‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 214 sur 246 · Falot. Montpellier méd · texte numérisé non relu

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8 S. NÉVRALGIE INTERCOSTALE. — ZONA.

Les douxe paires dorsales des nerfs rachidiens fournissent des branclies postérieures et des branches antérieures. Les branches postérieures perforent les muscles de la gouttière costo-verlébrale, et s'épanouissent dans la peau sous le nom de nerfs pcrforanis postérieurs. Les branches antérieures des nerfs dorsaux sont les nerfs intercosiaux. Chaque nerf intercostal se place dans la gouttière de la côte, s'engage dans l'épaisseur des muscles, et, arrivé vers le milieu de son trajet, il émet un rameau qui est le nerf perforant latéral. Le perforant latéral des deux premiers nerfs intercostaux est destiné à la peau du bras, les autres vont à la peau du thorax et de l'abdomen. Après la naissance du perforant latéral, le nerf intercostal continue son trajet, devient superficiel, et se termine en émergeant un peu en dehors du sternum et du muscle grand droit de l'abdomen ; c'est la branche perforante antérieure.

Description. — La névralgie intercostale est plus fréquente du côté gauche, et plus commune chez la femme. La chloro-anémie, rhystéric, en sont les causes les plus vulgaires ; comme causes locales, je citerai la tuberculose pulmonaire, la carie, la nécrose des côtes et des vertèbres, Tanévrysme de l'aorte. Le point de côté qui accompagne la pneumonie et la pleurésie a été diversement interprété, on l'attribue généralement à une névrite ou à une névralgie intercostale.

La névralgie frappe habituellement plusieurs nerfs intercostaux à la fois, et les accès ne sont pas aussi nettement accusés que ceux de la névralgie faciale. La douleur, plus ou moins continue, est exaspérée par la pression, par le contact des vêtements, par les fortes inspirations. Les points douloumu les plus constants sont

le point apophysaire (Trousseau) et le point perforant antérieur. Vhyperesthésie est constante : en frôlant légèrement la peau, il est facile d'en provoquer Thyperesthésie et de délimiter ainsi le territoire de la névralgie, qui s'arrête juste à la ligne médiane.

Les douleurs de la névralgie intercostale sont pour les malades un sujet fréquent de méprise et de crainte. Les uns attribuent leurs douleurs tboraciques à une affection de poitrine; les autres redoutent une lésion du cœur, parce que les douleurs précordiales sont ravivées par des battements de cœur que la chloro-anémie transforme parfois en palpitations ; un tel prend pour une gastralgie ce qui n'est que de l'épigastralgie (pression du corset), un autre parle de maladie de foie alors que les téguments de l'hypochondre sont seuls intéressés par la névralgie.

Le traitement doit s'adresser à l'état général du sujet et à l'état local ; les toniques, le fer, le quinquina, l'hydrothérapie, remplissent la première indication ; on agira localement avec des injections d'eau pure, avec des injections morphinées ; on appliquera sur le point douloureux une ou deux sangsues, des ventouses scarifiées, un vésicatoire de petite dimension.

Zona. — Aux troubles trophiques de la névralgie intercostale se rattache la question du zona. On donne le nom de zona (herpès zoster) à des groupes de vésicules d'herpès qui se développent sur le trajet d'un ou de plusieurs nerfs intercostaux, et forment ainsi une demi-ceinture autour du tronc (Ç^vy), ceinture). Ce mot de zona, primitivement réservé aux éruptions d'herpès de la névralgie intercostale, a fini par être appliqué aux éruptions analogues de toutes les autres névralgies ; il y a le zona ophthalmique (névralgie du trijumeau), le zona cervical, brachial, sciatique, lombo-abdominal, plantaire, le zona qui accompagne les douleurs fulgurantes de l'ataxie, etc. Tout zona est habituellement composé de deux éléments : la douleur et V éruption. Les foyers d'éruption, de dimension variable, sont oarfois limités à un ou deux petits

des branches collatérales, siège de la névralgie lomboabdominale^ et des branches terminales dont la plus importante, le nerf crural, est le siège de la névralgie crurale,

1* La névralgie lombo-abdominale est la névralgie des branches collatérales du plexus lombaire : élancements douloureux, douleur à la pression, hyperesthésie, se rencontrent ici comme dans toute névralgie. La névralgie de la branche Héo-scrotale a ses points douloureux vers le milieu de la crête iliaque {point iliaque), à la sortie du canal inguinal (point inguinal), à la terminaison du nerf dans le scrotum ou dans la grande lèvre. La névralgie de ce nerf comprend raifection qui avait été décrite sous le nom de irritabile testis (Cooper), névralgie testiculaire, souvent accompagnée d'une sensation syncopale, qui pourrait faire admettre que le nerf grand sympathique participe à la névralgie.

La névralgie de la branche fémoro-cutanée a un point douloureux vers Tépine iliaque antéro-supérieure.

2' La névralgie crurale ou fémoro-prétibiale (Chaussier) siège à la partie antéro-interne de la cuisse et du genou, et à la partie interne de la jambe et du pied. Les points douloureux principaux sont le point inguinal, à Tendroit où le nerf sort sous le ligament de Fallope, en dehors de Tanneau crural, les points où les branches du nerf musculo-cutané perforent le couturier, un point au niveau du condyle interne. Dans la névralgie crurale, la marche est souvent pénible et douloureuse.

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