée rythmique offre plus d'une analogie avec la deuxième variété de l'astasieabasie, mais ici les membres supérieurs et la face sont agités de mouvements qui leur sont propres, et non pas de mouvements simplement propagés comme dans l'astasie-abasie; de plus, il s'agit de grands mouvements oscillatoires en avant ou en arrière, peu comparables aux
mouvements de flexion brusques et d'extension des jambes.
V effondrement des jambes de certains ataxiques neurasthéniques pourrait également prêter à confusion, mais chez les ataxiques l'incoordination au lit existe, et chez les neurasthéniques il s'agit souvent d'un refus de se tenir debout ou de marcher hors de leur chambre. Toute tentative faite en vue de combattre les résistances du malade s'accompagne d'une angoise caractéristique.
Dans la maladie de Thomsen la rapidité avec laquelle disparaissent les spasmes qui se produisent au début de la mise en marche, est un excellent moyen de diagnostic; en outre, les membres supérieurs, le cou, la mâchoire, la langue, sont parfois atteints.
Le pnramyoclonus multiplex s'accompagne de secousses étendues à tout le corps ou à une grande partie du corps, secousses survenant sous l'influence d'une minime excitation. Rien de semblable ne se passe dans Tastasie-abasie.
g 6. NÉVROPATHIE CÉRÉBRO-CARDIAQUE.
MALADIE DE KRISHABER.
Description. — Sous le nom de névropathie cérébro^ cardiaque *f Krishaber a fait connaître une névrose dont les caractères sont si accusés et les symptômes si constants, que je n'hésite pas, à son exemple, à considérer la névropathie cérébro- cardiaque comme une entité morbide, n'ayant avec les autres états nerveux décrits sous le nom de nervosisme (Bouchut), à* irritation spinale (Brov^), de neurasthésie, que des analogies plus ou moins éloignées.
Le début de la névropathie cérébro-cardiaque est lent
1. Krishaber. De la névropathie cérébro-cardiaque, Paris, 1875. — Article Ntvaop. c<RfBRO-GARi». du DicL encyclop.
NÉCROSES. 599
ou rapide, et la lenteur du début est généralement un indice favorable de bénignité.
Le début rapide est le plus rare. La maladie survient presque sans prodromes, comme une attaque ; le sujet a une sensation de vide cérébral extrêmement pénible ; il se plaint de vertiges, d'tn.tomnt>, de cauchemars, de photopsie^ de palpiUÛions, d*angoisse de poitrine; il est sous le coup de lipothymies et de syncope.
Ces mêmes accidents, au Ûeu d'être brusques dans leur apparition, surviennent graduellement dans la forme lente de la névropathie, ils se succèdent et se remplacent jusqu'à ce que la maladie soit entièrement constituée.
Que les accidents soient soudains ou lents dans leur
apparition, il amve un moment où la description des
deux formes de la maladie peut être confondue. Le vertige
est un des symptômes du début, et c'est aussi l'un des
f^s tenaces : il dure des mois et des années. Les organes
des sens sont atteints, et en première ligne la vue et
l'ouïe, qui acquièrent une sensibilité extrême; une
lumière un peu vive est intolérable, Touîe est exaltée au
point que le plus léger bruit devient une vraie douleur,
la sensibilité tactile est accrue.
Le malade vit au milieu de sensations de vide, de rêve ou d*ivresse; l'aspect du monde extérieur lui paraît changé, sa propre voix lui est étrangère ; il se trouve luimême si modifié, qu'il se reconnaît à peine, et volontiers il se prendrait pour un autre individu, si la raison, qui finit toujours par avoir le dessus, ne rectifiait les aberrations de ses sens. // n'y a jamais d'aliénation, le malade se rend compte que « ses sens seuls sont pervertis et lui donnent des notions inexactes sur le monde extérieur » (Krishaber).
Les troubles cardiaques consistent en palpitations, angine de poitrine, lipothymies, syncopes, ils sont souvent accompagnés de sensations de strangulation.
Les névralgies soct multiples, névralgies de la tête, de la face» de l'oreille, névralgie sciatique.
Vinêomnie est un des symptômes les plus douloureux df» la forme grave ; le malade ne peut goûter un instant d9 repos y et s*il s'endort, c'est pour être aussitôt réveillé par des cauchemars accompagnés d'angoisse et de palpitations.
La durée de la névropathie cérébro-cardiaque varie de quelques mois à plusieurs années. Elle guérit presque sûrement; elle n'aboutit jamais à l'aliénation mentale, mais la nature et la ténacité des symptômes en font une maladie douloureuse et cruelle.
Elle est provoquée par tous les excès, surtout quand ces excès (travaux, veilles, plaisirs) rencontrent une organisation prédisposée. La cause prochaine des accidents parait due à une anémie cérébrale, provoquée elle-même par une contracture permanente des vaisseaux de l'encéphale (Expériences de Krishaber).
Diagnostic. — La névropathie cérébro-cardiaque diffère des états nerveux désignés sous les noms de névralgie générale, irritation spinale, nervosisme.
Dans la névralgie générale (Yalleix), le phénomène principal est une douleur disséminée à presque toute la surface du corps ; à cet état douloureux se joignent des névralgies qui seront décrites avec les névralgies de chaque nerf en particulier. Des éblouissements, des étourdissements, un état plus ou moins accentué de faiblesse, de tristesse, de découragement, complètent le tableau de cet état nerveux.
Virritation spinale * est caractérisée par un état nerveux général dans lequel la rachialgie prend une importance dominante. Cette rachialgie, qui est plus accusée, suivant le cas, aux régions cervicale, dorsale ou lombaire, est accompagnée de faiblesse musculaire, de faiblesse excitable^ de spermatorrhée, d'hypochondrie. Cet état nerveux serait dû, d'après Hammond, à une anémie des cordons postérieurs de la moelle *