Leudet. Arch. de m^(/. , janvier
S. Uarié. Zona dicz le* tuberculeux {fiaz. hebd,, 1887, n* 80).
groupes, parfois au contraire ils envahissent de grandes surfaces et suivent à peu près le trajet des foyers de douleur. Toutefois l'ériipiion, avec tous ses caractères, peut exister sans qu'il y ait nécessairement douleur.
La description du zona (à la forme prés de l'éruption) s'adresse à toutes les localisations de la maladie, mais je m'occupe surtout ici du zona intercostal, qui est le plus fréquent.
La douleur névralgique précède l'éruption et persiste souvent après que réruplion a disparu. L'éruption* apparaît d'abord sous forme de plaques érythémateuses, séparées par des intervalles de peau saine. Sur ces plaques naissent des vésicules d'herpès perlées et transparentes. En trois ou quatre jours le développement des vésicules est complet, et la plaque érythémateuse dépasse de 1 à 2 centimètres le groupe vésiculeux. Après cinq ou six jours, le liquide des vésicules se trouble, la vésicule se flétrit, elle se recouvre d'une croûte foncée, et vers le douzième jour l'éruption est terminée. Les vésicules confluentes peuvent se confondre et former des bulles.
L'intensité de l'éruption n'est pas en rapport avec la violence des douleurs, car l'élément douleur peut manquer ; de plus, l'éruption ne suit pas toujours le trajet anatomique d'une branche nerveuse ; ainsi, au thorax, la demi-ceinture formée par l'éruption est presque perpendiculaire à l'axe du corps, tandis que la côte et le nerf intercostal obliquent fortement de haut en bas. La même remarque s'applique aux autres variétés du zona.
Souvent le zona laisse après lui des névralgies fort douloureuses qui peuvent durer des mois et des années. L'âge du sujet donne au zona des allures un peu spéciales ; ainsi, chez les enfants du premier âge, chez les enfants à la mamelle, le zona est habituellement très bénin et indolent; au contraire, chez les gens âgés, la douleur revêt une intensité et une ténacité particulières. Dans
1. Description cmpninléc à Cazcnavc par Trousseau (Clin, méd.f 1. 1).
seule branche terminale du plexus sacré; il sort du bassin par la grande échancrure sciatique, et le point fessier qui correspond à ce niveau est principalement dû à la névralgie du petit nerf sciatique, si souvent associée à la névralgie sciatique proprement dite. Le grand nerf sciatique passe entre Tischion et le grand trochanter (point trochantérien)y et, arrivé au creux poplité, il se divise (point poplité) en poplité interne et poplité externe, qui contourne la tète du péroné (point péroniei'). Les branches terminales cutanées du sciatique se rendent à la peau de la jambe et du pied, moins leur partie interne (points malléolaire externe et plantaire).
Description. — La douleur de la névralgie sciatique, comme celle des autres névralgies, est continue et paroxystique. Elle éclate sous forme d'accès, qui sont réveillés par la marche, par la chaleur du lit; les élancements douloureux partent de divers points et sillonnent le membre en différents endroits (pied, jambe, genou, cuisse, fesse). Au moment des accès, les irradiations douloureuses sont fréquentes; elles suivent les branches collatérales du plexus sacré, les branches du plexus lombaire et les nerfs intercostaux. En dehors des accès, le malade éprouve une sensation d'endolorissement, d'engourdissement, de fourmillement, de brûlure. Il y a de Thyperesthésie cutanée, ou de Tanesthésie, si la névralgie est invétérée. On peut provoquer la douleur à la pression sur les points déjà indiqués, ou sur le trajet du nerf, à la partie postérieure de la cuisse.
Assez souvent, les malades se plaignent de crampes, ie secousses douloureuses dans les muscles de la jambe et de la cuisse : quelques-uns ont du zona» certains ont un affaiblissement musculaire, une parésie dans les mêmes régions.
Le système musculaire est quelquefois atteint de lésions atrophiques dans le membre affecté de sciatique; il ne s*agit pas d*un simple amaigrissement dû à Tinertie des masses musculaires, mais d*une atrophie musculaire qui
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peut être masquée par une In-perlrophie de la poaii el par le développement du tissu cellulaire sous-cutané. Ces troubles tropbiques seraient sous la dépendance do l'état anatomique du nerf; nuls ou peu accusés dans les cas de néTralgie simple et très marqués dans les cas de névrite*. L'intensité graduellement croissante de la douleur, Kengourdissement et les fourmillements précédant les douleurs aiguës, la douleur propagée au tronc même du nerf, seraient autant de symptômes en faveur de la néTrite.
Dans le cas de sciatique chronique, Taltitude du malade examiné nu et debout est caractéristique. Prenons pour exemple une sciatique gaucbe : le tronc est incliné à droite, la colonne lombaire décrit une courbe à concavité droite, la main droite descend plus bas que la gaucbe, le membre inférieur gauche est demi-fléchi, le pli fessier gauche est remonté (Charcot).
fitiologie. Traitement. — Le froid et le rhumatisme sont des causes fréquentes de névralgie sciatique ; bien des gens ont une sciatique pour s*ètre endormis sur l'herbe fraîche, pour avoir eu leurs jambes dans l'eau froide. La sciatique est provoquée par le traumatisme, par des lésions de la colonne vertébrale, des méninges et de la moelle, par la compression du nerf (tumeurs pelviennes, exostoses, cancer), d'où la nécessité de pratiquer le toucher rectal et le toucher vaginal quand il s'agit d'établir le diagnostic pathogénique de la sciatique. La goutte et la blennorrhagie- méritent, comme étiologie. une mention spéciale. La sciatique double est souvent tributaire du diabète (Worms).
Le nerf sciatique, comme tous les nerfs, peut être atteint de névralgie dans le cours de la tube^-culose; pour M. Peter, la névralgie sciatique est même parfois un signe
1. Lasègue. Arch. de méd., 1864. — Landouzy. Arch. de mid.f 1875, 9iR0V, tnens.f 1878.
S. Fournier. Art. Blenhorro. du Dictionn,
initial de la tuberculose*. Nous avons vu, en effet, au chapitre de la phlhisic pulmonaire, que les troubles de sensibilité, de toute nature, sont très Iréqucnts chez les tuberculeux, et souvent dus à des névrites périphériques.
Le traitement de la sciatique a bien des points communs avec celui de la névralgie faciale ; néanmoins certaines médications ont été directement appliquées à la névralgie sciatique ; les bains prolongés (Krishaber) donnent d'excellents résultats : le malade doit rester plusieurs heures dans son bain ; c'est un moyen dont j'ai souvent constaté la valeur. Les injections irritantes au nitrate d'argent (Luton), les injections sous-cutanées de chloroforme * sont des moyens infidèles et qui ne sont pas toujours exempts d'inconvénients ; je préfère la cautérisation ponctuée, les injections morphinées associées à l'antipyrine. La congélation donne de bons résultats; on dirige sur la peau, dans toute l'étendue des régions douloureuses, un jet de chlorure de myélite qui donne un refroidissement de — 23". On dirige le jet au moyen d'un siphon approprié à cet effet (Debove)'. L'électricité compte de nombreux succès. J'ai souvent constaté les bons effets du massage et de l'élongation.
1. Peter. Clin, méd., t. II, p. 389. — Leudet. Le zona et les troubles des nerf» périph. dans le tub. pulm. (Gaz. hebd.^ 1878, p. 617).