Gérard Marchand. Société de chirurgie, 15 juillet 189G
des vertèbres cervicales, pachyméningite ceniicale hypertrophique, adénites, cancer vertébral. Ces différentes lésions déterminent une névralgie presque toujours hilatéf'ale, contrairement à la névralgie cervico-occipitale primitive, qui est unilatérale.
2" La névralgie cervico-brac'iiale atteint la plupart des branches sensitives du plexus brachial et principalement le nerf cubital. La névralgie du nerf circonflexe se complique quelquefois de parésie du deltoïde et d'atrophie de ce muscle. La névralgie du nerf cubital offre plusieurs points douloureux : le point épitrochléen au passage du nerf dans la gouttière épitrochléenne, et le point cuhilocarpien à Tendroit où le nerf cubital sillonne le carpe pour atteindre la paume de la main. On a noté l'hypertrophie du cœur consécutive à ces névralgies (Potain).
Le traumatisme entre pour une large part dans Tétiologie de cette névralgie (luxations, fractures, brûlures). Je citerai aussi la syphilis ; j'ai observé un cas de névralgie cubitale d'origine syphilitique, dont les douleurs atroces cessèrent après quelques jours de traitement.
Le traitement de ces névralgies est analogue à celui de la névralgie faciale.
§ i. NÉVRALGIE OU NERF PHRÉNIQUE.
Bien que le nerf phrénique soit plus moteur que sensitif, il n'est pas moins vrai que ses filets sensitifs acquièrent à l'état pathologique une exquise sensibilité. Le phrénique naît des troisième, quatrième et cinquième paires cervicales; il est une des branches les plus impor-
tantes da plexus cerrical; il contourne la face externe et antérieure du muscle scalène antérieur, il pénètre dans le thorax et se distribue au diaphragme. Le nerf phrénique gauche passe entre la plèvre et le péricarde, ce qui explique comment la péricardite peut retentir sur lui.
Description. — Les causes de la névralgie phrénique sont celles de toutes les névralgies (froid, rhumatisme)', auxquelles il faut ajouter les causes spéciales à ce nerf. Les plus fréquentes de ces dernières sont la pleurésie diaphragmatique, les lésions des organes voisins du diaphragme (foie, rate), la péricardite, les lésions de Taorte, qui agissent par l'intermédiaire du péricarde (Peter).
Les douleurs de cette névralgie siègent à la base du thorax*, au niveau des insertions diaphragma tiques, et par la pression on détermine des points douloureux sur les dernières côtes, aux insertions du diaphragme, et sur la partie latérale du cou au devant du scalène antérieur. Les douleurs phréniques irradient souvent aux branches du plexus cervical, aux branches du plexus brachial, au nerf circonflexe, ce qui explique la douleur de répaule, les fourmillements et Tengourdissement de la main.
La douleur diaphragmatique rend l'acte respiratoire pénible et difficile, elle est exagérée par tous les mouvements du diaphragme, toux, bâillements, sanglots, éternuements. La névralgie du nerf phrénique s'associe à certaines formes à*angine de poitrine, elle résume en partie le tableau symptomatique de la pleurésie diaphragmatique.