‹ Manuel de pathologie interne. v. 3 (volume 2)Chapitre 224 sur 246 · PARALYSIES DES MOUVEMENTS ASSOCIES · texte numérisé non relu

PARALYSIES DES MOUVEMENTS ASSOCIES

Ces paralysies consistent dans la suppression d'un mouvement commun aux deux yeux : mouvement d'élévation ou d'abaissement, mouvement de convergence ou de divergence, mouvement de latéralité à droite ou à gauche. Il ne s'agit plus ici de la paralysie de tel ou tel nerf, de tel ou tel muscle. Comme le dit fort justement Parinaud qui, reprenant les idées de Foville et de Féréol,

a étudié dès 1883 ces différents types de paralysies, « il s* agit essentiellement de la paralysie d'une fonction portant sur rinnenralion de plusieurs muscles prenant part à cette fonction, en respectant rinnerration de ces mêmes muscles pour d'autres actes » *.

Description. — Les paralysies des mouvements horizontaux, de latéralité, sont les plus fréquentes et les plus intéressantes ; leur explication soulèye bien des controverses. Pour expliquer comment deux muscles à fonctions opposées (droit interne d'un côté, et droit externe de l'autre côté), innervés par des nerfs différents, s'associent poiu* aboutir au même mouvement, il faut se rappeler que le muscle droit interne peut entrer en contraction pour exécuter deux mouvements tout à fait différents : !• Il peut produire un mouvement de convergence, les deux yeux étant portés vers la ligne médiane; dans ce cas, le droit interne droit a pour muscle associé le droit interne gauche. 2* II peut produire des mouvements de latéralité, les deux yeux étant dirigés d'un même côté du corps; dans le regard à gauche, le droit interne droit a pour muscle associé le droit externe gauche; et réciproquement. Afin de répondre à ces variétés de mouvement, le muscle droit interne reçoit une double innervation ; il reçoit un filet nerveux qui vient de son noyau spécial (noyau de la troisième paire), du côté correspondant ; ce filet est destiné à la convergence; mais pour le mouvement de latéralité, le droit interne reçoit un filet nerveux qui vient du noyau du droit externe du côté opposé (Duval et Laborde). L'existence de ce filet anastomotique permet d'expliquer les divers types paralytiques associés de latéralité^.

En effet, le noyau de la 6* paire, du côté gauche, par

1. Parinaud. Paralysie des mouvements associés des yeux. Arch, de ncurol., mars 1883, et Paralysie et contracture de la convergence. Bull, de la Soc. d'ophtalm. de Paris, 1889, p. 170.

2. Sauvineau. Un nouveau type de paralysie associée des mouvements horizontaux des yeux. Bulletin méd., 1895, page 470.

exemple, innerve le droit externe gauche, et, par son rameau anastomotique, il innerve aussi le droit interne droit. 11 en résulte qu'une lésion centrale qui détruit le noyau de la 6* paire gauche, produit une paralysie des mouvements conjugués à gauche, c'est-à-dire, que le droit externe gauche et le droit interne droit, associés pour porter les deux yeux à gauche, sont paralysés *.

Si la lésion est périphérique, si au lieu d'intéresser le noyau, elle touche le tronc de la 6* paire, ou le rameau anastomotique qui se porte au droit interne du côté opposé, il en résulte deux autres types cliniques différents. Dans le premier type, le droit externe d'un côté est paralysé, le droit interne de l'autre côté est en état spasmodique. L'œil auquel appartient le droit externe paralysé ne peut plus se porter vers le côté externe, l'autre œil au contraire s'y trouve fortement attiré par le spasme, il se porte par conséquent au dedans (Parinaud). Dans le second type, tout à fait inverse du précédent, il y a paralysie du droit interne d'un côté avec spasme du droit externe du côté opposé. Ici, c'est l'œil auquel appartient le droit interne qui ne peut plus se porter dans le sens d'action de ce muscle, tandis que l'autre œil se dévie énergiquement en dehors.

La diplopie, dans ces paralysies des mouvements associés horizontaux, fait souvent défaut, et lorsqu'elle existe, elle n'a qu'une importance secondaire. Les paralysies de ce genre sont surtout reconnaissables par l'exploration objective des mouvements oculaires.

Après les paralysies associées qui concernent les mouvements horizontaux, relativement assez fréquentes, signalons les paralysies associées qui concernent les mouvements verticaux. Elles intéressent, dans les deux yeux à la fois, le mouvement d'élévation, le mouvement d'abaissement, ou ces deux mouvements réunis. Dans les trois cas, il y a coexistence de la paralysie du mouvement de convergence; les mouvements horizontaux de latéralité sont conservés.

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